Définition et déroulement du jeu
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Définition et déroulement du jeu
Un sport de combat collectif
en forme de gagne terrain
Nature globale du football américain
en forme de gagne terrain
Nature globale du football américain
Le football américain appartient (avec le rubgy, le jeu à XIII...) à une famille de jeux collectifs, où la progression de l'équipe attaquante, matérialisée par le convoyage du ballon, a pour but la conquête du camp des adversaires jusqu'à l'envahissement de leurs derniers retranchements, nous avons cité leur «en-but», La constitution et la reconstitution, au début de chaque action, d'une véritable «ligne de front» - en l'occurrence la «ligne de scrimmage», dont le déplacement sur le terrain témoigne de la réussite ou de l'échec des formations en présence - permet de parler du football américain comme d'un jeu de «gagne terrain» collectif; le marquage d'un «essai» sanctionne le gain,ultime du territoire adverse et non pas un geste technique précis et sophistiqué: en dehors de toute opposition, en effet, le fait de franchir une ligne balle à la main, ou même de réceptionner un ballon, ne peut se comparer en difficulté à celui de réussir un «panier à 3 points» au basket, ou un tir en pleine lucarne, décoché de 30 m lors d'un match de «soccer».
De plus, l'affrontement physique, qui concerne l'ensemble des protagonistes d'une partie, détermine d'une manière prépondérante la circulation du ballon: nul «running back», si véloce et puissant soit-il, ne progressera régulièrement sans l'aide des brèches ouvertes par ses bloqueurs ; nul lanceur, si précis soit-il, ne délivrera de bonnes passes sans une protection efficace de sa ligne, Ainsi pourra-t-on, pour compléter sa définition, parler aussi du football américain comme d'un réel sport de combat collectif.
Le terrain de football américain
Le terrain de jeu obéit d'après la règle à des dimensions toujours identiques, contrairement au rugby ou au «soccer». Des mesures variables déséquilibreraient le jeu, un peu comme si la hauteur du filet de tennis pouvait varier.
Il s'agit d'un champ rectangulaire de 120 yards (109,728 m) de long sur 160 pieds de large (48,768 m), quoi de plus simple.
A chaque extrémité se trouve une zone de 10 yards: /a zone d'en-but Elle est séparée du terrain par la ligne d'essai (ou plutôt la trace au sol du plan d'essai). Au fond, et non sur la ligne d'essai, se trouvent les poteaux, buts du jeu, au pied.
Ils ressemblent aux poteaux de rubgy par leur forme, cependant l'écartement des montants verticaux est de 23'4" soit 7,10 m, soit encore la largeur d'un but de football européen. Les zones de but sont souvent hachurées pour les rendre visibles en particulier aux receveurs de passes avant qui sont très tête en l'air, par nécessité, et les coins sont signalés par des balises de couleur vive, allant de la balise de chantier au piquet de slalom.
Le champ de jeu se situe entre les en-buts et mesure 300 pieds sur 160. Il est donc plus étroit qu'un terrain de rugby, ce qui rend les courses de débordement plus difficiles. Il est divisé par des lignes transversales de.10 yards en 10 yards, numérotées de chaque côté de 10 à 50, permettant de calculer instantanément la distance restant à franchir pour le «touchdown» ou le «field-goal», donnée essentielle des choix tactiques, de l'arbitrage et de l'appréciation des spectateurs. Longitudinalement, deux lignes «inbound lines») le partagent en trois parties égales (de 52'4", bien sûr). La bande .centrale est la zone de remise en jeu: si la balle est morte dans les zones latérales, elle est recentrée sur la «inbound line» la plus proche, sinon elle reste en place. Deux petites lignes à 3 yards de chaque ligne de but sont les points de remise en jeu pour les transformations.
Enfin les zones d'équipes où doivent se tenir les remplaçants, les «coaches» et les soigneurs, sont matérialisées le long des touches entre les deux lignes de 30 yards.
En pratique en Europe, on joue sur des terrains de football européen ou de rugby (mal vu). Pour «faire coller» les dimensions, on rogne les zones d'en-buts de 1 m environ et le champ de jeu de 10 yards, au centre du terrain.
Le ballon, les quart-temps, le chronométrage et les temps mort
Le ballon est ovale, en cuir (sauf accord préalable sur une balle en caoutchouc), mais plus petit et plus léger (400 g) que le ballon de rugby: on doit pouvoir le tenir facilement d'une main, sa section transversale est celle d'un ballon de handball, donc sa vitesse lors d'un lancer efficace est la même. Le lacet de fermeture, autrefois nécessité par la technique de sellerie, aide encore à la saisie, et permet d'imprimer à la balle une rotation qui stabilise et allonge sa trajectoire par effet gyroscopique. Il peut porter des anneaux blancs qui le rendent plus visible.
Les quart-temps, le chronométrage, le temps mort: le jeu se déroule en une heure de temps réel de jeu. Il y a quatre périodes de 15 mn. A la fin des 1er et 3e périodes, les équipes changent de terrain, la balle et le compte des tentatives restent les mêmes. A la fin de la 2e période le repos est de 20 mn. La durée des périodes peut être réduite à 12 mn pour les juniors. Une période ne s'achève que lorsque la balle est morte au cours d'une action sans pénalité, donc aucun jeu ne peut être interrompu par le chronomètre.
Il n'y a pas de périodes fixes de prolongation. Si les équipes doivent absolument être départagées «tie-break system»), en football universitaire, elles reçoivent la balle chacune à leur tour sur les 15 yards pour 4 tenus.
Tout ce qui impose une interruption du jeu arrête immédiatement la pendule: sortie en touche, faute, essai… et peut donc être utilisé pour gagner du temps en fin de match, On peut parfois remonter tout le terrain en moins de 3 secondes, La tactique défensive, dans un tel cas, consistera à empêcher les attaquants de sortir en touche en se couvrant essentiellement contre les jeux très longs.
Entre chaque tenu, l'équipe d'attaque dispose de 25 secondes au plus pour remettre la balle en jeu après le signal «prêt» de l'arbitre. Si la pendule n'est pas arrêtée, ce temps est donc décompté. En plus des arrêts de jeu décidés par l'arbitre (fautes, mesures, etc.), chaque équipe dispose de 3 temps morts de 1,30 mn par mi-temps. Ils sont employés à «resserrer les boulons», mais surtout conservés pour la fin des 2e et 4e périodes: ils arrêtent la pendule et permettent donc en plus de gagner une trentaine de secondes à chaque fois, ce qui, peut faire un essai de plus ou de moins avant l'interruption.
Re: Définition et déroulement du jeu
Le découpage du jeu
Le football américain, sport «inventé» encore moins naturel que les autres, a été voulu comme, une virile illustration de la tactique et de la stratégie martiales, C'est pour cette raison et nulle autre que le jeu est découpé en tenus: il faut offrir aux deux camps le plus souvent possible un temps de regroupement, de ressourcement physique (grâce aux remplacements) et psychique (les conseils), pour se relancer à fond dans la prochaine bataille, Le scénario est alors à peu de chose près le suivant. Le «down», tenu en français, commence dès que l'arbitre principal a déclaré la balle «prête à jouer», L'attaque doit alors commencer dans les 25 secondes, A ce moment, l'équipe d'attaque est déjà regroupée en cercle serré autour du capitaine de terrain, très généralement le OB.
C'est le «huddle» ou conseil. De la touche sont arrivés en courant les remplaçants, renvoyant vers la touche les remplacés, et apportant au capitaine les éventuelles indications du coach, Chez les pros, ces indications sont transmises par signes gestuels (secrets et masqués) échangés entre le capitaine et les assistants du «coach». Le capitaine commente rapidement la situation établie par le jeu précédent, fixe les objectifs, corrige les fautes détectées, puis indique le prochain jeu par son nom avec d'éventuelles variantes, et enfin précise les «audible codes» qui lui permettent de changer le jeu prévu d'un mot codé (exemple: «Rouge 16») annoncé tout haut au dernier moment, par exemple pour exploiter une faiblesse qu'il a découverte «lue» en jargon footballistique) dans la défense. Pas de temps à perdre donc.
