Les techniques

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Les techniques

Message par § le Lun 3 Déc - 8:16

TECHNIQUES COMMUNES
À L'ATTAQUE E T À LA DÉFENSE

LES POSITIONS DE DÉPART
La vitesse de mise en action de chaque joueur est prépondérante dans la réussite collective, dans un sport où les phases de jeu, explosives, sont souvent très courtes: aussi les positions de départ, adaptées aux fonctions de chaque poste, et déterminant la mobilité, la puissance, l'équilibre nécessaires au déclenchement efficace de l'action, seront-elles travaillées inlassablement à l'entraînement.

La position à trois points d'appui: attitude de base du joueur de football américain, cette position doit être connue de tous les pratiquants.
Elle doit déterminer une mise en action rapide, imprévisible pour les adversaires, facile dans toutes les directions.
Elle doit permettre une vision correcte du champ de jeu. Cette position sera utilisée principalement par les OLM, les RB, certains DLM, certains joueurs des unités spéciales.
Description (pour un droitier): recherche d'un trépied solide.
Les deux premiers appuis, les pieds, parallèles, sont écartés à la largeur des épaules.
Léger décalage des pieds (nous étudierons une exception plus loin pour les DE) dans l'axe avant arrière, variable selon la morphologie et la souplesse du joueur (recherche de la stabilité et du confort).
Les jambes sont fléchies, les genoux à la verticale des avant-pieds.
Comme troisième appui, le bras, correspondant au pied reculé, s'étend directement sous l'épaule, en ligne avec le pied et le genou, et prend contact avec le sol, à la perpendiculaire du visage, par l'intermédiaire de l'extrémité des doigts ou des jointures phalanges - phalangines (plus sûr).
Les hanches, le dos, les épaules et la tête s'ordonnent en un plan parallèle au sol.
Les épaules sont parallèles à la ligne de scrimmage.
Le regard est dirigé vers l'avant.
L'avant-bras du segment libre est placé, relâché, sur la cuisse correspondante.
Le poids, réparti habituellement entre les trois appuis, pourra, dans certains cas, être déplacé vers l'avant ou l'arrière, à condition que le joueur puisse effectuer cette répartition particulière sans trahir son intention de déplacement.
Dans le cas de joueurs s'apprêtant à charger directement, par exemple le QB («pass-rush»)- les DE notamment - on utilise souvent une« position 3 points» évoquant celle (à 4 points d'appui) que prennent les sprinters au commandement «prêt» : pieds très décalés, bassin très haut, important déséquilibre avant.
Remarque sur le travail d'assimilation: la décomposition du placement en plusieurs phases, d'une part, la recherche du confort et de la stabilité, d'autre part, seront des éléments importants de l'assimilation de la mise en «position» correcte. Toutefois, ce qui nous semble fondamental, c'est de relier toujours le travail de la position à ce qui doit être sa finalité, c'est-à-dire: la réalisation de déplacements, blocages...

La position à quatre points d'appui: plus spécialisée que celle à 3 points, cette position favorise les charges puissantes vers l'avant. Elle sera utilisée principalement par les DLM et, parfois, par les OLM à la recherche d'un blocage pour un gain de terrain sûr, mais court.
Description:
Pieds parallèles, écartés à la largeur des épaules, légèrement décalés dans l'axe avant - arrière ou au même niveau.
Jambes semi - fléchies.
Les deux mains au sol, légèrement en avant de chaque épaule, très légèrement à l'intérieur de l'axe pied - genou.
Dos parallèle au sol, tête relevée, regard vers l'avant.
Le poids du corps, normalement réparti entre les 4 appuis, est souvent déplacé franchement vers l'avant; attention à préserver l'équilibre.

Les positions à deux points d'appui: les joueurs qui ne sont pas concernés par le premier choc des lignes, adopteront des positions leur permettant, certes, de se mettre en action rapidement, mais surtout de pouvoir scruter le jeu. Plus redressés, sans appui manuel au sol, ils nuanceront leur positionnement en fonction de leur rôle sur le terrain.
Les WR: pieds parallèles, écartés à la largeur du bassin et nettement décalés, jambes légèrement fléchies, bras relâchés, disponibles.
Attention aux petits pas «de nervosité» pendant le«compte du QB» (interdits par le règlement) et aux pas d'hésitation ou de recul, au démarrage.
DB et 2e RB dans les formations en «I» : pieds écartés à la largeur des épaules, légèrement décalés, jambes légèrement fléchies, mains sur les genoux.
.LB et DB en position avancée: pieds parallèles, écartés à la largeur des épaules, jambes semi - fléchies, mains devant le buste, prêtes à encaisser le choc d'un blocage.

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Message par § le Lun 3 Déc - 8:24

TECHNIQUES OFFENSIVES

LES BLOCAGES

Le football n'est pas un sport de contact. La danse est un sport de contact. Le football est un sport de collision (Vince Lombardi)

Qu'il serve à ouvrir le chemin au porteur de ballon ou à protéger le lanceur, le blocage est, en toutes circonstances, l'arme de prédilection de l'attaquant (ou du défenseur devenu attaquant par suite d'une interception); son apprentissage constitue le fondement du travail technique de tout pratiquant.
Les formes techniques répertoriées de blocage sont fort nombreuses; elles présentent, en outre, de nombreuses variantes adaptées aux différents styles de jeu et aux gabarits relatifs des joueurs mis en présence: nous allons donc nous efforcer de dégager celles qui, nous semblent les plus importantes pour les présenter en corrélation avec les situations collectives dans lesquelles elles sont le plus fréquemment mises en œuvre.

