NFL Legends : Steve Young

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NFL Legends : Steve Young

Message par § le Mer 9 Avr - 21:45

De l’USFL au Hall of Fame 1/2
NFL Legends : Steve Young


Steve Young

Nombreux sont les enfants du début des années 80 à aimer les sports US. Plus qu’aucun autre ils véhiculent l’image du «héros», de l’ «idole». Avec du recul aujourd’hui, nous avons vécu dans notre jeunesse l’époque bénie des sports américains: celle de la Dream Team, de Jordan, des géants de la NHL Gretzky, Messier ou Lemieux, de la rivalité Cowboys/Niners, de Joe Montana, Jim Kelly et Dan Marino. Ainsi lorsqu’on avait 10 ans en 90, on était plus probablement fan de Jordan ou Barkley que de Maradona ou Papin. Mon petit cœur d’enfant de 8 ans avait choisi «The Glide» Drexler et les 49ers. J’ai choisi aujourd’hui de retracer la carrière de l’un de mes héros, un joueur à la trajectoire improbable: Steve Young. L’occasion également d’un très bref cours d’histoire.

Ses débuts

Le 24 Juillet 1847, un groupe de pionniers mormons menés par leur président, Brigham Young, fuyant l’hostilité envers leur religion, fonde la ville de Salt Lake City. Un peu plus d’un siècle plus tard, en 1961, son arrière-arrière-arrière petit-fils, Steve Young, vient au monde dans cette même ville de Salt Lake City.

Dès le lycée, il est un athlète accompli: il brille en basket et en baseball et joue Quarterback pour l’équipe de football. Ce sont ses qualités de runner (il a accumulé près de 2000 yards à la course et inscrit 13 TDs) qui sautent aux yeux de l’université de North Carolina, dont le cahier de jeu laisse une grande liberté au QB: Les Tar Heels tentent tout ce qui est possible pour en faire leur QB partant. Cela ne fonctionnera pas, Steve Young rejoint les Cougars de la Brigham Young University (BYU), fondée par son ancêtre, l’une des places fortes du college football et de la Western Athletic Conference.

Une brillante carrière universitaire

Sortant du lycée où il lui a été demandé de courir plus que de passer la balle, Steve tarde à trouver ses marques à BYU, qui possède par ailleurs en Jim McMahon un excellent quarterback (qui gagnera quelques années plus tard le SuperBowl XX avec les Bears). Il n’est donc lors de sa première saison universitaire (freshman) que le back up QB, et il est de plus en plus souvent aligné comme defensive back, comme cornerback ou safety, en raison de ses capacités athlétiques. Young n’abandonne pas, travaille son poste avec acharnement, et lorsque McMahon est sélectionné n°5 de la Draft 82, il est désigné Quarterback partant des Cougars.

Sa saison junior est bonne, BYU perd peu, remporte sa conférence, mais s’incline contre Ohio State lors de l’Holiday Bowl. Sa saison senior sera elle spectaculaire: Young lance pour 3 902 Yards et 33 TDs, auxquels s’ajoute plus de 500 yards à la course. Avec 71.3 % de passes complétées, Young bat aussi le record NCAA. Il termine l’année en menant son équipe à une victoire dans le 4e quart-temps du Holiday Bowl contre Missouri, inscrivant le dernier touchdown à la course. Il termine 2e du Heisman Trophy, l’équivalent du titre de MVP en universitaire. Lorsqu’il se présente à la draft, il a accumulé en 3 saisons 7733 yards à la passe et 56 TDs, auxquels s’ajoutent plus de 1000 yards et 18 TDs à la course.