Le jeu commence par le «snap» qui rend la balle «vivante», La balle est vivante dès que le centre tire la balle vers l'arrière, Avant ce moment, toute l'équipe d'attaque a dû rester immobile une seconde (à l'exception d'un arrière mobile, le «man in motion»). Les défenseurs peuvent bouger et même empiéter temporairement sur la ligne de «scrimmage», à condition de ne pas entrer en contact avec un attaquant et d'être de retour dans leur camp au moment du «snap». Ils ne se privent généralement pas de s'agiter comme des diables. Ils peuvent ainsi désorienter les bloqueurs, mais les petits joueurs pensent surtout à provoquer un faux départ d'un attaquant (pénalité de 5 yards), au point parfois de rater eux mêmes le départ de l'action.
Une phase de progression se déroule alors, généralement terminée par un plaquage ou une sortie en touche, parfois un coup de pied ou un point marqué ou encore une balle perdue récupérée ou une interception. Le coup de pied «punt» et l'interception sont suivis d'une action offensive de l'autre équipe, Dans les autres cas, l'arbitre déclare immédiatement la balle morte. Tant que la balle est vivante, elle est «au porteur» et malheur à qui la laisse s'échapper.
Les arbitres administrent ensuite avec célérité les éventuelles pénalités, malheureusement beaucoup plus fréquentes chez nous qu'aux USA, signalent les décisions au public. Ils annoncent les points marqués où mesure la progression, recentrent la balle éventuellement et ajustent les chaînes d'arpentage et l'indicateur de «downs», Enfin l'arbitre principal annonce «prêt à jouer» et la ronde recommence.
Les équipes en présence
La partie proprement dite oppose deux équipes formées chacune de plusieurs dizaines de joueurs dont 11 seulement participent simultanément au jeu: chaque équipe aligne en effet, tour à tour, selon les aléas de la rencontre, une formation spécifique offensive constituée de11 joueurs titulaires (les «startings») et de leurs remplaçants (les «substitutes»), une formation spécifique défensive constituée aussi de 11 joueurs titulaires et de leurs remplaçants, enfin diverses formations dites «spéciales», chargées de délivrer les différents coups de pied, ou de les «retourner»; ces formations «spéciales», constituées bien sûr elles aussi de 11 joueurs, font appel à quelques éléments spécifiques (qui n'entrent sur le terrain que pour le jeu au pied), mais aussi à des joueurs puisés dans les formations «régulières», offensive ou défensive.
Il faut noter que les termes de titulaires et remplaçants, dans un sport où le nombre de remplaçants au cours d'une même partie n'est pas limité, ne recouvrent pas les mêmes notions que dans les sports collectifs européens classiques : l'entraîneur n'a pas à choisir, sur tel ou tel poste, tel joueur à l'exclusion de tel autre, Il peut, à tour de rôle, utiliser sur la même position plusieurs joueurs dont les qualités, différentes et complémentaires, vont servir l'efficacité de l'équipe selon la variété des tactiques choisies; en outre, au cours d'un match qui dure en réalité plus de 3 heures, et pendant lequel les contacts sont durs et nombreux, il sera utile, en ,plus des changements de joueurs dus à d'éventuelles blessures, de pouvoir offrir des temps de récupération même aux «startings» les plus performants : ainsi, peut-être le vocable de rotation plus que celui de remplacements convient-il mieux aux relèves effectuées lors d'une partie de football américain.
Le marquage des points
Dans le cadre de ce fameux «gagne terrain», les équipes, comme dans n'importe quel autre sport collectif, ne matérialiseront leur éventuelle domination territoriale en forme de victoire que grâce à l'inscription de points au tableau d'affichage; avant que d'examiner les différentes façons de faire «avancer» le ballon, nous allons donc définir les objectifs de cette progression, c'est-à-dire les différentes concrétisations possibles en termes de score.
L'essai (touchdown») est l'objectif n° 1 de toute poussée offensive: tout joueur, en possession du ballon, qui fait franchir à une partie quelconque de ce dernier le plan élevé perpendiculairement à la ligne de but adverse, et a fortiori qui pénètre carrément dans l'en-but avec la balle, marque un essai;
Tout joueur, «éligible », qui reçoit et contrôle, c'est-à-dire «complète» une passe avant alors qu'il se trouve dans l'en-but, marque un essai (le terme anglais, de «touchdown» témoigne de l'époque des débuts du jeu où, à l'instar du rugby, il fallait poser la balle au sol pour inscrire un essai).
L'essai vaut 6 points
La transformation: l'équipe qui vient de réaliser un essai, dispose d'une tentative supplémentaire - la balle étant placée à 3 yards de la ligne de but adverse pour tenter une transformation «try for point» ou «extra point»), Cette équipe peut choisir de « transformer à la main », réalisant, en fait, la même action que pour marquer un nouvel essai, grâce à une course ou une passe avant; elle peut aussi choisir de «transformer au pied», en bottant la balle entre les poteaux, au-dessus de la barre transversale; cette dernière action serait comparable à celle du rugby si la balle n'était pas bottée au cours d'une action de jeu collective de l'attaque face à une opposition complète de la défense.
En football professionnel, la transformation vaut 1 point, qu'elle soit réalisée à la main ou au pied. En football universitaire et amateur, la transformation au pied vaut un point, la transformation à la main vaut deux points.
Le coup de pied au but (ou «du champ», «field-goal»): si l'équipe. attaquante se trouve, lors d'une quatrième tentative, à portée de coup de pied des poteaux adverses (selon son «botteur», à 40, 50 yards ou plus), elle préférera au coup de pied de dégagement pur et simple «punt») le «field-goal» qui, donné dans les mêmes conditions que la transformation au pied, mais souvent de bien plus loin, peut permettre d'inscrire de précieux points, alors même que la course vers le « touchdown » a été enrayée.
Le coup de pied au but vaut 3 points.
Le «safety»: quand la formation défensive parvient à plaquer un attaquant en possession du ballon dans son propre en-but, alors que ce ballon a été introduit dans son en-but par la formation offensive elle-même, elle marque un «safety» (ce type de situation engendrerait' une «mêlée à 5» au rugby à XV). Ce dénouement d'une période, généralement de «grosse» pression défensive sur l'attaque adverse, est très prisé des défenseurs qui s'offrent là l'une des rares occasions de marquer eux-mêmes des points pour leur équipe (avec l'interception ou le blocage de coup de pied menés jusqu'au «touchdown »).
Le «safety» vaut 2 points
On peut classer les moyens de progression vers le but adverse en trois catégories, selon que les joueurs portent la balle - jeu au sol -, lancent la balle - jeu aérien - ou enfin la frappent du pied - jeu de pied.
Le jeu au sol: transmission main à main et «pitch», course et passes arrière, les interceptions.
Ces jeux, moins spectaculaires sans doute, sont pourtant la base du football, et il est difficile à une équipe dominée au sol de gagner une partie. Dans la métaphore militaire qui colle au football américain depuis ses origines, c'est la progression combinée de l'infanterie et de la cavalerie qui occupent le terrain devant elles.
Il y a peu d'échange de balle: les défenseurs sont généralement infiltrés, donc la balle pourrait être subtilisée, terminant sans espoir ni rémission un «drive» (série de tenus) qui aurait pu mener à l'essai.
Pour les courses au centre, la balle est donnée de la main à la main («hand-off»)par le OB au joueur qui effectue la course, après diverses feintes, Dans les jeux larges de débordement, le OB lance directement la balle («pitch»)à l'arrière qui effectuera la course. Enfin, plus rarement, le centre peut faire un «snap long» («shotgun») vers un arrière ou vers le OB reculé, mais il s'agit d'une feinte de passe plutôt que d'un jeu de course de base. Il existe aussi des jeux type rugby, avec des enchaînements de passes arrière, mais ce sont tous des jeux «surprise» risque-tout, réservés aux situations désespérées. En résumé, le plus souvent la balle va simplement du centre au OB et de celui-ci à l'arrière qui effectuera la percée.
La course proprement dite s'effectue en trois phases. La balle doit être prise en pleine vitesse par l'arrière. Une fois qu'il la tient, dans un nouveau coup de reins, il «prend son trou», se lance dans la brèche ouverte par ses bloqueurs. Dans cette phase, il est totalement abrité et il accélère encore. Une fois dans le trou, il est au contact de la défense, mais en général un ou deux bloqueurs le précèdent encore, et il s'abrite derrière eux.