TECHNIQUES INDIVIDUELLES
La base: blocage de front («drive block») et blocage d'épaule («shoulder block»): ces deux blocages, qui se différencient par les parties du corps et de l'équipement utilisées pour la «collision», sont employés pour écarter un défenseur de la route d'un porteur de balle; ils présentent de nombreux points communs.
L'objectif fondamental est de développer une action continue reliant une percussion violente de l'adversaire à un contrôle de celui-ci avec maintien du contact, permettant de « l'emmener» le plus loin possible du trajet du ballon.
Ces deux «blocks» peuvent se délivrer à partir d'une position «3 points» sur la ligne de scrimmage, ou d'une course en plein champ.
Dans les deux cas, l'approche ultime de 1'«objectif» se fera sur des appuis fléchis et écartés à la largeur des épaules (stabilité).
La percussion de l'adversaire sera déclenchée par une poussée des jambes, hanches en avant, évitant un déséquilibre avant incontrôlable: ne pas se «coucher» sur le défenseur. Cette poussée sera transmise par un dos «placé» (à plat), dans un plan réalisant un angle très fermé avec le sol, et tendra à «remonter» l'adversaire au moment du contact pour le déséquilibrer. L'impact sera donné:
- dans le cas du blocage frontal, par une percussion conjointe de la grille de protection du visage, frappant le «numéro» du défenseur, et des deux avant-bras, armés près du corps pendant l'approche, parallèles au sol, coudes en dehors, poings fermés, frappant juste sous l'épaulière.
- dans le cas du blocage d'épaule, par une percussion de l'épaule située du côté vers lequel on veut éloigner l'adversaire, aidée par l'avant-bras du même côté, la tête étant placée en opposition entre celui-ci et le porteur de ballon.
La phase, essentielle, du contrôle, sera réalisée efficacement, grâce à l'établissement d'une assise solide au sol (appuis écartés - vaste polygone de sustentation), et grâce à une poussée très active et continue des jambes, concrétisée par des foulées extrêmement courtes à fréquence très élevée.

Les blocages par le travers du corps «cross-body blocking»): ces blocages, utilisés pour barrer la route à un adversaire lancé en le «fauchant» souvent, servent, en fait, soit à atteindre un défenseur hors de portée d'un «drive block» ou «shoulder block», soit à compenser un handicap de gabarit, celui, par exemple, d'un HB «s'attaquant» à un DLM. Il est possible de les effectuer à différentes hauteurs du corps adverse; ils sont réalisés fréquemment très bas (genoux) et constituent alors une arme redoutable, trop dangereuse et d'ailleurs illégale dans de trop rares cas.
La forme la plus simple s'effectue en jetant son corps en travers de celui de l'adversaire, en prenant une position quadrupédique allongée si l'on choisit de réaliser un blocage bas («scramble block»).
Une forme particulière, le «roll block», s'effectue, comme son nom l'indique, en réalisant un «tonneau» dans les jambes de l'adversaire, l'impact initial étant donné par l'épaule du bloqueur contre la cuisse «extérieure» du défenseur.

TECHNIQUES COLLECTIVES DE BLOCAGE, CIRCULATION DE BLOQUEURS
Blocage en «équipe ») («team blocking»): ce type de blocage, qui oppose généralement 2 bloqueurs à 1 défenseur, s'emploie soit contre un défenseur particulièrement puissant, soit contre un défenseur «clé» par rapport à la tactique offensive retenue. On prévoit souvent qu'un des deux équipiers, dès qu'un avantage net est pris sur le défenseur, pourra «rebondir» vers un 2e objectif.

Blocage en croix («ross block») et blocage en pli («fold block»): ce type de blocage vise à offrir le meilleur angle d'attaque possible par rapport à la position respective des bloqueurs et des défenseurs obstruant le «trou» que les premiers se proposent d'«ouvrir».

Blocage «piège » («trap block »): ce«piège» vise un défenseur à qui on laisse traverser la ligne d'attaque (son opposant direct décroche et lui laisse le champ libre), alors que derrière celle-ci l'attend un bloqueur, souvent le FB, avec un angle de blocage particulièrement favorable.

LES BLOCAGES DE PROTECTION DU PASSEUR
Dans le jeu aérien classique, avec le recul du QB derrière le centre («drop-back»).

Technique individuelle: au moment du «snap» le bloqueur recule légèrement pour «lire» la direction du «rush» de son opposant, tout en conservant les pieds écartés à une bonne largeur d'épaules, et les jambes semi - fléchies. Puis il charge en établissant le contact par l'intermédiaire de son «masque» et de ses paumes, utilisées comme une large pince, sur la poitrine du défenseur. Son objectif est alors de maintenir le contact, tout en restant en opposition le plus longtemps possible entre le «rusher» et le QB, il fait «écran» de son corps en réagissant à tous les déplacements du défenseur; s'il se sent enfoncé, submergé par ce dernier, il tente alors de le repousser bras tendus pour se rééquilibrer, et mener une nouvelle charge.

Système collectif: deux systèmes se partagent principalement les faveurs des entraîneurs: la protection en zone et la protection avec responsabilité individuelle.
Dans le cas de protection en zone, les OLM aidés des RB constituent une «poche» de protection en forme de fer à cheval devant le QB. Chaque attaquant a la responsabilité de neutraliser le «rusher», quel qu'il soit, qui se présentera sur son intérieur, et de le chasser vers l'extérieur. Pour constituer la «poche», au moment du «snap», le C recule d'un pas, les OG de deux et les OT de trois, les RB venant flanquer les OT.
Dans le cas d'une protection à responsabilités individuelles, chaque OLM et RB aura, avant le«snap», la consigne de prendre en charge un défenseur bien précis, quel que soit son déplacement: souvent le C est chargé du NG ou du MLB, les 2 OG des DT, les 2 OT des DE, et les RB des OLB

LES TRANSMISSIONS DE BALLE
A cause de la nécessité absolue de conserver le ballon, et du fait que l'activité des bloqueurs s'effectue en avant de celui-ci, les transmissions de balle au cours d'une phase de jeu sont, en règle générale, réduites au minimum: centre au QB et QB soit à un RB, soit un receveur (passe avant). Il faut savoir, toutefois, qu'à l'occasion de choix tactiques exceptionnels, les joueurs peuvent être amenés à réaliser une série plus ou moins longue de passes latérales ou arrière.

LA TRANSMISSION DU CENTRE A UN ARRIÈRE: LE «SNAP»
Remise «main à main» appelée parfois «snap court»: c'est le geste qui, le plus fréquemment, déclenche l'action: de sa précision et sa vivacité découle le petit temps d'avance sur la défense, qui peut mettre l'attaque en situation favorable. L'échange s'effectue entre le C et le QB.
Position initiale des 2 joueurs (considérés comme droitiers): le centre recherche avant tout la stabilité: ses pieds, parallèles, sont largement écartés; les jambes sont légèrement fléchies, le dos parallèle au sol; la main droite enserre l'avant de la balle dont le grand axe est perpendiculaire à la ligne de scrimmage et le lacet orienté vers le haut (cette balle est tenue en avant du casque); selon sa morphologie le centre tient son ballon à une ou deux mains, la main gauche venant dans ce cas contrôler le côté arrière gauche de celui-ci.
Le QB, placé derrière le C, au contact de celui-ci, adopte une position lui permettant une large vision de la défense avant l'échange du ballon, et un déplacement rapide vers l'arrière dès que cet échange est effectué: le dos et la tête sont redressés, sans raideur, et les pieds, parallèles, écartés à la largeur des épaules, soutiennent des jambes plus ou moins fléchies selon sa taille et celle du centre; ses mains, dont la droite, par sa face dorsale, est plaquée contre l'enfourchure du centre, le majeur aligné sur l'axe de symétrie de celle-ci, sont réunies par l'intermédiaire des deux pouces, pour présenter, doigts écartés, une «cible - poche» pour la balle.
La remise de ballon proprement dite: au signal convenu, le centre lève le ballon vers les mains du QB, par un mouvement pendulaire, rapide et continu, du bras droit, tendu pendant tout le trajet; pendant ce trajet, son avant-bras effectue un quart de tour vers la gauche afin de plaquer la balle perpendiculairement à la main supérieure du QB, le lacet au contact des phalanges de celle-ci.
Même bousculé par la défense, le c doit garder le contrôle du ballon jusqu'à la saisie ferme et nette de celui-ci par le QB.