L’USFL (United States Football League)

Depuis sa fusion avec l’AFL en 1969, la NFL n’a pas eu de concurrent sérieux. Mais en 1982, David Dixon annonce la création d’une ligue concurrente, l’USFL, qui se disputera au printemps, pour ne pas concurrencer frontalement la NFL. Un article mériterait de lui être consacrée: en effet si elle n’a duré que 3 ans effectifs (83-85), elle a, en la concurrençant sur les joueurs et les règles, amené la NFL à faire son autocritique et se moderniser. Ainsi de nombreuses particularités de l’USFL ont été adoptées plus tard par la NFL:
- La conversion à 2 points, adoptée en 94
- La possibilité de challenge des décisions arbitrales grâce à un dispositif d’Instant Replay, identique à celui utilisé en NFL de nos jours
- Le Salary Cap (à l’origine 1.8 Millions de $ en USFL), adopté en 94 en NFL

De 1983 à 1985, la draft NFL est donc en concurrence avec la draft USFL et les jeunes diplômés peuvent donc choisir la ligue de leur choix. Si la NFL a plus de prestige, l’USFL fait tout pour attirer les jeunes talents universitaires et exister face à son concurrent. De nombreuses stars universitaires sont signées en contournant le salary cap, en signant de très gros contrats à longue durée, ou en faisant directement dépendre le joueur du propriétaire de la franchise et non de la franchise elle-même, comme Hershel Walker. Elle permet aussi aux joueurs n’ayant pas encore fini leur cursus universitaire (les Juniors, fin de 3e année) de passer pro. La NFL, une fois de plus, suivra la tendance.

Les débuts pros: Le Los Angeles Express et les Tampa Bay Buccaneers

Alors qu’il est pressenti pour être le n°1 de la draft NFL 1984, Steve Young négocie avec la franchise USFL des Los Angeles Express le contrat qui fera de lui le sportif le mieux payé de l’époque: 40 Millions de dollars pour un contrat de 10 ans. Le contrat sera ensuite transformé en 1 Million de $ annuel pendant 42 ans. Ainsi aujourd’hui, 21 ans après la fermeture officielle de l’USFL, Young est toujours payé.

Il passera 2 saisons à Los Angeles en 84 et 85, 2 saisons correctes où il deviendra notamment le premier joueur professionnel à lancer pour plus de 300 yards et courir pour plus de 100 yards dans le même match. Jamais cependant le Los Angeles Express ne parviendra à accrocher une base de fans suffisante, n’attirant que rarement plus de 10 000 spectateurs, concurrencé par les nombreuses franchises de la région (LA Raiders, LA Rams, San Diego Chargers).

Sentant la situation fragile de l’USFL, la NFL organise en 1985 une draft supplémentaire où les équipes NFL choisissent et acquièrent des droits sur les joueurs ayant opté pour l’USFL. Steve Young y est drafté n°1 au 1er tour par les Tampa Bay Buccaneers.

Il arrive dans une équipe décimée, réputée aujourd’hui comme l’une des pires Offensive Line de l’histoire, et il joue en plus sa deuxième saison complète de l’année, la saison USFL se déroulant au printemps. Il y passera 2 saisons très difficiles, constamment obligé de sortir de sa poche, Young lance plus d’interceptions (21) que de touchdowns (11), mais ses jambes de feu lui font inscrire 6 TDs et parcourir près de 700 yards à la course. Il donne donc l’image d’un pur sang fougueux qui ne sera jamais un quarterback conventionnel. Son avenir est sombre.

Steve Young dans l’ombre de Joe Montana

Seul un homme aime ce qu’il voit en Steve Young : Un quarterback qui ne ressemble à aucun autre, capable de gains conséquents au sol, et plus athlétique que tous ceux qu’il a coaché dans sa carrière. Cet homme, c’est Bill Walsh, un véritable génie offensif qui va révolutionner tactiquement la NFL (il sera le sujet d’un autre article). Mais en plus d’être un immense coach, Walsh est sans doute le plus grand découvreur de talents de l’histoire de la NFL.

Les Buccaneers possèdent le premier choix de la draft 87. Ils sélectionnent le Quarterback Vinny Testaverde. Dès lors Tampa cherche a trader Young, et Bill Walsh saute sur l’occasion. Pour un 2e et un 4e tour de draft, il va faire de Steve Young le back up de Joe Montana, pendant 4 ans, de 1987 à 1990.

Young obtient cependant du temps de jeu et brille comme remplaçant dès sa première année en 1987. Lors d’un match contre les Bears, Joe Montana se blesse lors du premier quart-temps. Steve Young rentre, lance 4 touchdowns et mène les Niners à une victoire 41-0. Dès lors Walsh n’hésitera pas à remplacer Montana par Young, plus mobile, lors de matches où la ligne offensive est en difficulté et où Montana est fréquemment sacké. Montana n’apprécie guère. C’est le début d’une longue rivalité, qui perdure aujourd’hui.