Puis, quand son dernier bloqueur est accroché par la défense, il se trouve seul et essaie soit par des crochets, soit par un passage en force de gagner le plus possible de centimètres avant d'être plaqué. Un joueur est considéré comme plaqué quand il a plus que les deux pieds et une main en contact avec le sol, Un genou au sol, et c'est fini. Si le porteur de balle est debout dans un paquet, mais ne peut progresser, il est considéré comme plaqué.
La prochaine ligne de départ sera du point de progression maximal de la balle vers l'avant: si la percussion du plaquage ou la mêlée ouverte font reculer le coureur, ce recul n'est pas pris en compte. Bien entendu une balle lâchée «fumble») ou une course tactique vers l'arrière sont des cas particuliers. La sortie en touche volontaire est autorisée. Le joueur en touche ne dois pas être touché, et la balle est recentrée sur la ligne de sortie en touche.
La balle vivante appartient aux deux équipes et peut donc être Interceptée au vol ou après avoir roulé à terre.
Dans le premier cas les défenseurs deviennent Ipso facto des attaquants et effectuent une tentative de course improvisée, les plaqueurs devenant bloqueurs et réciproquement. On imagine que la polyvalence des joueurs est alors appréciée. Ces retours de flamme sont dangereux si les attaquants ne savent pas se regrouper immédiatement et improviser une défense ou simplement s'ils ont négligé l'entraînement au plaquage.
Si la balle est lâchée et roule à terre dans un jeu de course, elle peut seulement être récupérée par le premier joueur qui s'en saisit et qui la gagne ainsi pour son équipe. Il ne peut pas la faire progresser, du moins selon les règles universitaires, et en contrepartie ne doit pas être plaqué. Si c'est l'équipe d'attaque qui recouvre, elle garde la balle et on passe au tenu suivant depuis cet endroit. Si l'autre équipe a conquis le ballon, c'est un premier tenu à cet endroit. C'est un des cas de changement de possession («turnover»), très pénalisant pour l'équipe d'attaque.
Le jeu aérien: ces jeux font le sel du football, ils sont spectaculaires et procurent de longs gains de terrain en très peu de temps. Mais il faut toujours garder à l'esprit qu'une passe avant est d'autant plus efficace qu'elle est moins attendue, et que la menace d'une percée au sol plane à chaque jeu. Dans les années récentes, les Miami Dolphins n'ont jamais gagné le championnat, malgré un OB aux passes phénoménalement rapides, inattendues et efficaces, Dan Marino. Dans l'interprétation martiale, ce sont les troupes aéroportées qui établissent la tête de pont derrière les lignes.
La passe avant est un peu le «joker» du football américain. Les receveurs essaient de se démarquer, les bloqueurs protègent le passeur. La passe doit partir de derrière la ligne d'engagement et ne jamais l'avoir franchie. Pour être valable «complete pass»), elle doit être contrôlée nettement par le receveur (en pratique pendant 1 seconde) avant de toucher le sol. Si la réception est bonne, le jeu continue et le receveur essaie de progresser, sinon on repart de la ligne d'engagement et un tenu est décompté aux attaquants.
Mais si la réception correcte est effectuée par un défenseur, la balle appartient à la défense, qui contre-attaque immédiatement. Ce type d'interception est le plus fréquent. Toute passe avant est une sorte de roulette russe pour le QB, qui ne peut compter que sur le démarquage de ses receveurs, obtenu par des courses de diversion compliquées, et sur la vitesse de la balle sur sa trajectoire, c'est-à-dire la force de son propre bras.
Re: Définition et déroulement du jeu
Le jeu au pied, les retours: on distingue trois jeux au pied: les coups de pied tactiques ou «punts», les coups de pied au but/transformations, et les coups de pied d'engagement.
Les coups de pied tactiques de dégagement ou «punt» ne sont pas des coups de pied à suivre, comme au rugby: l'équipe qui botte donne la balle à l'adversaire, en échange d'un long gain sur le terrain. Évidemment, ce jeu n'est employé que si la progression au sol ou par passes avant n'est plus envisageable, la plupart du temps au 4e tenu lorsqu'il y a 2 yards ou plus à franchir et que l'on est encore loin de la ligne adverse. Le coup de pied tactique est. tapé très loin: 50 à 70 m, et surtout très haut, pour permettre aux bloqueurs d'être à la réception
Le retour est possible pour l'équipe en réception, mais il est risqué: si la balle s'arrête sans avoir été touchée ou si elle est touchée par un attaquant, elle change de propriétaire à cet endroit. La défense, si elle ne fait rien, gagne donc automatiquement la balle en échange du terrain perdu. Mais elle peut aussi tenter un retour: un joueur désigné à l'avance saisit la balle, si possible au vol, et remonte le terrain sous la protection de ses partenaires. Attention alors aux dégâts car les attaquants sont en pleine course et un «fumble» n'est pas impossible sur un plaquage «dur».
Les coups de pied au but ou «field-goal» servent à marquer des points, si un «touchdown» n'est pas possible. Si le coup de pied est manqué, la balle est aux défenseurs sur la ligne d'engagement précédente ou à leurs 20 yards s'ils y ont avantage. S'il passe, il ajoute 3 points. Il est tenté sous la forme d'un coup de pied placé (le «drop goal» est autorisé mais jamais employé à cause de la forme de la balle). C'est un tenu comme les autres, avec un «snap long» qui parvient dans les mains du placeur, qui présente le ballon sur un support au botteur. La balle doit passer entre les poteaux, 55 yards est un record de distance pour un coup de pied au but. Sauf interception, il n'y a pas de retour sur un coup de pied au but. Une transformation (au pied) est un jeu de «field-goal» depuis la ligne des 3 yards, après un essai. Il rapporte 1 point.
Les coups de pied d'engagement ou «kick-off» ont lieu au début des; deux mi-temps, et après les marquages de points. Ils ressemblent aux coups de pied tactiques, mais la mise en jeu ne se fait pas par un «snap». Ils sont frappés de la ligne des 40 yards de l'équipe qui engage (sauf après «safety» : 20 yards), et leur forme est libre. En général, la balle est posée au sol. Les joueurs qui engagent doivent être derrière leur botteur. Celui-ci frappe haut et vise les coins aux abords de la ligne adverse, sans sortir en touche ou au-delà de la ligne. A l'inverse du «punt» les défenseurs doivent effectuer un retour, car les botteurs peuvent récupérer la balle. Du reste on pratique parfois des coups de pied courts (minimum 10 yards) pour surprendre la défense et essayer de récupérer la balle, c'est le dangereux «own side kick», qui peut aussi donner la balle à la défense au 50 yards, s'il rate.
Plus encore que la passe avant, que l'on retrouve dans presque tous les sports collectifs, excepté le jeu à XV et à XIII, plus encore que dans les remplacements non limités (que l'on retrouve dans le hockey sur glace...), plus même que dans le découpage en «tentatives» (comparable au découpage en «tenus» du jeu à XIII), la grande spécificité du football américain réside dans le fait qu'au cours d'une action de jeu tous les partenaires du porteur de ballon peuvent (et doivent) protéger son action ou favoriser sa progression en effectuant, sur leurs adversaires défenseurs, des percutions et contrôles (sans saisies), appelés «blocages» ou «blocks» en anglais, et qui seraient considérés et sanctionnés comme des obstructions dans la plupart des autres sports collectifs. Ces blocages qui, exception faite de ceux dits. «protection de passe », ont pour objet de «frayer la voie» du porteur de balle, de «déblayer le terrain» des obstacles se dressant sur la route de l'en-but adverse sont délivrés avec puissance, agressivité; ils sont souvent violents mais, en tous cas, toujours rigoureusement réglementés: les coups de poing, coups de pied ainsi que les saisies sont prohibés; on peut bloquer avec les épaules, les avant- bras, la grille de protection du visage, les flancs et, dans le cas de la protection du passeur, avec les mains. Ces blocages, réalisés dans de nombreuses situations de jeu différentes qui déterminent des angles d'«attaque» différentes, des rythmes d'approche et de préparation différents, sont techniquement complexes et variés; ils nécessitent, ainsi que les conduites d'«évitements» des défenseurs pour s'en dégager, un long apprentissage où, comme dans tous les sports de combat, le travail des «appuis» est prépondérant: nous sommes loin du «tout monde plaque tout le monde» et de la pure bestialité dont des ignorants ont parfois voulu faire sommairement la caractéristique majeure du football américain. En outre, pour être réellement efficaces, les blocages de l'ensemble de la formation offensive doivent être orientés collectivement en fonction du trajet potentiel du porteur de ballon : on comprend aisément que si ce porteur tente de contourner la défense par la droite, il aura besoin de blocages orientés à l'opposé de ceux qu'il lui faudrait s'il tentait de le faire par la gauche.