La passe du C vers l'arrière ou «shotgun» («coup de fusil») ou «snap long»: utilisé principalement comme mise en jeu des phases de coups de pied («punt» ou «field-goal»), le «shotgun» peut aussi s'adresser au QB, alors reculé à 6 ou 7 yards, pour accélérer la préparation d'une passe avant, ou à un RB pour déclencher une course «surprise», C'est un geste des plus difficiles, dont la mise au point demande de longues heures de travail assidu, à effectuer le plus possible, après la phase d'initiation, en situation d'opposition. Sa mauvaise réalisation en match engendre toujours de graves conséquences: incapacité de marquer «au pied», reculs importants, pertes de ballon.
Position initiale (pour un droitier): le centre, jambes écartées, très légèrement fléchies, tient la balle devant lui, lacet vers le sol, par la main droite, deux ou trois doigts «accrochant» ce lacet (passe avant), poignet cassé. S'il utilise la technique «à deux mains», la plus académique, il applique alors la paume de sa main gauche, doigts plus ou moins rentrés selon sa souplesse, sur la partie supérieure du ballon. Il regarde sa cible entre ses jambes.
Réalisation de la passe: après avoir redressé la tête, le centre déclenche son geste en tirant vivement la balle vers l'arrière jusqu'à ce que les coudes viennent frapper l'intérieur des cuisses, plus ou moins haut, selon l'attitude de la cible; pendant ce temps, l'action combinée des deux mains, la droite tirant vers le haut, la gauche poussant vers le bas, communique à la balle un mouvement de rotation sur son grand axe, qui favorise la vitesse et la précision de la transmission. Dans le cas d'un envoi à une main, l'action de «tirer - pousser» sur le lacet de la main droite, seule, comme dans la passe avant, est responsable de cette rotation.

LES TRANSMISSION DU QB AUX RB
La transmission «main à main» ou «hand-off»: cette technique est utilisée dans les cas où la tactique choisie amène le porteur de balle à proximité du QB.
Le RB court vers son «trou», sans le quitter des yeux, tout en confectionnant, à l'aide de ses avant-bras, ses mains et le bas de sa poitrine, une poche, dans laquelle le QB va venir loger le ballon, qu'il peut tenir à une ou deux mains: (selon, par exemple, les feintes qu'il doit réaliser) , le RB referme alors les bras sur le ballon dont il contrôle les «pointes» avec les mains; le QB, pour assurer la transmission, accompagne de son bras la course du QB pendant quelques centièmes de seconde, sa main contrôlant aussi ce ballon, qui est donc, pendant ce court laps de temps, en double possession; la prise du RB étant assurée, le QB abandonne alors complètement le ballon.

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Message par § le Lun 3 Déc - 8:30

Les transmissions QB - RB par passes arrière ou latérale, «pitch out»: le«pitch» est utilisé dans les cas où le RB s'éloigne du QB dès le déclenchement de l'action: débordements («sweeps»).
Passe courte et rapide, «quick-pitch»: dès la réception du «snap», le QB laisse tomber une pointe du ballon vers le sol en assurant sa prise sur celui-ci à deux mains, et par un mouvement pendulaire des bras tendus, accompagné d'une ouverture et d'une légère fente de la jambe la plus proche de 1'«objectif», il propulse la balle vers la cible que doit lui constituer le RB avec ses deux mains ouvertes; il suit alors cette balle quelques foulées, prêt à «recouvrir» un éventuel et malencontreux «fumbble».
Passe arrière ou latérale tendue: le QB arme son geste en assurant, bras fléchit, balle plaquée contre l'abdomen, une prise à une main: cette main tient la balle par l'arrière, le majeur accrochant le lacet avec une incidence oblique. Tout en réalisant une fente avant, le QB détend son bras vers sa cible en communiquant une rotation sur son grand axe à la balle par un violent mouvement giratoire du poignet.

La passe avant (lancer et réception): à l'instar du blocage, la passe avant est, sans conteste, un «geste symbole» du football américain. Génératrice de longs gains «éclairs» et de retournements de situation impressionnants, objet d'exploits athlétiques clairement perceptibles de tous, c'est elle qui offre au jeu moderne, très aérien, son aspect le plus spectaculaire.

Le lancer
Description de la passe «classique», déclenchée par le QB immobile, après recul de celui-ci derrière «sa ligne».
Prise de balle, variant selon les lanceurs, elle répond à des critères de sécurité et de confort: la balle en main, le joueur doit pouvoir agiter vivement son bras en tous sens, sans en perdre le contrôle. Le pouce, et l'index formant un V entourent ce qui sera la partie arrière du ballon au moment du lancé, les autres doigts assurant la prise sans que jamais la paume ne vienne au contact du cuir, deux doigts, au moins, saisissent le lacet; plus la main est petite, plus elle est reculée vers la pointe du ballon. Le grand axe de la balle forme un angle aigu avec l'avant-bras.
Préparation du lancer, recul du QB, dès la réception du «snap», le QB plaque la balle, tenue à deux mains, contre son pectoral droit, et déclenché vivement le recul (généralement 5 ou 7 foulées), qui va lui permettre de se dégager de son «mur de protection» pour observer le champ arrière adverse et ses partenaires «receveurs» luttant pour se démarquer. Il peut reculer soit en pas croisés, les épaules perpendiculaires à la ligne de scrimmage, soit en pas parallèles, face à celle-ci: la première technique privilégie la vitesse du déplacement, la seconde la largeur de vision de jeu. Le QB met alors fin au recul («drop-back»), en plantant avec vigueur son pied droit dans le sol et en portant son poids sur ce pied droit (certains QB réalisent à ce moment un pas «sauté» vers l'avant pour se stabiliser). Dès qu'il a choisi sa «cible», il pointe vers elle son pied gauche, il est prêt à lancer.