Dès ses 4 premières saisons aux Niners où il joue de façon sporadique, Young laisse entrevoir les qualités qui en feront un grand quarterback par la suite: Efficacité (peu de turnovers), un bras puissant et précis, une incroyable capacité à encaisser les chocs et enfin des jambes de feu qui amèneront même les analystes et observateurs de la NFL à lui voir plus d’avenir en tant que running back que quarterback. En 4 ans et quelques bribes de matchs, il lance pour près de 2800 yards, 23 Touchdowns pour seulement 8 interceptions, auxquels s’ajoutent 4 TDs au sol, et il est en plus souvent décisif:

Le moment est venu pour décrire ce qui restera l’action «signature» de Steve Young, que Steve Sabol, le président de NFL Films et l’un des plus grands historiens de ce sport, considère comme la plus belle course de l’histoire de la NFL.

San Francisco, dernier match de la saison régulière 1988, les Niners (9-6) sont dans une lutte démentielle avec les Rams et les Saints pour remporter la NFC West et se qualifier pour les playoffs. Ils reçoivent les Minnesota Vikings (11-4) en lutte avec les Bears pour le titre NFC Central. Joe Montana se blesse en première mi-temps. Young démarre son match par une passe de touchdown de 73 Yards pour John Taylor. Au 4e quart-temps, les Niners sont menés 21-17 et virtuellement hors course pour les playoffs à moins de 2 minutes du terme. Alors arrive l’action qu’il est difficile voire impossible de décrire, une course de 49 yards de Young qui résiste au sack, puis à 5 plaquages et marque le touchdown de la victoire. En anglais ça donne: "Young, back to throw, in trouble. He’s going to be sacked. No, gets away...He runs...Gets away again! Goes to the 40...Gets away again! To the 35, cuts back at the 30! To the 20...the 15...the 10! He dives! Touchdown 49ers!”

Les Niners remportent la NFC West

Young ne jouera pas le moindre snap durant les playoffs et Joe Montana, peu à son avantage tout au long de la saison, renaîtra de ses cendres. Les Niners remporteront leur 3e Super Bowl de la décennie, puis le 4e un an plus tard.

(Je vous invite vivement à regarder un bref reportage de 4 minutes sur le site de la NFL, qui a issu une série de docs sur les Quarterbacks les plus mobiles de tous les temps. Steve Young y est classé 2e, et l’action dont je viens de parler figure dans le reportage, avec le commentaire de Lon Simmons qui donne des frissons. www.nfl.com/videos , puis dans l’onglet de recherche taper Top Ten Mobile, et vous trouverez le reportage en question).

Enfin starter, des débuts difficiles

Après 4 années dans l’ombre de Montana et deux bagues de champion comme remplaçant, Steve Young obtient sa chance au début de la saison régulière 1991. Joe Montana s’est gravement blessé lors de la finale NFC perdue contre les Giants l’année précédente et manquera l’intégralité de la saison.

C’est un départ difficile. Au bout de 8 matchs les Niners ont un bilan inquiétant de 4 victoires et 4 défaites. Lors du 9e match, Young bat le record de franchise de Montana avec une passe de touchdown de 97 yards pour John Taylor mais se blesse peu après. C’est le 3e quarterback Steve Bono qui assure l’intérim. Après avoir perdu le match, il remporte les 5 suivants en jouant particulièrement bien et Georges Seifert le maintient malgré le retour de blessure de Young, qui ne rejouera que les 2 derniers matchs de la saison. Les 10 victoires ne suffisent pas pour aller en playoff et le public de San Francisco n’attend qu’une chose, le retour de «Joe Cool». Young remporte cependant son premier titre de passeur, grâce à un rating de 101.8.