Le choix tactique de la direction de la «charge», ballon en main, ainsi que celui des modalités de l'organisation collective des blocages destinés à favoriser celle-ci, sont donc faits par l'entraîneur ou le capitaine d'équipe, puis annoncés aux onze attaquants au cours d'un bref conciliabule, le «huddle», qui précède chaque «down», chaque action; en fait, ce choix fait référence à un ensemble de tactiques consignées à l'aide de diagrammes dans un «cahier de jeux», dont le contenu, conservé secret par chaque équipe, élaboré et amé1ioré sans cesse par les «coaches», est assimilé à l'entraînement, au prix de répétitions collectives inlassables, précédées de longues séances de tableau noir.
Chaque tactique, chaque «jeu», pour reprendre le jargon footballistique, répond à un nom de code; l'ensemble du code, mis sur pied en fonction du système de jeu de l'équipe, constitue un langage tactique, commun aux coéquipiers en particulier à chaque club.
L'opportunité, la vigueur, mais surtout la cohésion et la coordination des blocages sont déterminantes dans la réussite d'une tentative offensive; chaque phase de jeu, si brève soit-elle, met en action l'ensemble des joueurs présents sur le terrain, et cette action n'est efficace que si elle est rigoureusement organisée autour d'un projet commun: le football américain est, soit dit sans emphase, le sport le plus collectif du monde.
Les coups de pied tactiques de dégagement ou «punt» ne sont pas des coups de pied à suivre, comme au rugby: l'équipe qui botte donne la balle à l'adversaire, en échange d'un long gain sur le terrain. Évidemment, ce jeu n'est employé que si la progression au sol ou par passes avant n'est plus envisageable, la plupart du temps au 4e tenu lorsqu'il y a 2 yards ou plus à franchir et que l'on est encore loin de la ligne adverse. Le coup de pied tactique est. tapé très loin: 50 à 70 m, et surtout très haut, pour permettre aux bloqueurs d'être à la réception
Le retour est possible pour l'équipe en réception, mais il est risqué: si la balle s'arrête sans avoir été touchée ou si elle est touchée par un attaquant, elle change de propriétaire à cet endroit. La défense, si elle ne fait rien, gagne donc automatiquement la balle en échange du terrain perdu. Mais elle peut aussi tenter un retour: un joueur désigné à l'avance saisit la balle, si possible au vol, et remonte le terrain sous la protection de ses partenaires. Attention alors aux dégâts car les attaquants sont en pleine course et un «fumble» n'est pas impossible sur un plaquage «dur».
Les coups de pied au but ou «field-goal» servent à marquer des points, si un «touchdown» n'est pas possible. Si le coup de pied est manqué, la balle est aux défenseurs sur la ligne d'engagement précédente ou à leurs 20 yards s'ils y ont avantage. S'il passe, il ajoute 3 points. Il est tenté sous la forme d'un coup de pied placé (le «drop goal» est autorisé mais jamais employé à cause de la forme de la balle). C'est un tenu comme les autres, avec un «snap long» qui parvient dans les mains du placeur, qui présente le ballon sur un support au botteur. La balle doit passer entre les poteaux, 55 yards est un record de distance pour un coup de pied au but. Sauf interception, il n'y a pas de retour sur un coup de pied au but. Une transformation (au pied) est un jeu de «field-goal» depuis la ligne des 3 yards, après un essai. Il rapporte 1 point.
Les coups de pied d'engagement ou «kick-off» ont lieu au début des; deux mi-temps, et après les marquages de points. Ils ressemblent aux coups de pied tactiques, mais la mise en jeu ne se fait pas par un «snap». Ils sont frappés de la ligne des 40 yards de l'équipe qui engage (sauf après «safety» : 20 yards), et leur forme est libre. En général, la balle est posée au sol. Les joueurs qui engagent doivent être derrière leur botteur. Celui-ci frappe haut et vise les coins aux abords de la ligne adverse, sans sortir en touche ou au-delà de la ligne. A l'inverse du «punt» les défenseurs doivent effectuer un retour, car les botteurs peuvent récupérer la balle. Du reste on pratique parfois des coups de pied courts (minimum 10 yards) pour surprendre la défense et essayer de récupérer la balle, c'est le dangereux «own side kick», qui peut aussi donner la balle à la défense au 50 yards, s'il rate.
Le blocage
Plus encore que la passe avant, que l'on retrouve dans presque tous les sports collectifs, excepté le jeu à XV et à XIII, plus encore que dans les remplacements non limités (que l'on retrouve dans le hockey sur glace...), plus même que dans le découpage en «tentatives» (comparable au découpage en «tenus» du jeu à XIII), la grande spécificité du football américain réside dans le fait qu'au cours d'une action de jeu tous les partenaires du porteur de ballon peuvent (et doivent) protéger son action ou favoriser sa progression en effectuant, sur leurs adversaires défenseurs, des percutions et contrôles (sans saisies), appelés «blocages» ou «blocks» en anglais, et qui seraient considérés et sanctionnés comme des obstructions dans la plupart des autres sports collectifs. Ces blocages qui, exception faite de ceux dits. «protection de passe », ont pour objet de «frayer la voie» du porteur de balle, de «déblayer le terrain» des obstacles se dressant sur la route de l'en-but adverse sont délivrés avec puissance, agressivité; ils sont souvent violents mais, en tous cas, toujours rigoureusement réglementés: les coups de poing, coups de pied ainsi que les saisies sont prohibés; on peut bloquer avec les épaules, les avant- bras, la grille de protection du visage, les flancs et, dans le cas de la protection du passeur, avec les mains. Ces blocages, réalisés dans de nombreuses situations de jeu différentes qui déterminent des angles d'«attaque» différentes, des rythmes d'approche et de préparation différents, sont techniquement complexes et variés; ils nécessitent, ainsi que les conduites d'«évitements» des défenseurs pour s'en dégager, un long apprentissage où, comme dans tous les sports de combat, le travail des «appuis» est prépondérant: nous sommes loin du «tout monde plaque tout le monde» et de la pure bestialité dont des ignorants ont parfois voulu faire sommairement la caractéristique majeure du football américain. En outre, pour être réellement efficaces, les blocages de l'ensemble de la formation offensive doivent être orientés collectivement en fonction du trajet potentiel du porteur de ballon : on comprend aisément que si ce porteur tente de contourner la défense par la droite, il aura besoin de blocages orientés à l'opposé de ceux qu'il lui faudrait s'il tentait de le faire par la gauche.
Le choix tactique de la direction de la «charge», ballon en main, ainsi que celui des modalités de l'organisation collective des blocages destinés à favoriser celle-ci, sont donc faits par l'entraîneur ou le capitaine d'équipe, puis annoncés aux onze attaquants au cours d'un bref conciliabule, le «huddle», qui précède chaque «down», chaque action; en fait, ce choix fait référence à un ensemble de tactiques consignées à l'aide de diagrammes dans un «cahier de jeux», dont le contenu, conservé secret par chaque équipe, élaboré et amé1ioré sans cesse par les «coaches», est assimilé à l'entraînement, au prix de répétitions collectives inlassables, précédées de longues séances de tableau noir.
Chaque tactique, chaque «jeu», pour reprendre le jargon footballistique, répond à un nom de code; l'ensemble du code, mis sur pied en fonction du système de jeu de l'équipe, constitue un langage tactique, commun aux coéquipiers en particulier à chaque club.
L'opportunité, la vigueur, mais surtout la cohésion et la coordination des blocages sont déterminantes dans la réussite d'une tentative offensive; chaque phase de jeu, si brève soit-elle, met en action l'ensemble des joueurs présents sur le terrain, et cette action n'est efficace que si elle est rigoureusement organisée autour d'un projet commun: le football américain est, soit dit sans emphase, le sport le plus collectif du monde.
