L'entraînement
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L'entraînement
L'ENTRAÎNEMENT
LA PRÉPARATION
L'entraînement d'une équipe de football américain comprend trois dimensions principales: la préparation physique, la préparation technique, la préparation tactique; la dimension stratégique est essentiellement gérée par les entraîneurs. Quant à la préparation psychologique, traitée différemment selon les équipes, elle s'insère, en fait, dans les trois citées plus haut. Le contenu et le dosage des trois types de préparation évoluent, bien sûr, avec le déroulement de la pré saison puis de la saison proprement dite, et la richesse et la complexité de l'activité rendent impensable une pratique de bon niveau, sans un entraînement quasi quotidien.
Outre-atlantique, les bonnes équipes ont coutume de préparer la saison par un mois de «camp d'entraînement», qui réunit l'équipe pour une pratique quotidienne pouvant dépasser les 8 heures («tableau noir» compris), en Europe, on compense souvent une moins grande densité de pratique par l'étalement de la pré saison sur deux ou trois mois.
La reprise de la saison sera axée, bien sûr, sur la remise en forme (le retour au «poids de forme» étant un des objectifs non négligeables du travail de condition physique), puis seront intégrés progressivement aux entraînements les exercices techniques, des plus basiques aux plus complexes et les apprentissages tactiques.
LA PRÉPARATION PHYSIQUE
Étant donné la diversité des performances athlétiques demandée aux différents membres de l'équipe, selon la position qu'ils occupent sur le terrain, la préparation physique générale, commune à tous les joueurs, sera toujours complétée par une préparation spécifique par postes.
La condition physique générale doit répondre aux exigences d'un effort assez bref et très intense, mais répété de nombreuses fois sur une durée de plus de 3 h, le travail foncier de «reprise» de la saison doit donc être polymorphe, aérobique et anaérobique (en endurance, puis en résistance et en vitesse, pour reprendre une ancienne terminologie): à base de courses lentes de 45 minutes, lors des premières séances, il intégrera progressivement des courses de moyenne intensité sur 400 m (3, puis 4, 5, 6 répétitions, entrecoupées de 1 minute de récupération marchée), puis des sprints à intensité maximale sur 20 à 40 mètres (de 8 à 15 répétitions).
Une progression de résultats doit être constatée à l'occasion de prises de performance de contrôle, pouvant intervenir tous les 15 jours, sur 12 minutes (test de Cooper), 400 mètres et 40 yards (36 m). La condition physique générale dont dépendra non seulement l'efficacité des déplacements, mais aussi la résistance aux durs contacts, fera aussi appel à un travail complémentaire de musculation et d'assouplissement, concernant, pour tous les joueurs, l'ensemble des groupes musculaires et des articulations, avec un effort particulier porté sur les membres inférieurs et la colonne cervicale (contrairement à une idée reçue, on reconnaît souvent, outre-Atlantique, un footballeur, beaucoup plus à la puissance de la musculature de ses «jambes» et de son cou qu'à sa largeur d'épaule).
La préparation physique spécifique insistera principalement, par postes, sur les points suivants:
Pour les «linemen»:
- travail de vitesse sur des distances courtes (15-20 yards) ; travail des démarrages, travail de détente;
- effort particulier de renforcement musculaire (accompagné de gain pondéral): ce travail de musculation, complet, réalisé en «puissance» (les charges peuvent être lourdes mais les mouvements doivent rester dynamiques), insistera particulièrement sur la sangle abdominale, les muscles lombaires, et plus que pour les autres postes, sur le renforcement de la ceinture scapulaire et des membres supérieurs (blocages).
Pour les «linebackers»:
- travail de musculation comparable à celui des «linemen», en insistant particulièrement sur l'aspect dynamique de l'effort, avec une attention portée spécialement au renforcement des avant-bras et des poignets («hand-shiver», évitements des blocages)
- important travail de vitesse sur des distances de 20 à 50 yards.
Pour les receveurs et tous les joueurs des champs arrière, offensifs aussi bien que défensifs:
- la musculation générale reste une dimension importante du travail, et l'on insiste sur le renforcement du «train porteur» (membres inférieurs, bassin, abdominaux), à ce propos, la musculation avec barres et appareils sera heureusement complétée par des exercices intégrant à des déplacements dynamiques des bonds de différentes natures («multi sauts» avec bancs ou obstacles bas divers, sauts à «cloche-pied» ou pieds joints dans du sable...).
- la course reste le travail de base, néanmoins: l'objectif, au fur et à mesure de l'approche de la saison, sera de développer la plus grande vitesse de pointe possible, et surtout d'améliorer au maximum le déclenchement, de la mise en action et l'accélération initiale (le football américain est plus un sport d'accélération que de vitesse pure). Pour atteindre ces buts les joueurs réaliseront, outre un travail de sprint sur des distances classiques, de 40 à 100 yards, un travail de démarrages sur des distances courtes (10-15 yards) et des exercices visant à réduire au minimum leur «temps de réaction» (réponses gestuelles variées, et les plus explosives possible, à différents signaux auditifs et visuels...).
Re: L'entraînement
LA PRÉPARATION TECHNIQUE
La préparation technique générale: tout joueur de football américain, quel que soit son poste, peut être amené non seulement à courir, avec ou sans le ballon, mais aussi à bloquer et à plaquer (lors d'une interception de passe avant, par exemple, les défenseurs devront bloquer, et les attaquants, plaquer): le travail des techniques de base de la course, du blocage et du plaquage, constituera donc, dès que la remise en forme de l'équipe permettra de les pratiquer en sécurité, le contenu, commun à tous les joueurs, des premiers entraînements footballistiques proprement dits.
Courir: la course est assez particulière en football américain: le joueur, lancé à pleine vitesse, peut être amené à stopper net, changer radicalement de direction, sauter, contourner un obstacle, et tout cela en -restant stable malgré les charges nombreuses, variées, et violentes qu'il doit subir. La solidité mais aussi l'agilité de ses appuis au sol seront des armes qu'il faudra sans cesse se renforcer par des exercices de déplacements très diversifiés: courses en slalom au travers, de différents obstacles, en veillant à rester stable (centre de gravité bas), courses à reculons, courses latérales en pas croisés, courses en puissance en recevant des chocs (à travers les «fameuses portes de saloon» utilisées aussi par les rugbymen). Un des grands classiques de cette catégorie d'exercices est une course à fréquence d'appuis élevée, ces appuis étant posés à l'intérieur de pneus d'automobiles rangés (au nombre de 40 à 60) sur le sol.
Bloquer: tous les joueurs travailleront les blocages individuels de base («drive blocks», «shoulder blocks», «roll blocks»), sur des cibles statiques, sacs de frappe posés au sol, et sur des cibles en mouvement, coussins de frappe portés par des partenaires.
Plaquer: les joueurs travailleront les deux plaquages de base, le plaquage de face et le plaquage latéral avec poursuite, sur des partenaires portant la balle à tour de rôle; le plaquage de face se pratiquera avec un peu d'élan (5 ou 6 yards), le plaquage latéral pourra être réalisé au terme d'une poursuite plus ou moins longue (de 10 à 25 yards).
La préparation technique spécifique: les joueurs répartis en groupes, selon leur position sur le terrain, pratiqueront, à l'approche de la saison, des exercices spécifiques («drills») visant non seulement à les améliorer techniquement en fonction de leurs tâches respectives, mais aussi, par la cadence et l'intensité élevées du travail demandé, à parfaire leur condition physique et forger la détermination, la combativité dont ils auront besoin au cours des parties.