Réalisation du lancer proprement dit: le lanceur arme son geste en reculant son épaule droite (l'épaule gauche «pointée» vers le receveur), et en portant la balle, tenue toujours à deux mains, à la hauteur de son oreille droite; les deux avant-bras sont maintenant parallèles au sol.
La passe, dont la puissance sera déterminée par un bon transport de poids de l'appui arrière à l'appui avant, est alors déclenchée: une vive poussée du pied droit permet l'engagement, en rafale, du genou, de la hanche et du coude droit; la main gauche a lâché le ballon et sert de balancier; l'avant-bras se détend sur le bras qui ne descend jamais au-dessous d'un plan parallèle au sol, et les épaules pivotent de 180°; en finale du geste, grâce à un «fouetté» du poignet, la main accompagne l'engin le plus loin possible vers l'avant: c'est la rotation, dans le sens trigonométrique, de cette main, agissant par l'intermédiaire du bout des doigts du lanceur (l'index est le dernier en contact avec le ballon), en engrenage avec le lacet et le cuir, qui engendre la fameuse rotation de la balle en vol: cette rotation, gage de puissance et de précision du lancer, s'effectue sur le grand axe du ballon, et dans le sens des aiguilles d'une montre pour un observateur placé derrière le lanceur.
Les passes en «déplacement»
Le QB, en déplacement latéral curviligne («roll-out») ou rectiligne et rapide («sprint-out»), et même un RB, feintant d'abord une course de débordement («double os»), peuvent être amenés à lancer vers l'avant en courant: dans ce cas le lancer s'amorce au moment où le pied correspondant au bras lanceur prend contact avec le sol, la dernière foulée s'effectuant, en principe, en direction de la cible. Le manque de solidité des appuis sera compensé par une accentuation de la rotation des épaules.

La réception (techniques des receveurs)
Pressé par les défenseurs, menacé d'un choc violent dès la réception du ballon, gêné dans son champ de vision par la grille du casque, le receveur «travaille» dans des conditions difficiles. Sa première tâche, pour se préparer le mieux possible à cette réception, est de se «démarquer».
Les courses de démarquage ou «tracés» de receveurs («patterns» ou «routes») doivent répondre à plusieurs objectifs:
- Le premier est d'isoler le plus possible le receveur du ou des défenseurs chargés de l'empêcher de recevoir le ballon, ou de le plaquer si ce ballon a été bien reçu, c'est le démarquage proprement dit.
- Le second est de disperser la défense ou de l'attirer loin de l'endroit vers lequel se dirigera en fait la poussée offensive.
- Le troisième est de permettre au lanceur de savoir à l'avance comment et vers où vont se mouvoir «ses» receveurs, afin qu'il puisse les «trouver» au moment opportun, et surtout leur décocher des passes susceptibles d'anticiper leurs déplacements pour les atteindre alors qu'ils sont en pleine course.
Il est évident que les objectifs "deux" et"trois" ne peuvent être atteints que si les tracés sont programmés collectivement, le choix tactique étant annoncé, à l'instar des jeux «au sol», au cours du «huddle» précédant l'action. Les caractéristiques des «tracés» possibles (longueur des courses, nature et angle des changements brusques de direction - «cuts» -, changements de rythme de foulées, opportunité de feintes) sont décrites dans le «cahier de jeux», avec leur dénomination; chaque receveur les mémorisera parfaitement, les répétant inlassablement à l'entraînement, tout d'abord avec des repères au sol, puis sans l'aide de ces repères, comme un patineur travaillant ses «figures imposées».
Des exemples de «tracés» parmi les plus classiques et des exemples de combinaisons de «tracés» complémentaires des différents receveurs destinés à répondre à l'objectif "deux", cité plus haut, sont présentés dans le dossier concernant la tactique.
On peut cerner, maintenant, les difficultés rencontrées par le receveur, dans la réalisation du premier objectif, le démarquage: en effet, dans le cadre de ces «tracés imposés», il a peu de latitude d'improvisation pour s'adapter finement aux réactions des défenseurs. Les «cuts» prévus vont, bien sûr, être une arme pour lui, à condition qu'il ne les «téléphone» pas en les amorçant toujours de la même façon: les feintes de tête, d'épaule avec les bras tendus vers le lanceur, de pas, etc., brusquement orientés dans le sens opposé au changement de direction, juste avant celui-ci, seront utilisés en alternance non régulière, ainsi que des accélérations brutales (souvent après le «cut»), pour «lâcher» le défenseur; une technique souvent employée consiste à «fixer» l'adversaire en feintant de préparer sur lui un blocage puissant, pour l'esquiver au dernier moment et se glisser dans son dos.
Une des contraintes majeures, enfin, va consister pour le receveur à fixer très tôt, et en pleine course, son regard sur le lanceur: c'est une condition sine qua non pour réagir efficacement dès le déclenchement de la passe.

La réception proprement dite: une balle correctement lancée est rapide; elle se présente au receveur par la «pointe» qui est dure; sa section est assez réduite. Le receveur lui offrira donc un «panier» de réception, au centre duquel un espace libre permettra à la «pointe» de se ficher.
A l'impact, les avant-bras, les poignets et surtout les mains absorberont le choc en accompagnant le ballon. De la souplesse de cet «amorti» dépendra la sûreté de la réception: ce travail n'est possible que si le joueur amorce son «attrapé», comme on dit au Québec, sans raideur, les bras dégagés du corps. Pendant le trajet aérien du ballon et jusqu'à ce que celui-ci soit non seulement réceptionné, mais encore mis en «sécurité» par le receveur, ce dernier ne devra, en aucun cas, le quitter des yeux. Un grand nombre d'échecs dans les réceptions est imputable au fait que le receveur détourne son regard de la balle, quelques centièmes de seconde trop tôt, pour se préoccuper des défenseurs (il a «les oreilles» - sous-entendu trop ouvertes -), ou pour préparer, avec trop de hâte, sa course vers les buts adverses. Toutefois, une fois la balle bien «au chaud», il restera au receveur la responsabilité de tenter de se dégager de la défense adverse pour courir vers le «touchdown» ou, au moins, gagner quelques yards en plus.