Re: Définition et déroulement du jeu
L'équipement
L'image profonde la plus courante du FA, pour les jeunes bien sûr, mais aussi pour les adultes, est certainement liée à l'équipement de protection des joueurs. Il les rend impressionnants et suggère d'épouvantables dangers dont ils chercheraient ainsi à se protéger tels des chevaliers du XIIe siècle, bardés de fer et se précipitant bestialement les uns sur les autres.
Le cliché est aussi faux pour le football américain que pour les tournois et même la guerre du Moyen Age, mais la comparaison pourrait être juste! Pourquoi y a-t-il des protections au foot US, qui sont absentes du rugby, sport «viril» s'il en est et même du jeu à XIII, plus sec encore?
La question en tout cas n'est pas de savoir s'il est plus «dur» de jouer à l'un ou l'autre de ces jeux: au football américain comme au rugby, on peut accepter ou refuser la confrontation la plus frontale avec l'adversaire, ou au contraire la rechercher comme un plaisir, et les protections, qui ne sont pas du reste totalement absentes des autres sports, font aussi monter les enchères au cours des contacts. Alors: Le football américain a commencé pratiquement sans protections. Il était cependant conçu comme une simulation de combat plutôt que comme un jeu physique entre garçons d'une même école et d'une même société. Il a de plus visé l'efficacité maximale, sans trop s'encombrer de l'éthique sportive anglaise, alambiquée, voire hypocrite selon certains, et qui régit toujours le ballon ovale.
Pour que l'obstruction des attaquants, le blocage, qui est le geste fondamental du I;A, soit le plus efficace possible, et après quelques expériences négatives de traumatismes crâniens, de clavicules cassées et de luxations d'épaule, les renforts de maillot du rugby sont devenus de véritables coquilles rembourrées. Parallèlement les défenseurs ont pu se renforcer. Dans les formes primitives du jeu comme le «wedge» ou coin, les attaquants prenaient leur élan sur une dizaine de mètres, en retrait de la ligne d'avantage, sur des trajectoires convergentes, pour tenter de s'enfoncer comme un coin dans la défense, la tête en avant comme un bélier. On imagine le résultat en termes médicaux.
Progressivement ces protections d'épaule se mirent à causer des blessures à la tête lors de blocages et de plaquages. On adopta un casque de cuir souple entre les deux guerres, puis, les blessures à la face subsistant, on expérimenta des masques de cuir, sans succès, et l'on passa bientôt au casque dur, comme aujourd'hui, presque immédiatement pourvu d'une barre de protection faciale, devenue aujourd'hui une grille.
Ainsi c'est la plus grande liberté morale des Américains, et leur facilité à modifier les règles de leur sport qui ont conduit à développer des protections, Et de même au Moyen Age était-il totalement impensable d'occire un adversaire noble dans un tournoi, à la guerre cela passait même pour un assassinat, cela n'empêchait pas ces braves gens de se férir à grands coups d'épée et de se pointer à grands coups de lance: ils avaient des protections efficaces.
Mais dans les chevaleries médiévales, et pas seulement celle du nord de l'Europe au XIIe siècle, le renforcement des protections, passives par essence, nuisait à la mobilité des adversaires, les rendant totalement vulnérables à des armes nouvelles comme les flèches ou les épées modernes ou encore les balles de mousquet. Le football américain n'échappe pas à ce dilemme, et l'équipement de protection est soigneusement adapté à la fonctionnalité de chaque poste, et réduit cas par cas au minimum nécessaire, autrement dit à l'indispensable.
Il existe des joueurs protégés au minimum légal: les botteurs qui n'entrent que pour leur coup de pied. Ils doivent toutefois porter les protections légales: casque, épaulière, protections de hanche, de coccyx, de cuisse, de genou et protège-dents. Celles-ci sont allégées au .minimum.
Hormis ceux-ci, nous allons décrire trois joueurs types, auxquels peuvent se rattacher tous les autres: le receveur, le coureur et l'homme de ligne. Pour éviter les redites, la description détaillée de chaque protection citée sera faite globalement ensuite.
Le receveur a besoin de toute sa vitesse et de toutes ses facultés de crochetage et d'esquive, avant tout. Il doit aussi avoir un champ de vision large et garder la mobilité des épaules pour attraper la balle. Il opère avec un matériel très léger, casque à grille sommaire, épaulières légères et hautes, articulées souplement aux épaules. Parfois des gants (surtout par grand froid), pas de protection de bras ou de jambe et parfois des coudières. La protection contre les plaquages est sacrifiée ainsi que l'efficacité dans le blocage. Se rattachent au receveur: le quarterback, les cornerbacks qui sont les opposants directs des receveurs.
Le coureur a pour objectif de pénétrer en esquivant et en percutant, le plus loin possible dans la défense. Il reçoit la balle au départ dans des conditions faciles et effectue une course plus simple que le receveur. Il a besoin de moins de mobilité des épaules, mais d'un renforcement contre les plaquages de plusieurs défenseurs, qui achèvent chacune de ses actions, Sa grille de casque est plus serrée pour éviter les pénétrations de doigts intentionnelles ou non. Son épaulière est plus enveloppante et plus lourde. Les plaques pectorales descendent plus bas. Les protections légales de hanche, destinées à prévenir les blessures sur coups de casque seront plus épaisses, et il portera parfois des protections de côtes. Un boudin de mousse sur la nuque prévient le «coup du lapin». Il portera presque toujours des gants, pour éviter les blessures aux mains entre le ballon et les grilles de casque et souvent des protections d'avant-bras, très souvent, il porte des coudières. Se rattachent au coureur les arrières défensifs, les «linebackers» et le «tight end».
Le bloqueur est le plus statique, même si tous ne le sont pas au même titre. Le poids de l'équipement n'est pas trop handicapant. En revanche, il passe la totalité de son temps en percussion sur les adversaires qui le lui rendent bien. De plus, dans la mêlée, les arbitres ne voient pas tout, et certains entraîneurs à l'éthique floue passent au moins autant de temps à apprendre aux joueurs les «coups tordus» que les techniques de base. En conséquence les épaulières sont très enveloppantes et descendent jusqu'au diaphragme qu'elles couvrent, avec des plaques pectorales très larges. La protection de nuque portée par certains coureurs est utilisée systématiquement. La protection la plus spécifique est celle des coudes, des avant-bras et des mains, pour les bloqueurs offensifs, qui n'ont pas le droit de saisir, les doigts sont bandés comme chez un boxeur et des gants rembourrés les couvrent. Les défenseurs se contentent de gants. Des protège-tibias classiques sont souvent portés sous les chaussettes. Se rattachent au bloqueur la première ligne de défense («down linemen»).
Nous allons maintenant examiner toutes les pièces utilisées couramment depuis celles qui sont en contact avec la peau, jusqu'à celles qui sont visibles. Les renforcements articulaires ou (strapping) sont utilisés systématiquement et contribuent grandement à réduire la traumatologie.
Les protections obligatoires de hanche et de coccyx sont constituées de plaques de mousse dense à cellules fermées incluses dans un film plastique qui assure le glissement. Ces plaques sont glissées dans les poches d'une gaine en tissu élastique, pour assurer leur bon positionnement malgré les mouvements frénétiques du joueur.
La coquille n'est pas portée par tous les joueurs, dans la mesure où les positions au contact, en blocage comme en placage ne favorisent pas les coups volontaires ou non dans la région pelvienne.
Les protections de cuisse et de genou sont glissées dans des poches cousues sur le pantalon collant et élastique et restent donc également en place. Elles sont constituées d'une lame de plastique fermée enrobée de mousse dense et recouverte d'un film plastique. Les protections de genou protègent contre les percussions mais aussi retirent l'appréhension des blessures à la rotule sur les blocages et les plaquages effectués à l'horizontale. Les protections de cuisse couvrent les quadriceps contre les coups d'épaulière et de casque lors des contacts.