Les «linemen» offensifs pratiqueront les nombreuses formes de blocages individuels qui doivent constituer leur arsenal technique, aussi bien sur des cibles fixes qu'ils chargeront à partir d'une position de «ligne» rapprochée, que sur des cibles en mouvement qu'ils chargeront après des courses de «décrochage»; ils coordonneront leurs déplacements respectifs par la réalisation répétée, de plus en plus rapide, des différentes formes de blocages collectifs («cross blocks», «fold blocks», «trap blocks»…).
Les linemen défensifs répartiront leur temps de travail technique, entre la pratique des «évitements de blocages» et des différentes techniques (pivots, feintes, déséquilibres.), leur permettant de traverser la ligne offensive, et la pratique du plaquage de près.
Les «linebackers» auront un travail technique très diversifié à accomplir: la base de leur pratique sera constituée d'exercices de plaquages, qu'ils doivent être à même de réaliser sous toutes les formes possibles après toutes les approches possibles, et d'exercices de ruptures et d'évitements de blocages, qui doivent leur permettre de maîtriser des adversaires puissants et «lancés», en outre, ils doivent travailler la couverture de passe, et, en général, la défense antiaérienne. Les RB insisteront sur les exercices de déplacements variés, balle en main, incluant des chocs, des contacts divers, dans le but, non seulement d'améliorer l'efficacité de leurs accélérations, et leur stabilité, mais aussi la sécurité de leur contrôle du ballon; ils travailleront les différentes techniques anti-plaquage (raffûts, percussions, crochets, pivots"…). En outre, il leur faudra pratiquer les différents modes de transmission du ballon, «main à main», réception de «pitch», réception de passes avant. Une part importante de leur entraînement spécifique, enfin, doit être consacrée à la pratique des blocages en' déplacement (dont les «roll blocks» sont une dimension essentielle) et à l'amélioration de l'utilisation de ceux-ci par les porteurs de balle (exercices de «lecture» de blocages).
Les receveurs: l'essentiel de leur effort portera, bien sûr, sur la pratique des réceptions de ballon: ils pratiqueront ces réceptions immobiles, mais aussi surtout en déplacement, selon les contraintes imposées par les différents «tracés», ils «recevront» donc, courant à pleine vitesse et le regard fixé sur le lanceur, eux-mêmes de face, de dos, de profil, des balles tendues et des balles lobées, ils travailleront sur des balles «mal lancées» (trop hautes, basses, courtes...), ils répéteront inlassablement leurs «tracés» pour automatiser principalement les différentes profondeurs auxquelles doivent être réalisés les changements de direction. Enfin, ils pratiqueront des «drills» destinés à renforcer leur capacité à se concentrer sur la balle, leur capacité à «fermer leurs oreilles» à tout ce qui n'est pas la réception du ballon, et, en particulier, à la menace des défenseurs: réceptions suivies obligatoirement d'une percussion, réceptions précédées de peu par un contact conséquent, réceptions à réaliser au milieu d'une «meute» de joueurs...
Les arrières défensifs: outre les «évitements de blocages» lancés (et en particulier des blocages bas), ils travailleront beaucoup le plaquage, et surtout le plaquage précédé d'une poursuite. Mais la part délicate de leur pratique restera le travail de couverture de passe, travail des déplacements et des «habiletés» d'appuis leur permettant de marquer efficacement «leur» receveur, travail d'adresse sur le ballon leur permettant de l'intercepter, ou au moins de le détourner des mains du receveur, travail spécifique de percussions et de saisies sur le receveur pour lui faire lâcher la balle qu'il est en train ou qu'il vient de capter.
Le QB: il pratiquera énormément les différentes formes de transmission de ballon, avec les différents joueurs impliqués dans ces transmissions: avec le centre, le QB travaillera les échanges par «snap» classique, et par «shotgun», avec les RB, il travaillera les remises «main à main» et les remises par passes arrière ou latérales («pitch»), ainsi que les feintes émaillant ces remises afin d'obtenir toujours plus de précision, mais surtout de vitesse, dans leur exécution. Le travail essentiel du QB, sur le plan technique, n'en reste pas moins celui visant à améliorer les qualités de «sa passe avant», qualités de précision, de puissance, et de vitesse de déclenchement: il pratiquera le lancer de précision sur cible immobile puis mouvante, lui-même étant immobile puis en mouvement («roll out»...), il pratiquera des séries de longs jets, en direction d'une cible de plus en plus éloignée, pour améliorer sa puissance; il travaillera ses déplacements préparatoires au lancer, et lancera en réaction à des signaux visuels pour améliorer sa vitesse de déclenchement; il pratiquera, en outre, des «drills» particuliers pour améliorer son «toucher» de balle (passes lobées en souplesse au ras d'un obstacle élevé...), ainsi que pour renforcer sa lucidité et son efficacité dans les situations difficiles: passe après une percussion, passe en déséquilibre, passe en fuyant un défenseur, en reculant...
Les centres, botteurs et retourneurs des unités spéciales: chacun de ces hyper spécialistes travaillera, en corrélation avec ses partenaires immédiats, ses techniques particulières: le centre concerné répétera de longues séries de «shotgun» adressées au «placeur» à genoux, en vue de préparer de bonnes balles au botteur de «field-goal», puis celui-ci les rejoindra, après avoir travaillé individuellement ses coups de pied, pour mettre au point le double «timing» avec eux; ainsi les botteurs du «punt» et du «kick-off» travailleront leur puissance et leur précision, face aux retourneurs, qui, eux, pratiqueront les réceptions pour renforcer leur sûreté...
La suite logique de ce travail technique par groupes isolés tendra à mettre en application les acquis techniques précédemment réalisés, et à enrichir les situations de travail en opposant spécifiquement certains groupes d'attaquants à, certains groupes de défenseurs: le groupe des «linemen» offensifs, par exemple, sera utilement opposé à celui des «linemen» défensifs dans des exercices collectifs de «protection de passeur», le groupe des RB, efficacement opposé à celui des «linebackers », dans des exercices tendant à améliorer l'efficacité des blocages, des lectures de blocages, et des courses des premiers, et celle des évitements de blocages et des plaquages des seconds, les receveurs, enfin, opposés aux arrières défensifs, éprouveront, au feu de la couverture de passe de ces derniers, le réalisme de leurs tracés et la sûreté de leurs réceptions, ainsi que la qualité de leur connivence avec le QB.
LA PRÉPARATION TACTIQUE
La préparation tactique se résume, en fait, à l'apprentissage du «cahier de jeux», pendant la période qui précède juste la saison; quand les matches commencent, ce «cahier de jeux» révèle, au contact de la réalité, ses forces et ses faiblesses, ses lacunes aussi, et l'analyse des unes et des autres, ainsi que les caractéristiques de jeu que dévoilent les adversaires que l'on s'apprête à rencontrer, vont amener les entraîneurs à apporter des modifications et ajouter des compléments à la «bible tactique», modifications et compléments que les joueurs auront à assimiler au fur et à mesure du déroulement de la saison.
L'apprentissage du «cahier de jeux» va se faire escouade par escouade (les attaquants, les défenseurs, les unités spéciales, travaillant par groupes séparés, avant de se réunir pour conjuguer leurs efforts).