Première grande saison

La saison 92 s’annonce difficile pour Steve Young : il va devoir se battre avec Steve Bono, et on annonce en plus le retour imminent de Montana. Young n’est pas loin d’être tradé mais Montana n’étant pas rétabli pour l’ouverture de la saison, il est starter lors du premier match. Sa saison commence très mal puisqu’il subit une commotion et est remplacé par Bono, toujours aussi efficace, qui mène les Niners à la victoire. Cependant Young revient dès le match suivant, et sous l’influence du nouveau coordinateur offensif Mike Shanahan (aujourd’hui head coach des Broncos), il change peu à peu son jeu, devient plus patient dans sa poche et laisse parler son bras. Sa saison 92 sera majestueuse: il mène les Niners à un bilan de 14-2, possède pour la 2e saison consécutive le meilleur rating à 107.0, et mène également la ligue en Touchdowns (25). Il ne manque qu’un match au cours de la saison en raison de la grippe, match dans lequel Montana signe son retour (près de 2 ans d’absence) par un match superbe. La situation ne pourra guère durer pour les Niners qui devront faire un choix en 93. Le choix sera difficile, Steve Young est le meilleur joueur de la ligue et est élu MVP.

Les Niners attaquent les playoffs en position de force, tête de série n°1 de la NFC, le théâtre en ce début des années 90 d’une des plus belles rivalités que le sport ait connu: Cowboys - 49ers (pour plus d’infos sur les Cowboys de l’époque le lien vers l’excellent article du Condor, qui a pour seul défaut d’être un fieffé texan: http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=18446 )

Après 2 victoires tranquilles contre les champions en titre Redskins et les Eagles, Niners et Cowboys se retrouvent au Candlestick Park de San Francisco pour la finale NFC. Ce ne sera pas la dernière.

La première mi-temps se termine sur le score de 10-10 mais les Niners ont raté le coche. Une passe de touchdown de 63 yards pour Rice est annulée en raison d’un holding et le touchdown encaissé provient d’un turnover suite à une réception de punt cafouillée. C’est Young et Emitt Smith qui ont inscrit les Touchdowns sur des courses.

Dès le début du second acte les Cowboys prennent un avantage conséquent en marquant sur leurs 2 premières possessions. Young ramène son équipe à 4 points grâce à une passe pour Jerry Rice, mais Aikman crucifie les Niners sur le drive suivant. Score final 30 - 20. Aikman a été parfait, la défense a été dominatrice, les Boys méritent leur place au Super Bowl, leur premier de la décennie, qu’ils remporteront par la suite en atomisant les Bills.

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Re: NFL Legends : Steve Young

Message par § le Mer 9 Avr - 21:47

De l’USFL au Hall of Fame 2/2
Et Montana quitta les 49ers

Au début de la saison 93, Georges Seifert décide d’échanger Joe Montana plus un autre joueur et une troisième tour de draft contre le premier tour de draft des Kansas City Chiefs, malgré la désapprobation des fans. Steve Young est désormais seul à la barre. (article du NY Times de l’époque:
http://query.nytimes.com/gst/f... )

Si le duo Montana - Rice a battu tous les records NFL dans les années 80, la relation de Jerry Rice et Steve Young sera encore plus impressionnante dans les chiffres, année après année. Young est de plus en plus à l’aise avec ses receveurs (Rice et Taylor) qui lui vouent le même respect qu’à Joe Cool, mais il n’a toujours pas mené les Niners au Super Bowl. Sa saison sera encore une fois magnifique: Il efface les précédents records de franchise de Montana en yards à la passe (4023), nombre de passes consécutives sans interceptions (189) et il mène une fois de plus la NFL en Touchdowns (29) et en rating (101.5) pour la troisième année consécutive. En revanche les Niners ne possèdent plus leur défense des années 80. Elle est souvent en difficulté et c’est dans la douleur que San Francisco se qualifie pour les playoffs (10-6).

Après avoir balayé les Giants de Phil Simms 44 - 3 grâce à 5 touchdowns du running back Ricky Watters, les californiens retrouvent à nouveau leur meilleur ennemi, les Cowboys, mais cette fois-ci au Texas Stadium de Dallas.

Le match sera encore moins disputé que l’année précédente, la défense des Niners étant incapable d’arrêter les Cowboys qui inscrivent 4 touchdowns sur leur 5 premières possessions. 28 - 7 à la mi-temps, 38 - 21 au final, jamais San Francisco n’a été en mesure de remporter ce match. A titre personnel Steve Young n’a pas grand-chose à se reprocher. Il a trouvé l’historique full back Tom rathman pour le premier touchdown, et a inscrit le dernier de son équipe à la course. Une fois de plus le Super Bowl ne sera qu’une formalité pour les Cowboys.