Les épaulières sont formées de deux plaques allant de chaque côté du corps de l'omoplate au pectoral, avec des longueurs variables selon le poste et le modèle, et de deux coques couvrant les deltoïdes, également plus ou moins enveloppantes. Ces plaques sont articulées par des bandes de tissu nylon. Un lacet sternal permet de faire un réglage fin sur le devant. L'épaulière est recouverte intérieurement de mousse et le tour de cou est protégé par un bourrelet de cuir. Des bretelles réglables passant sous les bras la maintiennent en place. L'épaulière est très ajustée et même partais taillée sur mesure. C'est autant une arme offensive que défensive, qui autorise des percussions spectaculaires.
Les protections de côtes sont constituées d'un corset de lames de plastiques enrobées. Elles sont maintenues par des sangles et des bretelles et se portent sous les épaulières.
Le casque, symbole même du foot US, est une coque de polycarbonate épousant au plus près la forme de la tête et dégageant la vision. Il est garni intérieurement de coussins absorbants utilisant de la mousse généralement associée à un fluide, qui peut être de l'air ou de l'eau, enfermé dans des poches indépendantes, Le casque est maintenu par une jugulaire fixée par quatre pressions et calculée pour sauter lors des chocs trop violents et ainsi éviter les contraintes sur les vertèbres cervicales, la blessure la plus grave (fractures, paraplégies ou mort), mais aussi la plus rare du football américain. Il est muni d'une grille constituée d'un alliage d'acier coulé et enrobé de plastique, montée sur le casque par des attaches souples, destinées à absorber les chocs. Il faut éviter les effets de levier de la grille sur le casque. Le casque est autant que possible aéré. C'est un instrument de protection et 'non d'attaque, Les coups de casques sont dangereux autant que celui qui les porte que pour celui qui en est victime et sont sévèrement sanctionnés par la règle (au minimum un recul de 15 yards).
Le protège-dents est obligatoire. Il est en plastique moulé à chaud sur les dents du joueur et se fixe à la grille par une lanière qui évite de l'avaler ou de le perdre.
Les chaussures sont généralement plus souples que les chaussures de rugby. Les crampons vissés ou métalliques sont prohibés, seuls les crampons moulés ont droit de cité. Sur les terrains secs ou artificiels les multi crampons sont généralisés.
Les protections optionnelles: coudières, protections d'avant-bras, gants, sont de types extrêmement variables et ne sont pas caractéristiques du football américain.
Dans cet impressionnant catalogue, quel est l'ensemble minimal pour un joueur débutant et quel est le budget correspondant?
Il faut impérativement un casque, une épaulière polyvalente, des protections de hanche et un pantalon avec les protections de genou et de cuisse. Le prix varie de 700.- fr pour du neuf à 400.- fr pour de l'occasion et sa durée de vie est de 10 ans. Le reste relève de l'équipement sportif standard.
Re: Définition et déroulement du jeu
Les joueurs
Nous allons faire connaissance avec les joueurs. Il nous faudra donc énoncer la nomenclature des postes, définir les fonctions de chaque joueur affecté à chacun de ces postes, et présenter les qualités essentielles requises pour satisfaire, en principe, à la bonne réalisation des conduites réclamées par ces fonctions, qualités tant morphologiques et athlétiques, que psychomotrices et simplement psychologiques.
Avant de passer en revue les forces sur le terrain, il nous faut y positionner les joueurs, attaquants contre défenseurs: parmi les centaines de formations offensives et défensives possibles, nous avons retenu conjointement comme exemple la formation offensive et la formation défensive les plus polyvalentes tactiquement et techniquement. Elles offrent le cadre dans lequel chaque joueur va tenir son rôle de la façon la plus classique, la plus habituelle: ces deux formations sont, bien sûr, très utilisées en match, tant aux USA qu'en Europe: il s'agit de 1'« open set» ou formation ouverte en attaque (3 receveurs de passe avant potentiels et 2 porteurs de ballon), la «4-3» en défense (4 hommes de ligne, 3«linebackers»).
Si l'on considère la répartition des joueurs offensifs par rapport à un axe virtuel de symétrie passant entre les jambes du C et du OB, on constate qu'il reste un joueur de plus sur la droite de la Formation (en l'occurrence le FLS): on dira que le côté droit est le «côté fort» «strong side»); la défense équilibre ce surnombre en plaçant un joueur de plus sur l'aile correspondante, le «joueur de sécurité du côté fort» «strong safety» SS).
Les exigences énormes du jeu sur le plan physique (introduisant la règle des remplacements illimités), la grande variété des actes moteurs qu'il requiert, autant que sa profonde complexité tactique, ont amené le football américain à se doter d'une division du travail poussée à l'extrême, au point de déterminer une de ses particularités majeures: la spécialisation attaquant/défenseur. S'il est nocif .et ridicule de se spécialiser au stade de l'initiation et de la première formation (quel attaquant ou quel défenseur sera efficace en match s'il ne connaît pas réellement, pour les avoir 1 travaillées, vécues, les armes techniques, tactiques, de la formation à laquelle il est confronté), il est vrai qu'un joueur, au niveau de la compétition, ne donnera souvent sa pleine mesure qu'en approfondissant longuement la maîtrise d'un poste vers lequel l'auront conduit ses aptitudes de départ et ses goûts.
Précis, organisé, réfléchi, attiré par l'abstraction des plans tactiques, apte au labeur répétitif de l'apprentissage et de la mise au point des « jeux », doué pour les comédies de la feinte, un pratiquant se tournera certainement du côté de l'attaque, alors qu'un autre, plus impulsif, agressif, « intuitif» à déjouer et actif à détruire les édifications tactiques adverses, ira s'exprimer en défense. Mais gardons-nous des caricatures réductrices, sans aptitude à l'assimilation théorique et sans combativité on ne «fera» pas plus un défenseur qu'un attaquant.
Re: Définition et déroulement du jeu
Les attaquants
Ce sont les «hommes forts» de l'attaque. Bien que, sauf le "C", ils ne touchent pratiquement jamais le ballon, leur activité est déterminante dans la progression de leur équipe. Ce sont eux, principalement, qui frayent la voie des porteurs de ballon, par leurs blocages, lors des «jeux au sol».
Lors des «jeux aériens», ils protègent le lanceur (généralement le OB), de la ruée adverse: de leur efficacité va dépendre le temps dont vont disposer, d'une part, les «receveurs» pour se démarquer, d'autre part, le OB pour bien «planter» les appuis qui lui permettront de lancer avec sérénité et précision.
C = center = centre: c'est le joueur qui tient le ballon, au sol, lors de l'alignement frontal des deux équipes, préliminaire à chaque phase de jeu classique. Au signal prévu dans le « huddle », il transmet ce ballon, soit directement « main à main» («snap»), entre ses jambes, au OB, soit en le lançant (aussi, généralement, entre ses jambes, «snap long» ou «shot gun») au OB ou à un autre joueur du champ arrière (RB, «kicker»...); la balle à peine transmise, l'action a démarré et le voici donc tenu de réaliser le blocage prévu dans le cadre de la tactique choisie. «Donner» un «bon ballon» à son équipe et simultanément « encaisser» la charge violente des défenseurs, est une double tâche ardue mais indispensable au bon déroulement même d'une tentative offensive. Courage, lucidité, adresse, solidité, stabilité, sont les qualités essentielles d'un joueur qu'on ne peut considérer que comme une pièce maîtresse sur le terrain. On ne conseillera jamais assez aux jeunes équipes de faire un effort particulier dans le choix et la formation de leurs centres.
Standard américain pro : 1,90 m - 120 kg.
OG = offensive guard = garde offensif: positionnés de part et d'autre du centre, les deux gardes sont les hommes mobiles de la ligne «intérieure»: outre les responsabilités inérantes aux cinq joueurs de celle-ci, ils ont généralement celle de «décrocher», lors des courses de débordement, pour favoriser la progression des RB par des blocages en terrain «ouvert». La vitesse de déplacement (ils sont souvent les moins lourds des cinq LM), la maîtrise des blocages en pleine course, l'aptitude à « lire» rapidement les ajustements du « champ arrière» défensif, seront des qualités déterminantes donc pour le choix des OG.
Standard américain pro : 1,95 m - 110-115 kg.