Dans un premier temps, l'escouade concernée se réunit avec son entraîneur pour un «tableau noir» où est décrit et dessiné le «jeu» du jour, où sont soulignées les responsabilités clefs, les difficultés d'exécution, où sont évoquées les différentes adaptations possibles à différents comportements de l'opposition, où sont annoncées les appellations du jeu et de ses variantes par les différents systèmes de code. Dans un deuxième temps, les joueurs passent sur leur terrain et, au ralenti, apprennent les déplacements et les tâches à coordonner, comme des danseurs découvrant une chorégraphie, ou des parachutistes préparant, au sol, une figure de «vol relatif», quand, par exemple pour un jeu offensif, l'emplacement et le type des transmissions de balle sont connus, ainsi que la nature des feintes, et les cibles et les directions des blocages (on figure, au départ, le positionnement des adversaires par des repères au sol, des mannequins, etc.), on accélère la circulation des joueurs et la réalisation globale du jeu jusqu'à obtenir une exécution à vitesse maximale, sans opposition. Il reste alors à effectuer le troisième temps de l'apprentissage, en exécutant le jeu en situation d'opposition, d'abord raisonnée, puis, au fur et à mesure du rodage de la «tactique», face à une opposition de plus en plus sincère. Le peaufinage des jeux, enfin, ne sera réalisé qu'en situation d'opposition réelle, lors des «scrimmages» ou des matches d'entraînement de pré saison.
La préparation technique générale: tout joueur de football américain, quel que soit son poste, peut être amené non seulement à courir, avec ou sans le ballon, mais aussi à bloquer et à plaquer (lors d'une interception de passe avant, par exemple, les défenseurs devront bloquer, et les attaquants, plaquer): le travail des techniques de base de la course, du blocage et du plaquage, constituera donc, dès que la remise en forme de l'équipe permettra de les pratiquer en sécurité, le contenu, commun à tous les joueurs, des premiers entraînements footballistiques proprement dits.
Courir: la course est assez particulière en football américain: le joueur, lancé à pleine vitesse, peut être amené à stopper net, changer radicalement de direction, sauter, contourner un obstacle, et tout cela en -restant stable malgré les charges nombreuses, variées, et violentes qu'il doit subir. La solidité mais aussi l'agilité de ses appuis au sol seront des armes qu'il faudra sans cesse se renforcer par des exercices de déplacements très diversifiés: courses en slalom au travers, de différents obstacles, en veillant à rester stable (centre de gravité bas), courses à reculons, courses latérales en pas croisés, courses en puissance en recevant des chocs (à travers les «fameuses portes de saloon» utilisées aussi par les rugbymen). Un des grands classiques de cette catégorie d'exercices est une course à fréquence d'appuis élevée, ces appuis étant posés à l'intérieur de pneus d'automobiles rangés (au nombre de 40 à 60) sur le sol.
Bloquer: tous les joueurs travailleront les blocages individuels de base («drive blocks», «shoulder blocks», «roll blocks»), sur des cibles statiques, sacs de frappe posés au sol, et sur des cibles en mouvement, coussins de frappe portés par des partenaires.
Plaquer: les joueurs travailleront les deux plaquages de base, le plaquage de face et le plaquage latéral avec poursuite, sur des partenaires portant la balle à tour de rôle; le plaquage de face se pratiquera avec un peu d'élan (5 ou 6 yards), le plaquage latéral pourra être réalisé au terme d'une poursuite plus ou moins longue (de 10 à 25 yards).
La préparation technique spécifique: les joueurs répartis en groupes, selon leur position sur le terrain, pratiqueront, à l'approche de la saison, des exercices spécifiques («drills») visant non seulement à les améliorer techniquement en fonction de leurs tâches respectives, mais aussi, par la cadence et l'intensité élevées du travail demandé, à parfaire leur condition physique et forger la détermination, la combativité dont ils auront besoin au cours des parties.
Les «linemen» offensifs pratiqueront les nombreuses formes de blocages individuels qui doivent constituer leur arsenal technique, aussi bien sur des cibles fixes qu'ils chargeront à partir d'une position de «ligne» rapprochée, que sur des cibles en mouvement qu'ils chargeront après des courses de «décrochage»; ils coordonneront leurs déplacements respectifs par la réalisation répétée, de plus en plus rapide, des différentes formes de blocages collectifs («cross blocks», «fold blocks», «trap blocks»…).
Les linemen défensifs répartiront leur temps de travail technique, entre la pratique des «évitements de blocages» et des différentes techniques (pivots, feintes, déséquilibres.), leur permettant de traverser la ligne offensive, et la pratique du plaquage de près.
Les «linebackers» auront un travail technique très diversifié à accomplir: la base de leur pratique sera constituée d'exercices de plaquages, qu'ils doivent être à même de réaliser sous toutes les formes possibles après toutes les approches possibles, et d'exercices de ruptures et d'évitements de blocages, qui doivent leur permettre de maîtriser des adversaires puissants et «lancés», en outre, ils doivent travailler la couverture de passe, et, en général, la défense antiaérienne. Les RB insisteront sur les exercices de déplacements variés, balle en main, incluant des chocs, des contacts divers, dans le but, non seulement d'améliorer l'efficacité de leurs accélérations, et leur stabilité, mais aussi la sécurité de leur contrôle du ballon; ils travailleront les différentes techniques anti-plaquage (raffûts, percussions, crochets, pivots"…). En outre, il leur faudra pratiquer les différents modes de transmission du ballon, «main à main», réception de «pitch», réception de passes avant. Une part importante de leur entraînement spécifique, enfin, doit être consacrée à la pratique des blocages en' déplacement (dont les «roll blocks» sont une dimension essentielle) et à l'amélioration de l'utilisation de ceux-ci par les porteurs de balle (exercices de «lecture» de blocages).
Les receveurs: l'essentiel de leur effort portera, bien sûr, sur la pratique des réceptions de ballon: ils pratiqueront ces réceptions immobiles, mais aussi surtout en déplacement, selon les contraintes imposées par les différents «tracés», ils «recevront» donc, courant à pleine vitesse et le regard fixé sur le lanceur, eux-mêmes de face, de dos, de profil, des balles tendues et des balles lobées, ils travailleront sur des balles «mal lancées» (trop hautes, basses, courtes...), ils répéteront inlassablement leurs «tracés» pour automatiser principalement les différentes profondeurs auxquelles doivent être réalisés les changements de direction. Enfin, ils pratiqueront des «drills» destinés à renforcer leur capacité à se concentrer sur la balle, leur capacité à «fermer leurs oreilles» à tout ce qui n'est pas la réception du ballon, et, en particulier, à la menace des défenseurs: réceptions suivies obligatoirement d'une percussion, réceptions précédées de peu par un contact conséquent, réceptions à réaliser au milieu d'une «meute» de joueurs...
Les arrières défensifs: outre les «évitements de blocages» lancés (et en particulier des blocages bas), ils travailleront beaucoup le plaquage, et surtout le plaquage précédé d'une poursuite. Mais la part délicate de leur pratique restera le travail de couverture de passe, travail des déplacements et des «habiletés» d'appuis leur permettant de marquer efficacement «leur» receveur, travail d'adresse sur le ballon leur permettant de l'intercepter, ou au moins de le détourner des mains du receveur, travail spécifique de percussions et de saisies sur le receveur pour lui faire lâcher la balle qu'il est en train ou qu'il vient de capter.