La consécration

Conscient des problèmes défensifs récurrents, Seifert fait signer un grand nombre de vétérans à l’orée de la saison 94: 4 pro-bowlers débarquent sur la côte Ouest: les linemen Richard Dent et Ricky Jackson, et surtout deux grands joueurs en provenance des Cowboys, le linebacker Ken Norton Jr et le cornerback Deion Sanders.

Le début de saison des Niners est marquée par l’affrontement que tout le monde attend, dès la deuxième semaine: San Francisco se déplace à Kansas City pour y affronter les Chiefs. Steve Young contre Joe Montana, dont personne n’a fait le deuil à San Francisco, Young étant «incapable de remporter les grands matchs». Avant le début de la rencontre, les 2 futurs hall of famers ne se serrent pas la main.

Avec 2 joueurs blessés dans sa ligne offensive, Young subit pendant tout le match la pression des Chiefs, et essuie 5 sacks dont un safety. Il lance une passe de TD et une interception, mais c’est Montana qui en lance deux, et surtout remporte le match. Les critiques pleuvent. Elles ne tarderont pas à se calmer.

Les Niners terminent la saison tête de série n°1 de la NFC grâce à un bilan de 13-3, et sur un plan personnel Young est à son apogée. Il remporte pour la deuxième fois le titre de MVP, et mène la NFL en Touchdowns (35) pour la troisième année consécutive, pour seulement 10 interceptions, et en évaluation pour la 4e année consécutive (112.7), battant ainsi le record NFL de .... Joe Montana. Il bat aussi le record du pourcentage de passes complétées sur une saison NFL (70.3%).

Deion Sanders a aussi été élu MVP défensif, les Niners attaquent donc les playoffs en confiance, et ils ne font pas dans la dentelle. Ils écartent les Bears 44 - 15, ce qui leur donne le droit de retrouver ... les Cowboys, pour la troisième année consécutive, en finale de la NFC, à San Francisco.

D’un côté Troy Aikman, invaincu en playoffs en carrière (7-0), de l’autre Steve Young qui malgré un niveau de jeu incroyable peine à recevoir l’appui de ses fans.

Cette fois-ci ce sont les Cowboys qui se crucifient eux-mêmes en raison de leurs turnovers. Après une interception d’Eric Davis retournée pour un TD dès le 3e play du match, Ricky Watters sur une passe de Young, puis William Floyd à la course portent le score à 21-0 après seulement 8 minutes de jeu. Les Cowboys reviennent ensuite à 24-14 grâce à une réception de 44 Yards d’Irvin et une course de 4 yards de Smith. Mais à 8 secondes de la mi-temps, Young lance une passe parfaite dans le coin gauche de l’en-but, Rice plonge, TD 49ers. La 2e mi-temps sera plus tranquille, Emmitt Smith et Irvin une fois de plus marquent pour les texans, mais Young score aussi sur une course de 3 yards. Les Cowboys n’ont pu remonter le handicap insurmontable du 1er quart-temps, Steve Young mène enfin son équipe au Super Bowl.

Le 29 Janvier 1995, il s’apprète à vivre le jour le plus important de sa carrière. Live or Die. L’occasion rêvée de s’affranchir de Montana, de faire enfin taire les critiques, notamment celles de son propre public.

A Miami, c’est la fête de la Californie: pour la première fois 2 équipes d’un même état s’affrontent au Super Bowl. Les Niners affrontent les Chargers, la surprise des playoffs, mené en attaque par le running back Pro-Bowler Natrone Means et en défense par le linebacker Junior Seau (déjà!).
Le match ressemble très vite à un rêve pour Steve Young: Après 5 minutes, il a déjà lancé 2 passes de touchdown de plus de 40 yards, l’une pour Jerry Rice, l’autre pour Ricky Watters. Après avoir vu les Bolts revenir à 14-7 sur un long drive conclu par une course de 1 yard de Means, Young ajoute 2 nouvelles passes de TD, la première pour le fullback William Floyd, la dernière pour Watters qui rentre dans l’en-but pour la seconde fois du match. Le score à la pause est de 28-10, Young a déjà lancé 4 passes de TD en une mi-temps, égalisant le record de Doug Williams.