LE TRANSPORT DU BALLON
Qu'il soit entre les mains d'un RB, d'un receveur ou même d'un défenseur contre-attaquant après la réussite d'une interception, le ballon reste l'objet d'une intense convoitise pour l'équipe qui ne le possède pas, et les défenses conséquentes travaillent toujours, conjointement aux techniques de plaquage, les techniques d'arrachement de balle. Le porteur doit donc, en toutes circonstances, adopter une attitude qui privilégie la fermeté et la sécurité de la prise de balle, même lorsque cette attitude semble contradictoire avec l'aisance, voire l'élégance de ses déplacements. Le porteur de balle, en outre, tient à sa disposition un certain nombre de techniques destinées à l'aider à échapper aux plaqueurs potentiels.

LA TENUE DE LA BALLE PENDANT LE CONVOYAGE
Deux règles importantes sont à respecter impérativement.
- Chaque fois que le possesseur du ballon attaquera une zone à forte densité défensive, il tiendra ce ballon à deux mains ou, plus exactement, à deux bras: la balle est plaquée en travers du haut de l'abdomen, les deux pointes contrôlées par les mains et les coudes, le corps du ballon contrôlé par les deux avant-bras.
- Quand le porteur se déplacera hors de portée immédiate de la défense, ou quand il ne sera confronté qu'à un seul défenseur, il tiendra sa balle à une seule main, mais en la plaçant toujours du côté opposé à la menace défensive: le ballon est plaqué contre le flanc du joueur, la pointe avant contrôlée par la main, la pointe arrière contrôlée par le « gras» du biceps. Un grand soin doit être apporté aux changements de côté de tenue du ballon, qui doivent faire l'objet, conjointement à des changements de direction, de nombreux exercices du RB : la balle est glissée par le travers du corps du joueur par le bras initialement porteur, jusqu'à ce que l'autre bras puisse effectuer un relais ferme et sûr.

QUELQUES TECHNIQUES D'ÉVITEMENT DE PLAQUAGE
Techniques sans contact: nous ne donnerons pas les détails des techniques de changement de direction et d'allure (crochet, contre-pied par pas latéral, pas croisé, «fausse allure» et changement brutal de vitesse) qui sont communes à de nombreux sports collectifs (rugby, basket, handball, etc.).
Le porteur de balle utilisera parfois des sauts pour éviter des plaqueurs qui l'attaquent très bas.
- en plein champ il pourra enjamber l'adversaire en dégageant haut et latéralement sa jambe d'impulsion dans un geste rappelant celui des «coureurs de haies».
- à proximité de la ligne de but adverse, au-dessus de l'obstacle constitué de nombreux DLM et OLM, écroulés au sol, il pourra réaliser de très gymniques plongeons, en prenant un appel à deux pieds, après une courte course d'élan, permettant de marquer des «essais» fort spectaculaires.

Techniques avec contact: contre un défenseur déséquilibré ou trop «haut» sur ses appuis, tout d'abord, un joueur puissant pourra utiliser des percussions directes de l'épaule ou de la tête, par l'intermédiaire de la grille de protection (jamais par celui du sommet du casque).
Plus sophistiquées, et comparables un peu aux «raffuts» du rugby, viennent ensuite les percussions, réalisées bras tendus par l'intermédiaire de la main ouverte ou de l'avant-bras, sur le casque, les bras ou la poitrine du plaqueur que l'on cherche à éloigner.
Enfin, au contact d'un défenseur se présentant de face, le convoyeur de balle pourra utiliser une des techniques les plus subtiles et les plus agréables à regarder du football américain: le«pivot».
Pour un pivot à droite: le porteur de balle établit le contact par l'intermédiaire de son épaule et de son avant-bras gauche, en alignant son pied gauche sur le pied gauche du plaqueur , il vient alors vivement prendre appui sur son pied droit; qu'il place à «l'extérieur droit» du plaqueur, et pivote de 180° dans le sens trigonométrique, tout en repoussant du bras gauche son adversaire, le plus rapidement possible, il reprend appui sur son pied gauche, et projette sa jambe droite vers l'avant pour relancer sa course en direction des buts adverses. Pour maintenir sa stabilité, il doit rester assez bas sur ses appuis, pendant l'exécution complète de ce pivot.

LES FEINTES
Organiquement liées à la dimension tactique du jeu, les feintes sont un ressort important, non seulement de l'efficacité de l'offensive, mais tout simplement de l'intérêt, de la beauté du football américain.
La feinte la plus employée est celle de la transmission de balle «main à main» entre le QB et un RB: le QB, selon la nature de la suite du «jeu» à exécuter peut utiliser deux méthodes: il place le ballon contre l'estomac du RB, pour le retirer vivement et le cacher quand celui-ci feint de refermer les bras dessus; ou bien il met seulement une main contre l'estomac du coureur et maintient le contact le temps d'une foulée complète de celui-ci; il accompagne des yeux un bref instant, le RB «feinteur», puis exécute la suite du jeu; le RB, qui doit le plus longtemps possible fixer l'attention et l'activité de la défense loin de l'endroit où se déroule vraiment l'action, prend évidemment l'attitude qui est habituellement la sienne lorsqu'il porte la balle (il évite en particulier de plaquer ses avant-bras sur sa poitrine, comme sur un ballon sans volume), il tente alors avec conviction de s'enfoncer dans la défense adverse et, s'il n'est pas plaqué, attend d'avoir parcouru 3 ou 4 yards au moins avant d'exécuter une autre action de jeu (blocage, «tracé» de receveur complémentaire...).
D'autres feintes, que nous nous contenterons de citer, et dont l'exécution correcte découlera des qualités de comédien et de la conviction de chaque joueur dans leur bien-fondé, sont employées, elles peuvent concerner n'importe quel joueur d'attaque:
- feinte de remise QB à RB, alors que la balle a déjà été transmise
- feinte de «pitch» ou de passe avant («pompe»), et renversement du jeu
- feinte collective des OLM qui font semblant de préparer une «protection de passe», alors qu'un jeu «au sol» va, en fait, être déclenché
- feinte de l'amorce d'une réception d'un receveur pour préparer un changement de direction ou un blocage surprise...
Il en existe d'autres et, surtout, l'on peut développer, à partir de ces éléments simples, une combinatoire nombreuse et complexe, mais cela est une autre histoire, nous en reparlerons dans le dossier sur la tactique.

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Message par § le Lun 3 Déc - 8:34

TECHNIQUES DÉFENSIVES

LES PLAQUAGES
Chaque pouce de terrain compte au FA, et l'objectif premier du plaquage, arme de base de tout joueur défensif, est d'arrêter net le porteur de ballon: la dimension percussive de la technique sera donc aussi importante à développer que celle, préhensive, de saisie et de contrôle de l'adversaire.