Le QB: il pratiquera énormément les différentes formes de transmission de ballon, avec les différents joueurs impliqués dans ces transmissions: avec le centre, le QB travaillera les échanges par «snap» classique, et par «shotgun», avec les RB, il travaillera les remises «main à main» et les remises par passes arrière ou latérales («pitch»), ainsi que les feintes émaillant ces remises afin d'obtenir toujours plus de précision, mais surtout de vitesse, dans leur exécution. Le travail essentiel du QB, sur le plan technique, n'en reste pas moins celui visant à améliorer les qualités de «sa passe avant», qualités de précision, de puissance, et de vitesse de déclenchement: il pratiquera le lancer de précision sur cible immobile puis mouvante, lui-même étant immobile puis en mouvement («roll out»...), il pratiquera des séries de longs jets, en direction d'une cible de plus en plus éloignée, pour améliorer sa puissance; il travaillera ses déplacements préparatoires au lancer, et lancera en réaction à des signaux visuels pour améliorer sa vitesse de déclenchement; il pratiquera, en outre, des «drills» particuliers pour améliorer son «toucher» de balle (passes lobées en souplesse au ras d'un obstacle élevé...), ainsi que pour renforcer sa lucidité et son efficacité dans les situations difficiles: passe après une percussion, passe en déséquilibre, passe en fuyant un défenseur, en reculant...
Les centres, botteurs et retourneurs des unités spéciales: chacun de ces hyper spécialistes travaillera, en corrélation avec ses partenaires immédiats, ses techniques particulières: le centre concerné répétera de longues séries de «shotgun» adressées au «placeur» à genoux, en vue de préparer de bonnes balles au botteur de «field-goal», puis celui-ci les rejoindra, après avoir travaillé individuellement ses coups de pied, pour mettre au point le double «timing» avec eux; ainsi les botteurs du «punt» et du «kick-off» travailleront leur puissance et leur précision, face aux retourneurs, qui, eux, pratiqueront les réceptions pour renforcer leur sûreté...
La suite logique de ce travail technique par groupes isolés tendra à mettre en application les acquis techniques précédemment réalisés, et à enrichir les situations de travail en opposant spécifiquement certains groupes d'attaquants à, certains groupes de défenseurs: le groupe des «linemen» offensifs, par exemple, sera utilement opposé à celui des «linemen» défensifs dans des exercices collectifs de «protection de passeur», le groupe des RB, efficacement opposé à celui des «linebackers », dans des exercices tendant à améliorer l'efficacité des blocages, des lectures de blocages, et des courses des premiers, et celle des évitements de blocages et des plaquages des seconds, les receveurs, enfin, opposés aux arrières défensifs, éprouveront, au feu de la couverture de passe de ces derniers, le réalisme de leurs tracés et la sûreté de leurs réceptions, ainsi que la qualité de leur connivence avec le QB.
LA PRÉPARATION TACTIQUE
La préparation tactique se résume, en fait, à l'apprentissage du «cahier de jeux», pendant la période qui précède juste la saison; quand les matches commencent, ce «cahier de jeux» révèle, au contact de la réalité, ses forces et ses faiblesses, ses lacunes aussi, et l'analyse des unes et des autres, ainsi que les caractéristiques de jeu que dévoilent les adversaires que l'on s'apprête à rencontrer, vont amener les entraîneurs à apporter des modifications et ajouter des compléments à la «bible tactique», modifications et compléments que les joueurs auront à assimiler au fur et à mesure du déroulement de la saison.
L'apprentissage du «cahier de jeux» va se faire escouade par escouade (les attaquants, les défenseurs, les unités spéciales, travaillant par groupes séparés, avant de se réunir pour conjuguer leurs efforts).
Dans un premier temps, l'escouade concernée se réunit avec son entraîneur pour un «tableau noir» où est décrit et dessiné le «jeu» du jour, où sont soulignées les responsabilités clefs, les difficultés d'exécution, où sont évoquées les différentes adaptations possibles à différents comportements de l'opposition, où sont annoncées les appellations du jeu et de ses variantes par les différents systèmes de code. Dans un deuxième temps, les joueurs passent sur leur terrain et, au ralenti, apprennent les déplacements et les tâches à coordonner, comme des danseurs découvrant une chorégraphie, ou des parachutistes préparant, au sol, une figure de «vol relatif», quand, par exemple pour un jeu offensif, l'emplacement et le type des transmissions de balle sont connus, ainsi que la nature des feintes, et les cibles et les directions des blocages (on figure, au départ, le positionnement des adversaires par des repères au sol, des mannequins, etc.), on accélère la circulation des joueurs et la réalisation globale du jeu jusqu'à obtenir une exécution à vitesse maximale, sans opposition. Il reste alors à effectuer le troisième temps de l'apprentissage, en exécutant le jeu en situation d'opposition, d'abord raisonnée, puis, au fur et à mesure du rodage de la «tactique», face à une opposition de plus en plus sincère. Le peaufinage des jeux, enfin, ne sera réalisé qu'en situation d'opposition réelle, lors des «scrimmages» ou des matches d'entraînement de pré saison.
Re: L'entraînement
UNE SÉANCE TYPE D'ENTRAÎNEMENT
(Situons-la, dans le cadre de la préparation d'une équipe universitaire, à une quinzaine de jours du premier match de pré saison. On considère que la condition physique est au meilleur niveau, et qu'un «scrimmage» attaque défense [exercice d'opposition globale à thème] est programmé pour le lendemain.)
Échauffement: 35 minutes
- 5 minutes de course très lente
- 15 minutes d'étirements
- 10 minutes de courses et de déplacements variés en intensité progressive, sur des trajets courts (de 15 à 30 yards)
- 5 minutes de contacts variés d'intensité moyenne
Entretien de la condition physique, lié à un travail, commun à tous les joueurs, d'agilité des appuis et de préparation au contact: 25 minutes.
- série de sprints sur 20 yards à récupération courte (8 à 10 répétitions) ;
- parcours de 30 yards à déplacements variés (course à reculons, course latérale, quadrupédie...), à intensité maximale (3 fois)
- passages «dans les pneus» (4 fois) ;
- «portes de saloon», etc.
Exercices techniques par groupes («drills»): 50 minutes
- groupes séparés: 25 minutes
- groupes en opposition (OLM contre DLM, RB contre LB, receveurs contre DB): 25 minutes
Travail des unités spéciales: 20 minutes. Par exemple:
- mise en place des responsabilités des joueurs du retour de «kick-off», sans opposition (un seul joueur, face à la formation de retour, pour donner les coups de pied): 10 minutes
- application du travail précédent contre une opposition raisonnée: 10 minutes
Travail tactique offensif et défensif: 50 minutes, chaque escouade, séparément, fait «tourner» sans opposition les «tactiques», met en place les formations, travaillées au cours de la semaine précédente
Retour au calme: 10 mn. 5 minutes de course lente, 5 minutes d'étirements.