La 2e mi-temps commence comme la première, les Niners inscrivent 2 TDs coup sur coup, sur une course de 9 yards de Watters (son 3e du match), puis la 5e passe de TD de Young qui en trouvant Jerry Rice dans l’en-but égalise le record de Joe Montana. Les Chargers répondent et marquent sur un retour de kick de 98 yards, mais ils sont déjà très loin. Les Niners gèrent la fin du match, mais en début de 4e quart-temps, Steve Young rentre dans l’histoire en lançant sa sixième passe de touchdown, toujours pour Jerry Rice. Les Niners s’imposent 49-26.

La jubilation de Young à la fin du match est à la hauteur, non seulement du poids dont il vient de se soulager, mais aussi de l’exploit sans précédent de cette équipe des Niners et de leur quarterback. Young a lancé 6 passes de touchdown, un record NFL qui ne semble pas près d’être battu, mais il est aussi le seul joueur de l’histoire du Super Bowl à être à la fois meilleur passeur et meilleur coureur du match, puisque ses 49 yards surpassent les 47 yards de Watters. Young devient aussi le 5e joueur à être MVP et MVP du Super Bowl dans la même saison. A la fin du match il déclare: "Is this great or what? I mean, I haven’t thrown six touchdown passes in a game in my life. Then I throw six in the Super Bowl! Unbelievable."

Brett Favre et les Packers, une nouvelle bête noire pour la fin de carrière

Les 2 saisons qui suivent le Super Bowl se ressemblent pour Steve Young. 2 saisons où les Niners restent la meilleure attaque de la ligue mais où Young manque 5 et 6 matchs. Lorsqu’il joue il reste très efficace, productif (comme le prouvent les stats de Jerry Rice) et fait toujours peu d’erreurs (34 TDs pour 17 Int sur ces 2 saisons), ce qui lui permet de glaner un nouveau titre de passeur (rating de 97.4). Mais ces 2 saisons s’achèvent de la même façon en playoff, par une défaite contre Green Bay, la première année à San Francisco, la seconde à Lambeau Field. Young n’y est pas parfait mais surtout son équipe décline, les pro-bowlers y sont de moins en moins nombreux. Les Niners continuent de parvenir en playoffs mais leurs capacités sont plus limitées.

La saison 97 sera un peu plus joyeuse mais se terminera de la même manière. Young ne s’y blesse quasiment pas, remporte un sixième titre (!!) de meilleur passeur (rating de 104.7), égalisant le record légendaire de Sammy Baugh, mais mène surtout les Niners sur le toit de la NFC en saison régulière à 36 ans. Jerry Rice s’étant blessé en début de saison, c’est le joueur de 2e année Terrell Owens qui est sa cible favorite.

Après avoir battu les Vikings dans le Divisional Game, les 49ers retrouvent .... Les Packers pour se donner le droit d’affronter les Broncos au Super Bowl. Au 3com Park de San Francisco, les californiens sombrent à nouveau devant le triple MVP en titre Brett Favre, l’attaque ne score pas le moindre touchdown et c’est toute une ville qui se demande si l’heure de la retraite n’a pas sonné pour son quarterback.

Une dernière saison au top, à 37 ans

Avant la draft 98, nombreuses ont été les spéculations sur l’avenir du vétéran. Marqué par les 3 défaites consécutives contre les Packers, Young décide de poursuivre l’aventure. Grand bien lui en prit. Si cette dernière année ne lui permit pas de gagner un 2e Super Bowl, sa dernière saison complète sera une immense réussite. C’est la 16e saison consécutive à plus de 10 victoires pour les 49ers (record NFL), la 8e consécutive sous le commandement de Young qui mène son équipe à un bilan de 12-4.

Il est 2e passeur de la NFL (101.1) derrière un autre phœnix en fin de carrière, Randall Cunningham, les 2 quarterbacks s’appuyant tous deux sur des receveurs qui feront parler d’eux pendant longtemps, Terrell Owens et Randy Moss.