TECHNIQUE INDIVIDUELLE
Le plaquage de face: la situation dans laquelle le porteur de balle se présente seul, face à un défenseur, offre l'occasion d'affrontements nets, souvent rudes: c'est le terrain idéal qui permet au défenseur de tenter d'impressionner l'attaquant, en exprimant sa puissance et sa détermination.
Préparation à proximité du porteur de balle, le défenseur va contrôler sa propre vitesse, la réduire si nécessaire, pour ouvrir son «angle» de plaquage, c'est-à-dire se préparer à être en mesure de réagir à un ultime changement de direction de l'attaquant. Il recherche la stabilité en écartant les pieds et en fléchissant les jambes; la tête est redressée, le buste incliné vers l'avant, dos «placé», les bras sont largement ouverts, alors que les doigts sont maintenus serrés, solidaires, en prévention d'éventuelles blessures; tout en fixant les hanches de l'attaquant qui, seules, sont susceptibles de le renseigner sur un éventuel dernier «crochet», il termine son approche par des pas d'ajustement, très courts, mais très dynamiques.
Plaquage proprement dit:le plaqueur prend l'initiative du contact, sans «plonger» ou décoller d'aucune façon ses appuis du sol, par une poussée explosive de ses jambes, dirigée vers l'avant (pour lui) et légèrement vers le haut, propulsant la partie supérieure de sa «grille» et la partie frontale de son casque «dans le bas du numéro» de l'attaquant. Il referme alors vigoureusement les bras pour assurer sa prise, les mains saisissant l'arrière des jambes de l'adversaire, à la hauteur des creux poplités et, poursuivant sa poussée, il le soulève et le renverse sur le dos, en maintenant son contrôle jusqu'à l'arrivée au sol.
Un plaqueur en infériorité importante de poids par rapport à sa «cible» compensera la différence de puissance en établissant le contact plus bas, au niveau des hanches, voire des cuisses de son adversaire,
Quand l'attitude de l'attaquant le permettra, sans que cela ne nuise en rien à la vigueur de la percussion, le plaqueur pourra établir le contact en frappant de son front le ballon, pour tenter de le faire échapper des mains du porteur.

Le plaquage latéral: globalement, la technique est comparable à celle du plaquage de face: deux différences sont à relever:
- le porteur ne s'«offrant » pas comme dans le plaquage de face, la mise en bonne position du plaqueur, liée à la phase de préparation de son geste, sera délicate. L'objectif du défenseur est d'«intercepter» l'attaquant le plus tôt possible, certes, mais en tenant compte du déplacement de celui-ci, en «anticipant» ce déplacement. Le plaqueur devra donc courir à la rencontre de sa cible en calculant et respectant un angle de poursuite déterminé, à la fois par les vitesses relatives de lui-même et de cette cible, et par l'éloignement de celle-ci. La répétition inlassable d'exercices spécifiques à l'entraînement permettra aux défenseurs d'apprendre à «apprécier» justement et, surtout rapidement, ce fameux «angle de poursuite».
- le plaqueur, se présentant de côté, va tenter d'interposer le plus possible son corps entre le porteur de balle et sa propre ligne de but. Il va donc glisser sa tête devant l'attaquant au déclenchement de plaquage, et l'impact sera donc réalisé, dans le cas par exemple d'un plaquage venant de la droite, par le côté droit du casque et l'épaule droite, «frappant» conjointement.

Plaquage par l'arrière. En poursuite arrière stricte: le défenseur, si sa vitesse lui permet de «coller» à l'attaquant, le plaquera en lui étreignant les jambes de ses deux bras, après avoir établi le contact par l'intermédiaire d'une épaule, Il ne «plongera» que s'il est trop éloigné ou trop lent, tentant alors, en désespoir de cause, de le saisir au niveau des chevilles; complètement «débordé» il pourra même, en dernier recours, lui frapper, en plongeant, le cou-de-pied de la jambe arrière pour le déséquilibrer et le faire tomber: c'est la fameuse «cuillère», aléatoire mais spectaculaire.
Sur un receveur en train de réaliser une réception en extension: le défenseur, se présentant «dans le dos» d'un receveur au moment où celui-ci établit le contact avec la balle, va réaliser un plaquage particulier, très percutant, dont le but premier est de .faire lâcher le ballon à l'attaquant, et le but second de lui «faire peur» et de le déconcentrer lors de ses éventuelles prochaines réceptions. Le plaqueur frappe du front et de la «grille» le receveur, alors que celui-ci est encore «en l'air», au niveau du numéro, ou même parfois de la ceinture ou des jambes si l'impulsion a été très importante; si l'impact n'a pas été suffisant pour faire perdre la balle à l'attaquant et le faire complètement basculer, le défenseur continue son action en entourant celui-ci de ses bras, au-dessus des épaules, pour frapper le ballon de ses deux poings ramenés brutalement vers le bas ;si tout cela n'a pas encore suffi à faire lâcher prise au receveur, le défenseur va lui saisir les bras et tenter de les lui tirer violemment vers l'arrière, tout en continuant sa poussée par l'intermédiaire du front et des épaules.

Plaquage en groupe «gang tackle»: deux défenseurs (ou plus) peuvent atteindre simultanément le porteur de ballon et conjuguer leurs efforts pour le stopper sur place. Combinant par exemple plaquage de face et plaquage latéral, étageant leurs zones d'impact pour éviter de se frapper entre eux comme on le voit parfois, même au meilleur niveau, ils auront alors comme objectifs, outre celui tout simple d'arrêter l'attaquant, d'une part, celui de le démoraliser en le faisant douter de sa puissance et de son efficacité, d'autre part, celui, plus immédiat et plus concret, de lui subtiliser la balle en se partageant les tâches: l'un (ou les uns) se charge plus particulièrement de contrôler le joueur, alors que l'autre (ou les autres) concentre son activité sur l'arrachage du ballon.
En outre, le plaquage sera effectué collectivement, mais sans simultanéité stricte, dans le cas fréquent où le premier défenseur au contact de l'attaquant n'aura que partiellement réalisé son «travail», ne réussissant qu'à freiner celui-ci (mauvaise saisie, plaquage trop «haut» ou trop «bas»…): ses partenaires viennent alors profiter du ralentissement de l'adversaire et conclure le «stoppage».

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Message par § le Lun 3 Déc - 8:37

TECHNIQUES D'ÉVITEMENT DES BL0CAGES
Un défenseur ne peut accomplir sa tâche, dans la majorité des cas, que s'il a su se libérer des blocages adverses. Le règlement lui permettant d'utiliser ses bras et ses mains pour éloigner les bloqueurs et s'en dégager, une grande variété de techniques lui est offerte (en plus des feintes de corps et des esquives) dont nous allons décrire les principales.