AUTOUR DU MATCH
LA STRATÉGIE
Une armée peut être comparée à de l'eau, l'eau épargne les lieux élevés et gagne les creux, une armée contourne la force et attaque l'inconsistance. Le flot se règle sur la forme du terrain, la victoire se remporte en se conformant à la situation de l'ennemi (Sun Tzu: L'art de la guerre)
Avant chaque rencontre, les entraîneurs, en collaboration avec les capitaines de chaque unité, élaborent un «plan de bataille». Ce plan, dans le cadre duquel seront réalisés les choix tactiques en cours de partie, en fonction de la situation précise sur le terrain, tient compte de nombreuses conditions: certaines d'entre elles sont indépendantes de la nature de l'opposition, comme les conditions météorologiques, ou comme l'enjeu réel du match (on n'élaborera pas un système de jeu sur la passe longue un jour de bourrasques, on ne fera pas le même usage de(s) joueur(s) remplaçant(s) lors d'un match de pré saison et lors d'une finale de championnat...), d'autres, déterminantes, sont constituées précisément par la nature de l'opposition: le style de jeu de l'équipe adverse, les caractéristiques athlétiques et techniques de ses différentes unités et sous unités (ligne de défense, groupe de receveurs, par exemple). Celles-ci et celles-là vont permettre aux stratèges d'évaluer les forces et les faiblesses de leurs escouades relativement à l'opposition, pour, à partir de là, mettre sur pied un système de jeu pour le match envisagé. Telle équipe tentera d'imposer sa puissance, alors que telle autre cherchera à surprendre par sa vivacité et sa fluidité. Telle unité offensive utilisera de manière prépondérante la voie aérienne, alors que telle autre cherchera principalement ses gains au sol. Telle défense fondera son activité sur l'anticipation, le blitz, alors que telle autre choisira d'insister sur les lectures et les réactions. Des situations exceptionnelles engendreront des choix adaptés: la présence d'un joueur particulièrement dangereux dans la formation adverse déterminera la mise en œuvre d'un marquage particulier, permanent, pressant, de ce joueur pouvant aller jusqu'à la «double couverture», le déséquilibre important entre l'efficacité redoutable de son unité défensive et la fragilité manifeste de son unité offensive peut conduire l'équipe concernée à utiliser à l'extrême le jeu au pied (préférence au «kick-off» par rapport au «kick-off return»,utilisation du «punt» avant la 4e tentative...), pour donner à sa défense la responsabilité - grâce à des interceptions, des recouvrements de balle, des «sacks», etc. - de gagner le ballon de façon à faire «rentrer» l'attaque dans d'excellentes conditions.
L'évaluation des adversaires, préliminaire aux options stratégiques, utilisera diverses sources de renseignement. L'observation de leurs matches précédents, surtout sous forme de films de ces matches, permettant d'employer de nombreux retours en arrière, associés à des ralentis pour «décortiquer» les actions intéressantes, relever les diagrammes de leurs jeux favoris, noter leurs types de formation les plus utilisés, ainsi que l'analyse détaillée de leurs statistiques, sont les plus efficaces.
LES PRÉLIMINAIRES
Avant le match proprement dit, les joueurs ont beaucoup de choses à faire: ils doivent se faire bander, parfois masser, ils doivent s'équiper, s'échauffer, se préparer psychologiquement, recevoir les dernières instructions de leurs entraîneurs, et c'est plus de deux heures avant le coup d'envoi qu'ils se retrouvent généralement dans les vestiaires.
L'«habillage»,qui comprend le réglage et l'installation de l'ensemble des protections, peut demander un bon quart d'heure.
Les premières interventions des «kinés», souvent antérieures à l'habillage; vont concerner deux types de joueurs: les premiers, fragilisés ou algiques, par le fait de séquelles d'accidents, de surmenage, etc., auront besoin de se faire faire un «strapping», ou de subir une manipulation (massage décontractant, M.T.P. etc.) selon la nature de leur problème; les seconds, parfaitement indemnes, se feront faire des «strappings» de prévention, autour des articulations que leur fonction sur le terrain expose particulièrement (chevilles des RB, poignets et doigts des «linemen», etc.).
L'échauffement sera décomposé en deux grandes parties d'à peu près une demi-heure chacune:
- la première visera strictement la préparation physique à l'effort violent et au «contact», tant sur le plan fonctionnel (cardio-vasculaire, respiratoire...) que sur le plan musculaire et articulaire. Elle sera composée d'étirements, de course lente, de déplacements variés courts à intensité très progressive (y compris de déplacements quadrupédique), de reptations, roulades, etc.
- la deuxième, tout en parachevant l'action physiologique de la première, insistera sur l'aspect technique des choses, les joueurs se sépareront par groupes selon leurs postes, et répéteront, avec une intensité progressive de l'effort, et sans aller jusqu'à la fatigue (temps de récupération), les gestes techniques de base des postes en question (courses de «tracés» et réceptions de balle pour les receveurs, coups de pied pour les botteurs, lancers pour les QB, blocages pour les LM, etc.).
La préparation psychologique poursuit un double objectif: la recherche d'un état de concentration, de détermination et de combativité maximal de chaque joueur, et la cohésion du groupe. En ce qui concerne le second, il ne faut pas oublier, en effet, que de multiples unités et sous unités sont rivale_ à l'entraînement, et que cette situation peut parfois engendrer des clivages au sein de l'équipe. Il est important que les entraîneurs contrôlent ce type de processus pour l'orienter vers celui d'une fraternelle émulation, a fortiori le jour des matches, où, plus que jamais, les différents sous-groupes doivent être amenés à s'épauler, s'encourager, collaborer jusqu'à ne plus former qu'une équipe, tendue vers le projet commun de gagner.
Pour faire progressivement «monter la sauce» de la concentration et de la détermination collective, le responsable de l'échauffement va introduire, d'abord très espacées, puis de plus en plus rapprochées, des séries d:exercices («jumping jacks», flexions de jambes, de tronc...) que les joueurs devront accomplir rigoureusement ensemble, en les scandant collectivement à pleins poumons. En fin d'échauffement, les joueurs seront réunis pour exécuter une série d'exercices de «réaction» : l'entraîneur donne un signal (auditif ou visuel), et l'ensemble des joueurs réagit le plus vite possible en frappant ses protections de cuisses vigoureusement (ou son casque, ou ses mains...), l'exercice prenant fin quand est obtenue une réponse collective immédiate, tonique (bruyante), parfaite. Puis l'entraîneur principal réunit l'ensemble des joueurs au vestiaire pour, à l'instar de nombreux sports collectifs, leur faire une allocution qui peut avoir des aspects techniques ou tactiques, mais qui, avant tout, se veut stimulante, galvanisante, et où son talent de «meneur d'hommes» va trouver matière à s'exprimer. Il ne reste plus à l'équipe, en principe «gonflée à bloc», qu'à regagner le terrain, puis pousser, tous joueurs confondus en une masse compacte, son «cri de guerre» (slogan qui se promet toujours la victoire), et entamer le match à «cent à l'heure», après le tirage du «toss».
Il nous semble nécessaire de souligner que de réels problèmes peuvent être soulevés par le type de préparation psychologique auquel certains entraîneurs prétendent soumettre leurs effectifs, nous allions dire leurs troupes: ceux-ci, brandissant l'alibi de l'efficacité à tout prix, confondent sciemment motivation sportive et conditionnement paramilitaire; ils préfèrent susciter des réactions malsaines et, présentant les adversaires comme des ennemis qu'il faut mépriser, haïr et détruire, s'adresser aux instincts de destruction de «leurs» joueurs, plutôt que de s'adresser à leur goût de l'émulation, leur combativité ludique et leur intelligence, pour stimuler leur détermination et leur fierté d'athlètes à vaincre, dans le cadre civilisé des règles, des concurrents qui, avant tout, doivent être respectés.
Même si ce type dangereux d'entraîneurs est minoritaire, il faut savoir qu'il existe, représenté çà et là, aussi bien outre-atlantique (surtout chez les «semi pros») qu'en Europe (et, malheureusement, pas seulement au football américain) ; rien ne sert de se voiler la face, il faut au contraire repérer le mal pour le combattre, et il ressort de la responsabilité des cadres fédéraux, partout où le football américain s'implante et se développe, d'interdire toute activité footballistique à ceux des dirigeants dont le comportement est contradictoire à l'éthique sportive.