OT = offensive tackle = bloqueur offensif: positionnés de part et d'autre des gardes, les bloqueurs offensifs sont «les hommes forts» des «hommes forts»: points d'ancrage (avec le centre) de la ligne d'attaque, rempart contre le «rush» adverse lors du «décrochement» des gardes, «bloqueurs clés», lors des courses les plus fréquentes sur l'extérieur du «paquet» («off-tackle»), protection majeure du OB lors des jeux de passe avant (ils sont alors directement opposés aux « saqueurs » les plus dangereux: les DE), leurs qualités essentielles seront la vivacité de réaction et la précision des appuis dans un champ do jeu restreint mais encombré, la stabilité (poids) et surtout la puissance avec une dimension force importante.
Standard américain pro : 1,95-2 m - 120-130 kg.
Receveurs potentiels de passes avant, par excellence, SE et TE accomplissent, en fait, des tâches différentes et complémentaires,
TE = tight end = ailier rapproché: aligné à l'extérieur immédiat du bloqueur (droit ou gauche selon la formation choisie), le TE se doit d'être un des joueurs les plus «complets» de l'équipe: son poste va l'amener, en effet, aussi bien à tenter d'ouvrir des «trous» dans la défense adverse par des blocages identiques à ceux des OT ou des OG, lors des jeux«au sol», qu'à réaliser lui-même des courses et des réceptions de balle lors des jeux de passe avant (surtout sur des passes courtes ou mi-longues), Il va donc réunir, chose rare, des qualités aussi variées que la haute taille, la puissance et le poids, la vitesse et l'adresse.
Standard américain pro: 1,95-2 m - 105-115 kg.
SE = split end = ailier écarté (ou éloigné): aligné à l'extérieur du bloqueur, assez loin de lui (5 à 10 yards, en général), le SE a la responsabilité (avec le FLB) de la réception des passes avant mi-longues et surtout longues et très longues (les fameuses «bombes» de 50 à 70-80 yards), qui, spectaculaires exploits très prisés des spectateurs, peuvent faire basculer en quelques secondes le score d'une partie âprement disputée, Moins impliqué que les autres joueurs dans le jeu au sol, il lui faudra quand même posséder la technique du blocage qu'il aura à utiliser de manière parfois décisive dans des jeux «spéciaux» («reverses», débordements du côté «faible »); outre des aptitudes à la «comédie », qu'il mettra en valeur lors des feintes caractéristiques de son poste, la tonicité et la souplesse musculaires qui lui permettront d'encaisser les plaquages violents des défenseurs dont il est la cible privilégiée, les qualités de prédilection du SE seront la grande vitesse (des sprinters comme Bob Hayes ont fait d'excellents SE), l'adresse manuelle et la faculté à se concentrer sur le ballon, en faisant abstraction de l'imminence du choc avec la défense, jusqu'à l'accomplissement de la réception du ballon - les Américains disent d'un bon receveur qu'« il n'a pas d'oreilles », Il n'y a pas de standard rigide de gabarit pour ce qui concerne les SE: on peut trouver à ce poste aussi bien des basketteurs rapides que des petits «gabarits» exceptionnellement véloces et adroits,
Positionnés effectivement en arrière de leur«ligne», au départ de l'action, les OB ont à partager, avec les deux ailiers, les tâches de maniement, échange et transport du ballon.
RB = running back = porteur de ballon: les RB (traduction littérale: «arrière courant» sous-entendu «avec le ballon») sont chargés, principalement, du transport de la balle lors des jeux «au sol», Après avoir reçu cette balle des QB la plupart du temps derrière la ligne de «scrimmage», ils tenteront, en utilisant les blocages de leurs coéquipiers, d'éviter les plaquages des défenseurs , et de s'enfoncer le plus profondément possible dans le camp adverse.
Mise en action explosive, vitesse pure, habileté des appuis, seront, avec la compacité au «contact» et le courage, leurs atouts principaux, Une bonne adresse manuelle sera aussi requise, car ils sont souvent utilisés comme receveurs «accessoires» pour des jeux de passes avant courtes (outre les passes latérales et arrière, «pitch out», qu'ils sont amenés à réceptionner régulièrement). Il leur faudra, enfin, de solides qualités de «bloqueur», tant pour prêter main-forte aux OL lors des jeux au sol, quand ils ne sont pas chargés de la balle, que pour contribuer à la protection du OB lors des jeux de passes avant.
Très souvent, les deux RB traditionnels se voient en fait affectés aux fonctions spécialisées de FB = full back = arrière et de HB = half back = demi.
Le FB sera principalement sollicité pour les charges «rudes» en plein cœur de la défense, les «plongeons» au ras du centre. La puissance et, on peut le dire, le goût du contact, seront des caractéristiques de ce poste.
Standard américain pro: 1,85-1,90 m - 105-110 kg.
Le HB, essentiellement chargé de convoyer la balle lors des jeux «larges» de débordement, aura comme armes favorites la vélocité et une vitesse de pointe élevée.
Standard américain pro: 1,80-1,85 m - 90 kg,
PLB = flanker back = arrière de flanc: positionné à 1 yard et demi derrière la «ligne», 4 ou 5 yards à l'extérieur du TE, le FLB, à l'instar de ce dernier, remplit deux grandes fonctions. Sa fonction majeure, surtout en football de haut niveau, ni celle de receveur potentiel de passes avant, avec des caractéristiques comparables à celles du SE. Pour cette raison on appelle souvent ces deux joueurs, des WR, («wide receivers», littéralement «receveurs déployés», destinés à effectuer des «tracés» de grande amplitude), Son autre fonction est celle de porteur de ballon complémentaire; il est parfois amené, en effet, surtout sur des jeux «particuliers» comme les jeux renversés («reverses »), ou les « contres », à convoyer la balle comme un RB. Ses qualités devront donc être celles requises à la fois, par les positions de WR et de RB; celles, donc, d'un athlète complet.
Standard américain pro : 1,90 m - 90-95 kg.
QB = quarter back = quart arrière: positionné juste derrière la «ligne» (d'où son nom), généralement au contact du C qui, à son signal, déclenche l'action en lui transmettant le ballon, le «fameux» OB, capitaine de la formation offensive, est le distributeur du jeu. En fonction de la tactique choisie et des réactions défensives, il pourra tenir différentes conduites: faire parvenir la balle à un RB par une remise main à main ou une passe latérale/arrière; déclencher une passe avant, plus ou moins longue, en direction d'un receveur; conserver la balle pour courir lui-même en direction des buts adverses.
Tout d'abord, c'est donc les capacités de lanceur au « bon bras », puissant et précis, que l'on évoquera, en énumérant les qualités essentielles d'un OB. Une bonne mobilité, bien sûr, sera souvent le facteur déterminant de la réalisation correcte de sa tâche en lui permettant non seulement l'esquive des charges «ennemies», mais aussi les délicates passes avant en déplacement, et les courses avec la balle. Mais ce sont surtout ses qualités psychologiques et sa compréhension du jeu qui détermineront sa réelle efficacité. Ses aptitudes de «meneur d'hommes », passant par la connaissance précise des forces et des faiblesses de chacun de ses coéquipiers, lui permettront de tirer le meilleur de ceux-ci en obtenant leur adhésion à ses décisions tactiques. Le sang-froid lui permettra, d'une part, de pallier les éventuelles maladresses («fumbles» par exemple), ou les erreurs tactiques de ses partenaires en improvisant des comportements de substitution (courir à la place d'un RB qui est parti «à l'envers»...), d'autre part, d'attendre calmement le démarquage d'un de ses receveurs pour lui lancer la balle, au beau milieu des combats furieux que mènent ses OLM contre les DLM qui ne pensent qu'à le «saquer» durement. Enfin, une connaissance approfondie du jeu lui sera un outil indispensable pour analyser, «lire», les formations défensives adverses et tenter d'utiliser leurs failles, en allant parfois jusqu'à changer le choix tactique du «huddle », au dernier moment, en prévenant ses partenaires grâce à un code d'urgence (code «audible»), juste avant le «snap». La palette des gabarits est assez large pour ce qui concerne les OB, ceux-là déterminant souvent le style de jeu de ceux-ci, OB plutôt «lanceur» ou plutôt «coureur»... Une bonne taille (bonne vision du jeu), si elle ne handicape pas la mobilité, est intéressante.