A 37 ans il bat 2 records personnels, les plus importants pour un quarterback: Il passe pour 4170 yards et domine la ligue pour la 2e fois au nombre de passes de TD avec 36 (pour 12 interceptions seulement). A tout cela s’ajoutent près de 500 yards à la course. Difficile de faire plus impressionnant.

Mais pour vraiment bien finir, tout le monde attend une victoire contre les Packers que les 49ers affrontent pour la 4e fois consécutive en playoff.

Le match sera épique, un de ces «classiques» que l’on regarde encore et encore des années après. On joue les 10 dernières secondes du temps règlementaire, Green Bay mène 27-23 et semble se diriger vers une enième victoire contre son ennemi de l’Ouest. Young a lancé les 2 passes de touchdown de son équipe. Dernier snap du match, les Niners doivent iser l’en-but et marquer. Young scrute le terrain et envoie une passe laser, captée par Terrell Owens, à 3 secondes de la fin du match. L’action sera nommée «The Catch II» en référence à la célèbre action de Joe Montana contre les Cowboys quelques 17 années auparavant. Steve Young tient son dernier exploit. La route des Niners s’arrêtera contre les Falcons à domicile, une défaite 20-18 et 2 derniers touchdowns (1 passe, 1 course) pour le dernier match de Steve Young en playoff.

Bien décidé à continuer à jouer et nommé quarterback partant par Steve Mariucci, Steve Young dispute les 3 premiers matchs de la saison régulière de 1999, et en remporte 2, mais subissant une 4e commotion cérébrale en 3 ans, il décide de mettre un terme définitif à sa carrière.

Accomplissements et records

Steve Young n’a joué et remporté qu’un Super Bowl dans sa longue carrière, et c’est la raison pour laquelle il est souvent laissé de côté ou oublié lorsque l’on parle de grands quarterbacks. Sa carrière parle néanmoins pour lui et ses accomplissements et records sont nombreux:
- Plus grand nombre de touchdowns à la course en carrière pour un QB: 43 (ne comporte que la saison régulière)
- 2e en nombre de Yards à la course en carrière pour un QB: 4239 yards (derrière Randall Cunningham)
- Plus grand nombre de TDs lancé au Super Bowl: 6
- Au jour de sa retraite, meilleur duo QB/ receveur de l’histoire de la NFL avec Jerry Rice, depuis surpassé par le duo Peyton Manning/Marvin Harrison
- Seul quarterback de l’histoire à enchainer 4 saisons consécutives à plus de 100 de rating (en dominant la NFL durant les 4 saisons consécutives, autre record NFL)
- 6 fois meilleur passeur de la NFL en rating. Record codétenu avec le légendaire Sammy Baugh
- A l’heure de sa retraite, record du meilleur rating en une saison (112.8), depuis dépassé par Peyton Manning et Tom Brady
- Meilleur rating en carrière (96.8)
- A l’heure de sa retraite, meilleur pourcentage de passes complétées en carrière (64.3%), depuis battu par Chad Pennington (rigolez pas!) et Kurt Warner

Steve Young a accumulé au cours de sa carrière NFL 33124 yards (21e) et 232 TDs à la passe (pour seulement 107 interceptions)(19e)

Il est le premier Quarterback gaucher au Hall of Fame.

Il a laissé 2 images tout au long de a carrière: Au début celle du quarterback difficile à gérer, incroyable athlète, courant avec férocité même sans son casque.

En fin de carrière celle du passeur à la meilleure efficacité de l’histoire de la NFL, capable de lancer 6 passes de TD au Super Bowl, mais courant encore pour près de 500 yards à 37 ans. S’il aurait probablement pu gagner plus d’un Super Bowl, sa formidable série de saisons victorieuses reste un exploit, dont les fans des Niners se sont brutalement rendus compte l’année ou leur quarterback venait de prendre sa retraite. Le bilan des Niners venait de passer de 12-4 à 4-12.

Depuis à San Francisco, rien de nouveau, et si l’on continue d’y attendre le nouveau Joe Montana, le nouveau Steve Young est le bienvenu...

Sportvox
8 avril 2008

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