(Situons-la, dans le cadre de la préparation d'une équipe universitaire, à une quinzaine de jours du premier match de pré saison. On considère que la condition physique est au meilleur niveau, et qu'un «scrimmage» attaque défense [exercice d'opposition globale à thème] est programmé pour le lendemain.)
Échauffement: 35 minutes
- 5 minutes de course très lente
- 15 minutes d'étirements
- 10 minutes de courses et de déplacements variés en intensité progressive, sur des trajets courts (de 15 à 30 yards)
- 5 minutes de contacts variés d'intensité moyenne
Entretien de la condition physique, lié à un travail, commun à tous les joueurs, d'agilité des appuis et de préparation au contact: 25 minutes.
- série de sprints sur 20 yards à récupération courte (8 à 10 répétitions) ;
- parcours de 30 yards à déplacements variés (course à reculons, course latérale, quadrupédie...), à intensité maximale (3 fois)
- passages «dans les pneus» (4 fois) ;
- «portes de saloon», etc.
Exercices techniques par groupes («drills»): 50 minutes
- groupes séparés: 25 minutes
- groupes en opposition (OLM contre DLM, RB contre LB, receveurs contre DB): 25 minutes
Travail des unités spéciales: 20 minutes. Par exemple:
- mise en place des responsabilités des joueurs du retour de «kick-off», sans opposition (un seul joueur, face à la formation de retour, pour donner les coups de pied): 10 minutes
- application du travail précédent contre une opposition raisonnée: 10 minutes
Travail tactique offensif et défensif: 50 minutes, chaque escouade, séparément, fait «tourner» sans opposition les «tactiques», met en place les formations, travaillées au cours de la semaine précédente
Retour au calme: 10 mn. 5 minutes de course lente, 5 minutes d'étirements.
AUTOUR DU MATCH
LA STRATÉGIE
Une armée peut être comparée à de l'eau, l'eau épargne les lieux élevés et gagne les creux, une armée contourne la force et attaque l'inconsistance. Le flot se règle sur la forme du terrain, la victoire se remporte en se conformant à la situation de l'ennemi (Sun Tzu: L'art de la guerre)
Avant chaque rencontre, les entraîneurs, en collaboration avec les capitaines de chaque unité, élaborent un «plan de bataille». Ce plan, dans le cadre duquel seront réalisés les choix tactiques en cours de partie, en fonction de la situation précise sur le terrain, tient compte de nombreuses conditions: certaines d'entre elles sont indépendantes de la nature de l'opposition, comme les conditions météorologiques, ou comme l'enjeu réel du match (on n'élaborera pas un système de jeu sur la passe longue un jour de bourrasques, on ne fera pas le même usage de(s) joueur(s) remplaçant(s) lors d'un match de pré saison et lors d'une finale de championnat...), d'autres, déterminantes, sont constituées précisément par la nature de l'opposition: le style de jeu de l'équipe adverse, les caractéristiques athlétiques et techniques de ses différentes unités et sous unités (ligne de défense, groupe de receveurs, par exemple). Celles-ci et celles-là vont permettre aux stratèges d'évaluer les forces et les faiblesses de leurs escouades relativement à l'opposition, pour, à partir de là, mettre sur pied un système de jeu pour le match envisagé. Telle équipe tentera d'imposer sa puissance, alors que telle autre cherchera à surprendre par sa vivacité et sa fluidité. Telle unité offensive utilisera de manière prépondérante la voie aérienne, alors que telle autre cherchera principalement ses gains au sol. Telle défense fondera son activité sur l'anticipation, le blitz, alors que telle autre choisira d'insister sur les lectures et les réactions. Des situations exceptionnelles engendreront des choix adaptés: la présence d'un joueur particulièrement dangereux dans la formation adverse déterminera la mise en œuvre d'un marquage particulier, permanent, pressant, de ce joueur pouvant aller jusqu'à la «double couverture», le déséquilibre important entre l'efficacité redoutable de son unité défensive et la fragilité manifeste de son unité offensive peut conduire l'équipe concernée à utiliser à l'extrême le jeu au pied (préférence au «kick-off» par rapport au «kick-off return»,utilisation du «punt» avant la 4e tentative...), pour donner à sa défense la responsabilité - grâce à des interceptions, des recouvrements de balle, des «sacks», etc. - de gagner le ballon de façon à faire «rentrer» l'attaque dans d'excellentes conditions.
L'évaluation des adversaires, préliminaire aux options stratégiques, utilisera diverses sources de renseignement. L'observation de leurs matches précédents, surtout sous forme de films de ces matches, permettant d'employer de nombreux retours en arrière, associés à des ralentis pour «décortiquer» les actions intéressantes, relever les diagrammes de leurs jeux favoris, noter leurs types de formation les plus utilisés, ainsi que l'analyse détaillée de leurs statistiques, sont les plus efficaces.
LES PRÉLIMINAIRES
Avant le match proprement dit, les joueurs ont beaucoup de choses à faire: ils doivent se faire bander, parfois masser, ils doivent s'équiper, s'échauffer, se préparer psychologiquement, recevoir les dernières instructions de leurs entraîneurs, et c'est plus de deux heures avant le coup d'envoi qu'ils se retrouvent généralement dans les vestiaires.
L'«habillage»,qui comprend le réglage et l'installation de l'ensemble des protections, peut demander un bon quart d'heure.
Les premières interventions des «kinés», souvent antérieures à l'habillage; vont concerner deux types de joueurs: les premiers, fragilisés ou algiques, par le fait de séquelles d'accidents, de surmenage, etc., auront besoin de se faire faire un «strapping», ou de subir une manipulation (massage décontractant, M.T.P. etc.) selon la nature de leur problème; les seconds, parfaitement indemnes, se feront faire des «strappings» de prévention, autour des articulations que leur fonction sur le terrain expose particulièrement (chevilles des RB, poignets et doigts des «linemen», etc.).
L'échauffement sera décomposé en deux grandes parties d'à peu près une demi-heure chacune:
- la première visera strictement la préparation physique à l'effort violent et au «contact», tant sur le plan fonctionnel (cardio-vasculaire, respiratoire...) que sur le plan musculaire et articulaire. Elle sera composée d'étirements, de course lente, de déplacements variés courts à intensité très progressive (y compris de déplacements quadrupédique), de reptations, roulades, etc.
- la deuxième, tout en parachevant l'action physiologique de la première, insistera sur l'aspect technique des choses, les joueurs se sépareront par groupes selon leurs postes, et répéteront, avec une intensité progressive de l'effort, et sans aller jusqu'à la fatigue (temps de récupération), les gestes techniques de base des postes en question (courses de «tracés» et réceptions de balle pour les receveurs, coups de pied pour les botteurs, lancers pour les QB, blocages pour les LM, etc.).
La préparation psychologique poursuit un double objectif: la recherche d'un état de concentration, de détermination et de combativité maximal de chaque joueur, et la cohésion du groupe. En ce qui concerne le second, il ne faut pas oublier, en effet, que de multiples unités et sous unités sont rivale_ à l'entraînement, et que cette situation peut parfois engendrer des clivages au sein de l'équipe. Il est important que les entraîneurs contrôlent ce type de processus pour l'orienter vers celui d'une fraternelle émulation, a fortiori le jour des matches, où, plus que jamais, les différents sous-groupes doivent être amenés à s'épauler, s'encourager, collaborer jusqu'à ne plus former qu'une équipe, tendue vers le projet commun de gagner.