FRAPPE ET POUSSÉE DES MAINS («HAND SHIVER»)

Cette technique, une des bases "du travail défensif, nécessite une puissance et une robustesse importantes des membres supérieurs. Le défenseur, dès l'amorce de la charge de son adversaire, fait un pas à sa rencontre, se stabilise face à lui sur des pieds écartés et pratiquement placés au même niveau, et, réalisant une extension de tout le corps, vient frapper de ses deux paumes la poitrine de l'attaquant, juste sous les épaules; la poussée, dont l'efficacité est conditionnée par la vigueur de la détente complète des bras, s'exerce vers l'arrière du bloqueur et vers le haut, dans le but de faire remonter le centre de gravité de ce dernier pour le faire «flotter» sur ses appuis, et le déséquilibrer totalement. C'est, à ce stade, l'activité des jambes du défenseur qui va lui permettre, grâce à de toutes petites foulées très dynamiques vers l'avant, alors que ses coudes restent verrouillés en extension, de maintenir l'attaquant éloigné tout en accentuant son déséquilibre, le défenseur tentera alors de maintenir sa pression le temps de «lire» le jeu avant de se dégager pour aller «attaquer» le porteur du ballon.
Contre un blocage «bas», sous la ceinture, le défenseur utilisera aussi très souvent un «hand shiver»: la frappe s'effectuera, en fléchissant les jambes, sur le sommet des épaules, voire le dos, du bloqueur, et la poussée sera exercée en direction du sol. Si l'attaquant plonge en perte d'équilibre en réalisant son blocage, le défenseur pourra accentuer l'efficacité de son «hand shiver» par une esquive du corps, et plaquer le bloqueur au sol.

FRAPPE DE L'AVANT BRAS («FOREARM SHIVER»)
Parfois appelé «forearm lift», ce qui traduit l'idée de «remonter» le bloqueur.
Description pour une frappe de l'avant-bras gauche: le défenseur, dés l'amorce du blocage, avance le pied gauche vers l'attaquant, puis ramène son pied droit sensiblement à la hauteur du gauche, en le portant légèrement sur l'extérieur gauche du bloqueur. Ce faisant, il frappe ce dernier à la hauteur de son numéro, de bas en haut, à l'aide de son avant-bras gauche maintenu parallèle au sol; il obtient ainsi un déséquilibre du bloqueur, exercé vers l'arrière et la droite de celui-ci; il peut alors accentuer d'une façon spectaculaire ce déséquilibre, en appliquant à l'aide de sa main droite une violente poussée, par l'intermédiaire de l'épaulière de l'attaquant qu'il utilise comme un levier, vers le haut et la droite de ce dernier.

LES SAISIES
Le règlement offre aux joueurs défensifs le droit de saisir passagèrement (voir dossier: Les règles) les bloqueurs proches du porteur de balle: donc, en enchaînement avec l'une des techniques précédentes, alors que le bloqueur a été maintenu éloigné et a été déséquilibré, il est très efficace pour le défenseur d'utiliser une saisie de son maillot ou de son épaulière pour exercer, immédiatement et rapidement, une violente poussée ou une puissante traction qui accentue ce déséquilibre, et permet de se débarrasser de lui définitivement («the shed»), parfois même en le projetant au sol. Si le déséquilibre initial du bloqueur est inexistant, le défenseur pourra le déclencher, à la manière d'un judoka, en «faisant réagir» son adversaire. Grâce à la prise ferme que lui procure cette fameuse saisie, il va, par exemple, tirer ce dernier sèchement vers sa droite. Celui-ci réagira en résistant alors vers sa gauche, et le défenseur, accompagnant immédiatement cette réaction, l'accentuera par une vive traction, en sens opposé de la première, lui permettant de se débarrasser de lui; il est évident que le même «travail» peut s'effectuer sur un axe antéropostérieur ou oblique, en mettant alors en jeu des «actions - réactions» de «pousser - tirer».
Il existe d'autres techniques (blocages d'avant-bras simples ou doubles, exercés dans différentes directions...) et surtout de nombreuses combinaisons de ces techniques avec les gestes «de base», que nous venons de présenter. En fonction de sa morphologie et de son style, des différents types d'adversaires rencontrés, des différentes situations de jeu auxquelles il sera confronté, chaque défenseur devra créer son propre arsenal d'enchaînements comme tout «combattant» qui veut pouvoir surprendre son vis-à-vis. A partir des fondamentaux assimilés à l'entraînement, il ne pourra élaborer un système d'évitements de blocages, personnel et efficace, que par la longue expérience des rencontres, seules situations réelles d'opposition.