Pour faire progressivement «monter la sauce» de la concentration et de la détermination collective, le responsable de l'échauffement va introduire, d'abord très espacées, puis de plus en plus rapprochées, des séries d:exercices («jumping jacks», flexions de jambes, de tronc...) que les joueurs devront accomplir rigoureusement ensemble, en les scandant collectivement à pleins poumons. En fin d'échauffement, les joueurs seront réunis pour exécuter une série d'exercices de «réaction» : l'entraîneur donne un signal (auditif ou visuel), et l'ensemble des joueurs réagit le plus vite possible en frappant ses protections de cuisses vigoureusement (ou son casque, ou ses mains...), l'exercice prenant fin quand est obtenue une réponse collective immédiate, tonique (bruyante), parfaite. Puis l'entraîneur principal réunit l'ensemble des joueurs au vestiaire pour, à l'instar de nombreux sports collectifs, leur faire une allocution qui peut avoir des aspects techniques ou tactiques, mais qui, avant tout, se veut stimulante, galvanisante, et où son talent de «meneur d'hommes» va trouver matière à s'exprimer. Il ne reste plus à l'équipe, en principe «gonflée à bloc», qu'à regagner le terrain, puis pousser, tous joueurs confondus en une masse compacte, son «cri de guerre» (slogan qui se promet toujours la victoire), et entamer le match à «cent à l'heure», après le tirage du «toss».
Il nous semble nécessaire de souligner que de réels problèmes peuvent être soulevés par le type de préparation psychologique auquel certains entraîneurs prétendent soumettre leurs effectifs, nous allions dire leurs troupes: ceux-ci, brandissant l'alibi de l'efficacité à tout prix, confondent sciemment motivation sportive et conditionnement paramilitaire; ils préfèrent susciter des réactions malsaines et, présentant les adversaires comme des ennemis qu'il faut mépriser, haïr et détruire, s'adresser aux instincts de destruction de «leurs» joueurs, plutôt que de s'adresser à leur goût de l'émulation, leur combativité ludique et leur intelligence, pour stimuler leur détermination et leur fierté d'athlètes à vaincre, dans le cadre civilisé des règles, des concurrents qui, avant tout, doivent être respectés.
Même si ce type dangereux d'entraîneurs est minoritaire, il faut savoir qu'il existe, représenté çà et là, aussi bien outre-atlantique (surtout chez les «semi pros») qu'en Europe (et, malheureusement, pas seulement au football américain) ; rien ne sert de se voiler la face, il faut au contraire repérer le mal pour le combattre, et il ressort de la responsabilité des cadres fédéraux, partout où le football américain s'implante et se développe, d'interdire toute activité footballistique à ceux des dirigeants dont le comportement est contradictoire à l'éthique sportive.
Re: L'entraînement
PENDANT LE MATCH
Le «tirage au sort» est effectué au centre du terrain, par les arbitres, en présence des capitaines des deux équipes (souvent au nombre de 4 par équipe, 2 attaquants, 2 défenseurs). Il permet de déterminer quelle équipe donne le coup d'envoi, et quel côté du terrain chaque équipe va défendre au premier quart temps. Le premier «kick-off» est maintenant botté et la partie s'engage; à tour de rôle les escouades offensives et défensives, ainsi que les unités spéciales, vont se succéder sur le terrain tout au long des trois bonnes heures que va durer la rencontre. Mais l'équipe qui dispute le match ne se limite pas aux 45 «casqués», et plusieurs unités de direction et d'assistance (qui, sans être constituées de joueurs au sens strict du terme, regroupent un personnel de membres de l'équipe à part entière) vont déployer, autour du «banc» de touche, une activité aux multiples aspects, qui sera déterminante pour l'efficacité générale.
Le groupe des entraîneurs («coaching staff»): nombreux, strictement organisés et même hiérarchisés, dans une équipe de haut niveau, les entraîneurs dirigent en fait la partie depuis la touche, et l'on a écrit parfois que le vrai match se jouait entre «coaches» adverses par joueurs interposés: après avoir déterminé la stratégie, ils décident aussi des «tactiques», et font connaître la nature de leurs choix aux capitaines qui doivent les mettre en œuvre sur le terrain, par un système de signaux visuels codés, réalisés à l'aide des mains ouvertes ou fermées, des bras fléchis ou tendus, à la place de ce type de signaux, ils utilisent parfois un joueur qu'ils envoient, au début du «huddle», à la fois remplacer un de ses partenaires, et porter le message du prochain jeu à exécuter. Ils dirigent les nombreux remplacements des joueurs, décident de l'utilisation des différentes formations, s'adressent aux arbitres pour demander des «temps morts» ou émettre des réclamations, procèdent à de multiples corrections techniques et tactiques en cours de match, en réalisant de mini séances de «tableau noir» adressées aux escouades qui viennent de quitter le terrain... Ils sont, tout au long de la rencontre, en communication par «talkie-walkie» avec des assistants qui, placés très haut dans les tribunes, observent à la jumelle les formations adverses (essayez donc de suivre une partie d'échecs en plaçant vos yeux au ras de la table, à la hauteur de l'échiquier), et leur apportent des renseignements susceptibles d'engendrer des ajustements stratégiques et tactiques décisifs. Certains entraîneurs, qui bénéficient, dans leurs formations, de capitaines d'expérience, laissent à ces derniers une grande liberté tactique, n'intervenant, d'une façon directive, que dans les situations délicates.
Composition classique d'une «équipe d'entraîneurs»: à la tête du groupe, l'entraîneur en chef «head coach»): il préside à l'élaboration du programme d'entraînement, oriente les grandes options stratégiques; en cours de partie, il intervient dans tous les aspects du jeu, et prend la responsabilité de toutes les décisions tactiques importantes. Aux USA, le «head coach» de l'équipe professionnelle est, dans les grandes villes où il en existe une, un véritable notable, au rang du maire ou d'un sénateur.
Les assistants directs du «head coach» sont les coordonnateurs offensifs et défensifs, chargée de diriger l'activité globale et régulière respectivement de l'attaque et de la défense.
Ils ont sous leur responsabilité les entraîneurs des différents sous-groupes ressortissant à leur propre escouade: celui des OLM, celui des RB, celui des receveurs, et celui des QB pour ce qui concerne l'attaque, celui des DLM, celui des LB, et celui des DB, pour ce qui concerne la défense.
L'équipe médicale est composée d'un médecin spécialiste de traumatologie sportive, et de kinésithérapeutes. Elle intervient tout d'abord, nous l'avons vu, préliminairement au match («strappings», massages, conseils d'ordre diététique...). En cours de match, elle intervient auprès des éventuels blessés pour délivrer les premiers soins, et opérer un diagnostic qui déterminera la décision soit d'évacuer le joueur vers un hôpital, soit de lui faire au moins quitter la partie, soit, en cas d'atteinte bénigne, de réaliser les actes («strapping», manipulation, glaçage...) lui permettant de reprendre sa place dans des conditions de sécurité et de confort satisfaisantes.
Les managers n'ont au football américain aucun rôle d'ordre tactique ou technique au niveau du jeu. Ils sont, en fait, chargés de gérer l'aspect matériel des choses, aspect lourd et diversifié: réparation du matériel des joueurs endommagé en cours de match, convoyage, organisation, répartition, distribution du matériel d'échauffement, des ballons, de la nourriture, de la boisson, des couvertures et autres coupe-vent, assistance matérielle de l'équipe médicale, Leur activité est souvent ingrate, mais de leur efficacité peut dépendre, à certains moments difficiles, le maintien du moral des troupes.
Les «cheerleaders » («pom-pom 'girls»): littéralement «meneuses de claque», elles sont, en principe, chargées de galvaniser les supporters de leur équipe et de lancer des slogans d'encouragement à «leurs» joueurs, slogans adaptés au déroulement de la partie. Durement sélectionnées, longuement entraînées à la gymnastique, et parfaitement au fait de la connaissance du jeu, elles constituent, dans le cadre de certaines équipes professionnelles, un groupe nombreux (20, 30 ou plus), dont les plastiques agréables, les tenues affriolantes et les «chorégraphies» dynamiques, quoique sommaires et stéréotypées, visent plus à désennuyer le spectateur moyen, lors des fréquents temps morts et pendant la «mi-temps», qu'à réellement orchestrer la claque; quand bien même, et sans parler de la caricature que nous offrent trop souvent les équipes européennes, avec, en particulier, des «cheerleaders» qui ignorent tout du jeu, il n'est pas besoin de s'attarder sur cet aspect lamentable et suranné de l'image de la femme juste bonne à être charmante, et à l'être au service du viril héros, pour gager que, au contraire des «coaches », médecins, et autres managers, les «pom-pom girls» ne sont pas indispensables à l'efficacité de l'équipe.
© LE FOOTBALL AMERICAIN de Laurent Plegelatte
Le «tirage au sort» est effectué au centre du terrain, par les arbitres, en présence des capitaines des deux équipes (souvent au nombre de 4 par équipe, 2 attaquants, 2 défenseurs). Il permet de déterminer quelle équipe donne le coup d'envoi, et quel côté du terrain chaque équipe va défendre au premier quart temps. Le premier «kick-off» est maintenant botté et la partie s'engage; à tour de rôle les escouades offensives et défensives, ainsi que les unités spéciales, vont se succéder sur le terrain tout au long des trois bonnes heures que va durer la rencontre. Mais l'équipe qui dispute le match ne se limite pas aux 45 «casqués», et plusieurs unités de direction et d'assistance (qui, sans être constituées de joueurs au sens strict du terme, regroupent un personnel de membres de l'équipe à part entière) vont déployer, autour du «banc» de touche, une activité aux multiples aspects, qui sera déterminante pour l'efficacité générale.
Le groupe des entraîneurs («coaching staff»): nombreux, strictement organisés et même hiérarchisés, dans une équipe de haut niveau, les entraîneurs dirigent en fait la partie depuis la touche, et l'on a écrit parfois que le vrai match se jouait entre «coaches» adverses par joueurs interposés: après avoir déterminé la stratégie, ils décident aussi des «tactiques», et font connaître la nature de leurs choix aux capitaines qui doivent les mettre en œuvre sur le terrain, par un système de signaux visuels codés, réalisés à l'aide des mains ouvertes ou fermées, des bras fléchis ou tendus, à la place de ce type de signaux, ils utilisent parfois un joueur qu'ils envoient, au début du «huddle», à la fois remplacer un de ses partenaires, et porter le message du prochain jeu à exécuter. Ils dirigent les nombreux remplacements des joueurs, décident de l'utilisation des différentes formations, s'adressent aux arbitres pour demander des «temps morts» ou émettre des réclamations, procèdent à de multiples corrections techniques et tactiques en cours de match, en réalisant de mini séances de «tableau noir» adressées aux escouades qui viennent de quitter le terrain... Ils sont, tout au long de la rencontre, en communication par «talkie-walkie» avec des assistants qui, placés très haut dans les tribunes, observent à la jumelle les formations adverses (essayez donc de suivre une partie d'échecs en plaçant vos yeux au ras de la table, à la hauteur de l'échiquier), et leur apportent des renseignements susceptibles d'engendrer des ajustements stratégiques et tactiques décisifs. Certains entraîneurs, qui bénéficient, dans leurs formations, de capitaines d'expérience, laissent à ces derniers une grande liberté tactique, n'intervenant, d'une façon directive, que dans les situations délicates.
Composition classique d'une «équipe d'entraîneurs»: à la tête du groupe, l'entraîneur en chef «head coach»): il préside à l'élaboration du programme d'entraînement, oriente les grandes options stratégiques; en cours de partie, il intervient dans tous les aspects du jeu, et prend la responsabilité de toutes les décisions tactiques importantes. Aux USA, le «head coach» de l'équipe professionnelle est, dans les grandes villes où il en existe une, un véritable notable, au rang du maire ou d'un sénateur.
Les assistants directs du «head coach» sont les coordonnateurs offensifs et défensifs, chargée de diriger l'activité globale et régulière respectivement de l'attaque et de la défense.
Ils ont sous leur responsabilité les entraîneurs des différents sous-groupes ressortissant à leur propre escouade: celui des OLM, celui des RB, celui des receveurs, et celui des QB pour ce qui concerne l'attaque, celui des DLM, celui des LB, et celui des DB, pour ce qui concerne la défense.
L'équipe médicale est composée d'un médecin spécialiste de traumatologie sportive, et de kinésithérapeutes. Elle intervient tout d'abord, nous l'avons vu, préliminairement au match («strappings», massages, conseils d'ordre diététique...). En cours de match, elle intervient auprès des éventuels blessés pour délivrer les premiers soins, et opérer un diagnostic qui déterminera la décision soit d'évacuer le joueur vers un hôpital, soit de lui faire au moins quitter la partie, soit, en cas d'atteinte bénigne, de réaliser les actes («strapping», manipulation, glaçage...) lui permettant de reprendre sa place dans des conditions de sécurité et de confort satisfaisantes.
Les managers n'ont au football américain aucun rôle d'ordre tactique ou technique au niveau du jeu. Ils sont, en fait, chargés de gérer l'aspect matériel des choses, aspect lourd et diversifié: réparation du matériel des joueurs endommagé en cours de match, convoyage, organisation, répartition, distribution du matériel d'échauffement, des ballons, de la nourriture, de la boisson, des couvertures et autres coupe-vent, assistance matérielle de l'équipe médicale, Leur activité est souvent ingrate, mais de leur efficacité peut dépendre, à certains moments difficiles, le maintien du moral des troupes.
Les «cheerleaders » («pom-pom 'girls»): littéralement «meneuses de claque», elles sont, en principe, chargées de galvaniser les supporters de leur équipe et de lancer des slogans d'encouragement à «leurs» joueurs, slogans adaptés au déroulement de la partie. Durement sélectionnées, longuement entraînées à la gymnastique, et parfaitement au fait de la connaissance du jeu, elles constituent, dans le cadre de certaines équipes professionnelles, un groupe nombreux (20, 30 ou plus), dont les plastiques agréables, les tenues affriolantes et les «chorégraphies» dynamiques, quoique sommaires et stéréotypées, visent plus à désennuyer le spectateur moyen, lors des fréquents temps morts et pendant la «mi-temps», qu'à réellement orchestrer la claque; quand bien même, et sans parler de la caricature que nous offrent trop souvent les équipes européennes, avec, en particulier, des «cheerleaders» qui ignorent tout du jeu, il n'est pas besoin de s'attarder sur cet aspect lamentable et suranné de l'image de la femme juste bonne à être charmante, et à l'être au service du viril héros, pour gager que, au contraire des «coaches », médecins, et autres managers, les «pom-pom girls» ne sont pas indispensables à l'efficacité de l'équipe.
© LE FOOTBALL AMERICAIN de Laurent Plegelatte

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