LE MARQUAGE DES RECEVEURS (COUVERTURE DE PASSE)
Que le choix tactique de la défense soit celui d'une défense «de zone» ou celui d'une défense «individuelle» («man-to-man») :(voir dossier : Tactique, paragraphe «Défense»), le marquage proprement dit des receveurs a pour but d'enrayer les attaques aériennes; il est le fait des linebackers et surtout des arrières défensifs («cornerbacks» et «safeties»).
L'objectif que vise, le plus souvent, le défenseur, est d'intervenir sur la trajectoire du ballon, pour rabattre ce dernier vers le sol en 1e «smashant» avant que l'attaquant ait pu le capter. S'il n'a pu empêcher le receveur de «compléter» la passe, le défenseur se doit, au moins, de lui barrer la route de l'essai en le plaquant, avec la préoccupation, en outre, de lui arracher le ballon (voir paragraphe «Plaquages»). Dans le cas, et dans le cas seulement, où le défenseur peut agir en toute sécurité, c'est-à-dire lors il ne risque pas dé se faire «lober» par le ballon et voir l'attaquant filer librement au «touchdown» après sa réception, il tentera l'interception. Cette brillante action dont sont friands tous les défenseurs (parfois jusqu'à l'excès), leur fait non seulement regagner la possession du ballon, mais encore leur offre, face à un adversaire médusé par son échec, l'occasion de spectaculaires contre-attaques, poussées parfois jusque dans l'en-but adverse. L'interception est rendue possible principalement par une double couverture du
receveur, un des 2 défenseurs se place, en sécurité, entre l'attaquant et la ligne de but, ce qui permet à son partenaire de concentrer son attention sur le ballon; elle est favorisée aussi, bien sûr, par des erreurs de l'unité offensive adverse: soit une «mauvaise» passe du QB (souvent provoquée par la «pression» exercée par la «ligne» défensive, alors réelle responsable de l'interception) qui met la balle hors de portée du receveur respectant son tracé, soit, au contraire, un «tracé» erroné du receveur l'éloignant de l'endroit où l'attend le QB qui a, en anticipant le «tracé» prévu, déjà déclenché son geste.
Lors du déclenchement de l'action offensive (au «snap»), chaque arrière défensif doit, sauf consigne exceptionnelle donnée pendant le «huddle», se comporter comme s'il allait avoir à contrer un jeu de passe, c'est-à-dire se déplacer dans les mêmes direction et sens que le receveur potentiel dont il a la charge, en s'efforçant à la fois de rester entre ce dernier et sa propre ligne de but et de surveiller le QB et le ballon, s'efforçant même, les premières foulées accomplies, de rester précisément sur l'axe défini par la position du ballon et celle du receveur. Il utilise, dans ce premier déplacement, la course à reculons («back-pedal»), cette technique, d'un apprentissage long et difficile, est en effet la seule qui lui offre un champ de vision efficace. Si le comportement de l'attaque confirme le développement d'un jeu aérien, et dès que le receveur s'approche à moins de 3 ou 4 yards de lui, le défenseur prend un style de course «normal», tout en continuant à rester en «opposition» entre ses buts et l'attaquant. En portant une attention particulière aux hanches du receveur, partie du corps susceptible de fournir les meilleurs renseignements sur les changements de direction de ce dernier, le défenseur effectuera dès lors un marquage serré, jusqu'à ce que l'attitude de l'attaquant lui indique que la réception est imminente et qu'il convient d'intervenir sur la trajectoire du ballon (voir plus haut). Le défenseur choisit parfois de pratiquer sur le receveur, lors du début de sa «course» et avant que la balle soit lancée, un blocage sec et passager («bump»), qui a pour but d'obliger celui-ci à modifier le rythme et les coordonnées de son «tracé», ce qui peut perturber considérablement la connexion QB - receveur.

LE JEU AU PIED
Le coup de pied d'engagement («kick-off»): l'objectif du botteur, lors d'un «kick-off» classique, est de propulser la balle, non seulement loin, mais haut, afin qu'elle reste le plus longtemps possible en l'air: il faut donner le temps aux partenaires du botteur de se rendre à proximité du point de chute de la balle, et leur permettre d'intervenir rapidement pour tenter d'enrayer la contre-attaque (ou «retour ») adverse. La balle est généralement posée par la pointe sur un support à trois branches et trois pieds («tee»), son grand axe perpendiculaire au sol, ou légèrement incliné vers le botteur: celui-ci la frappe, après une course d'élan de 5 ou 6 yards, soit dans le style rugby (course d'élan rectiligne, frappe de la pointe du pied), soit dans le style «soccer » (course d'élan curviligne, frappe du «coup de pied» en fauchage, pied en extension forcée), dans les deux cas, il accompagne loin et haut le ballon, ce n'est que face à un vent violent, qu'il cherchera une trajectoire assez basse et tendue. Le botteur s'efforce toujours de ne pas faire sortir le ballon du terrain: ses cibles de prédilection sont les deux «devil boxes» («boîtes du Diable»).

Le coup de pied de dégagement («punt»): de même que lors du «kick-of », et pour la même raison, le «punter» recherchera une trajectoire longue et haute.
Positionné à environ 12 yards derrière ses OLM, le «punter» reçoit (en principe à la hauteur de sa ceinture) la balle des mains du centre, par le truchement d'un «shotgun» puissant; il réceptionne le ballon à deux mains, puis le positionne devant sa jambe droite, les bras dans un plan parallèle au sol; le grand axe de la balle est sensiblement parallèle à celui du pied droit, la pointe avant étant en fait légèrement inclinée vers le sol et tournée à l'intérieur; orientant ses appuis en fonction de la direction du point de chute souhaité, il prend 2 ou 3 pas d'élan, écarte les bras pour lâcher alors la balle, simultanément des deux mains, et la frapper, pied en extension, grâce à un «fouetté» du genou, très très légèrement à gauche de son grand axe, pour lui communiquer une rotation favorable à sa progression aérienne. La hauteur de la trajectoire sera déterminée par la distance du sol à laquelle il frappera le ballon, et par l'amplitude de l'accompagnement final du geste: vent «dans le dos», il recherchera une trajectoire très montante, vent «de face», il bottera presque «à plat».

Le coup de pied au but (coup de pied «à 3 points», «field-goal» transformation, «try for point»): ce type de coup de pied est considéré comme réussi si la balle est propulsée au-dessus de la barre transversale des poteaux de but, et entre les poteaux latéraux ou leur prolongement. Il est principalement le résultat de l'action conjuguée de 3 joueurs: le centre, qui adresse un «shotgun» ultrarapide à un joueur agenouillé à 7 yards derrière lui; ce joueur «placeur» de balle, qui la reçoit donc du centre, et la positionne vivement sur le sol; le botteur, enfin, qui donne le coup de pied proprement dit. Quand on sait que les trois compères disposent de moins de 2 secondes pour réaliser leur triple action, et à condition encore que leurs partenaires bloquent «bien» les défenseurs qui tentent d'intervenir, on peut mesurer à quel point la coordination de chacune des interventions avec les deux autres doit être «rodée», parfaitement.
Pour un botteur droitier: le centre envoie une balle tendue et précise à la hauteur de la poitrine du placeur qui lui présente la main droite ouverte comme cible; à ce moment, en appui sur son genou gauche et son pied droit (la jambe droite est donc fléchie, le genou «ouvert» pointant vers la ligne de scrimmage), le placeur indique, du bout des doigts de la main gauche, au botteur, l'endroit exact où il compte placer le ballon (souvent sur un petit bloc de caoutchouc dur qui sert à surélever celui-ci de quelques centimètres). Dès que la balle lui parvient, il la réceptionne à deux mains, sans se relever, et la place au sol (ou sur le petit support), son grand axe perpendiculaire au sol ou légèrement incliné vers le botteur, en ayant soin de disposer le lacet vers l'avant; il ne la maintient plus, dès lors, que par une légère pression du majeur de la main droite qu'il est venu appliquer contre sa pointe supérieure. Le botteur, qui s'est élancé dès le premier contact du placeur avec le ballon, par une course de 3 ou 4 foulées, frappe alors celui-ci (style «soccer » ou rugby), en accompagnant longtemps son geste vers le haut.

© LE FOOTBALL AMERICAIN de Laurent Plegelatte

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