Re: Définition et déroulement du jeu
Les Défenseurs
Directement opposés aux «hommes forts» de l'attaque, ce sont les «hommes forts» de la défense. Leurs deux tâches essentielles sont, d'une part, d'étouffer «dans l'œuf» les attaques «au sol» en stoppant sur la «ligne» les RB après avoir évité les blocages des OLM adverses, d'autre part, lors des tentatives de passes avant des attaquants, d'empêcher la réalisation de celles-ci en traversant le rideau de protection du OB et en le plaquant derrière sa ligne; avant même qu'il n'ait pu déclencher son lancer («sack»du QB).
DT = defensive tackle = bloqueur défensif: positionnés en face des OG, ce sont souvent les plus gros gabarits d'une équipe: en effet, confrontés en général à 2 OLM, ils ont pour rôle de «boucher» les trous que tentent d'ouvrir ceux-ci de part et d'autre du centre pour favoriser des courses «éclairs» de RB en puissance. Ils doivent, en outre, exercer une pression physique permanente sur le centre pour tenter de lui faire commettre des maladresses lors des «snaps ». (Dans d'autres formations défensives, «34» ou « 52» par exemple, un joueur, ayant le même rôle qu'un DT, mais positionné en face du centre, tel un «nez» de la défense, prend le nom de NT ou .NG : «nase tacle» ou «nase guard»).
Standard américain' pro: 2 m- 130-140 kg.
DE = defensive end = ailier défensif: positionnés un peu à l'extérieur des OT, les DE, grands (pour contrer les passes des OB), mobiles, sont normalement les principaux responsables des «sacks» de OB, ayant plus de «champ» pour charger ou contourner la ligne d'attaque. La pression psychologique qu'ils exercent sur le OB parfois déterminante dans ses échecs sera proportionnelle à leur agressivité, facteur prépondérant de réussite au poste de DE.
Standard américain pro: 2 m - 115-125 kg:
Nous éviterons la traduction québécoise de «secondeurs défensifs» par crainte d'une confusion possible avec le terme de «secondary» employé souvent aux USA pour nommer un joueur du «backfield» défensif.
Les «linebackers», donc, positionnés légèrement en retrait des DLM, sont les «polyvalents» de la défense, les défenseurs à tout faire, au bon sens du terme. En effet, ils auront aussi bien à prêter main-forte à leur «ligne» contre les jeux au sol «dans le paquet», qu'à se porter comme premiers plaqueurs au contact de l'adversaire lors des courses de débordement; ils joueront un rôle essentiel dans le marquage des receveurs lors des jeux de passes avant courtes et mi-longues; ils seront même parfois chargés de «sacks» de OB à l'occasion de charges surprises («blitz»).
Il leur faut donc être très mobiles (poursuite des receveurs), adroits (interceptions) et, évidemment, rudes plaqueurs. Il leur faut la puissance de résister aux violents et fréquents blocages dont ils sont les objets privilégiés.
Mais, à l'instar des OB (le capitaine de la défense est presque toujours un LB), seule une réelle maîtrise tactique et stratégique du jeu leur permettra d'utiliser efficacement ces qualités athlétiques et techniques. Cette maîtrise signifiera essentiellement pour eux la capacité de «lire», d'interpréter très rapidement les signes, les «clefs», fournis involontairement par les attaquants lors du déclenchement de chaque action, et susceptibles de les renseigner sur la tactique choisie par ces attaquants; cette maîtrise devra leur éviter le désagrément de se faire «embarquer» loin de l'action par les feintes et les divers renversements de jeu; elle leur permettra, parfois, avec l'expérience et le culot, des «anticipations» spectaculaires et dévastatrices.
OLB = outside linebacker = linebacker extérieur: sollicité principalement contre les courses de débordement et les passes extérieures «à plat»ou «avant» courtes, l'OLB est le défenseur «clef» contre les jeux très latéralisés. Il a la grosse responsabilité de percevoir très vite la nature du jeu (aérien ou «au sol») afin de réagir par le déplacement approprié, il avance pour plaquer en cas de jeu au sol, il recule généralement pour marquer un receveur en cas de jeu aérien. Ses erreurs ont toujours des conséquences graves. C'est pourquoi certains joueurs combatifs, rapides, bons plaqueurs, font d'exécrables OLB quand ils se montrent incapables de maîtriser leur agressivité et leur tendance à foncer systématiquement «au charbon».
Standard américain pro : 1,90 m - 95-105 kg.
MLB = middle linebacker = linebacker du milieu: dans certaines formations défensives comme la «44» ou la«34», il n'y a pas de MLB, mais deux ILB = inside LB ou LB intérieur, jouant le même rôle.
Face au centre, près de la formation adverse, mais non collé à celle-ci comme un OT, le MLB occupe une position idéale pour l'observation des préparatifs de l'attaque et des premiers mouvements de celle-ci. C'est donc lui, le plus souvent, qui va lancer les ultimes consignes tactiques en tant que capitaine de l'unité défensive juste avant le démarrage des «hostilités» ou au moment de celui-ci. En outre, sa situation géographique centrale va avoir pour conséquence de le mobiliser pratiquement sur chaque action. Ses capacités à assurer tant la permanence de son intervention physique (endurance, résistance), qu'à maintenir sa lucidité tactique, seront des facteurs décisifs de la réussite de sa formation et de l'équipe tout entière.
Standard américain pro : 1,95 m - 105-115 kg.
Positionnés «en profondeur», constituant ainsi le «defensive backfield» ou «champ arrière défensif», ultime rempart de leur formation, les DB, qui sont au contact de l'adversaire d'une façon moins permanente que les OLM ou les LB, ont la tâche souvent ingrate de protéger leur camp contre les tentatives de «gain long» de l'offensive: courses de débordement ayant échappé aux deux premiers rideaux et passes avant longues ou très longues (les fameuses «bombes»). Leurs erreurs, telles celles du «gardien» au «soccer» ou celles du «N° 15» au rugby, seront sanctionnées souvent par des points au profit de l'attaque adverse, assez souvent, en tout cas pour que leur faculté de vigilance continue au jeu, malgré leur éloignement relatif de l'épicentre de celui-ci, soit considérée comme un atout indispensable de leur efficacité. Tant pour venir collaborer à la défense «au sol», en partant de loin, que pour suivre, comme «leurs ombres», les véloces «wide receivers», il leur faudra avant tout être très rapides et habiles de leurs appuis. Souvent plus légers, moins puissants (sauf le SS), que les RB qu'ils auront à stopper et a fortiori que les bloqueurs qui viendront les charger, il leur faudra compenser ce handicap par une grande mobilité/fluidité, une maîtrise sans faille du plaquage «percutant», une énorme combativité.
CB = cornerback = arrière de coin (demi-défensif» au Québec): positionnés de part et d'autre du terrain, légèrement à l'extérieur de leur vis-à-vis WR (SE ou FLB), les deux CB contribuent à la défense contre les courses de débordement essentiellement, et sont responsables de la «couverture» des receveurs sur les longues passes avant latérales. A l'instar des OLB, une des difficultés de leur tâche va consister à faire le bon choix de l'attitude «anti-passe» ou «anti-course» sans perte de temps.
Standard américain pro: 1,80-1,85 m - 80-90 kg.
SS = strong safety = sécurité du côté «fort»: positionné près des LB, en face de l'aile offensive possédant un joueur de plus que l'autre, et appelée «strong side» ou «côté fort», le « strong safety » qui ainsi équilibre en nombre l'opposition des forces par rapport à l'axe perpendiculaire à la ligne de scrimmage passant par le ballon avant le «snap», joue pratiquement, dans le jeu moderne, le rôle d'un ILB un peu reculé. Il participe d'une façon souvent prépondérante à la «couverture» du TE, lors des jeux «aériens».
Standard américain pro: 1,90 m - 95 kg.
FS = free safety = sécurité libre: positionné le plus en retrait, dans l'axe de la balle, c'est l'homme de la dernière chance défensive, l'ultime obstacle, dans la course vers l'en-but, à l'attaquant qui a échappé aux 10 autres défenseurs. Il n'a donc pas de «droit à l'erreur» et doit trouver la patience d'observer quelques secondes le début du déroulement de l'offensive adverse avant de se précipiter - ayant «lu» les feintes éventuelles - à coup sûr, vers le cœur de l'action; il arrivera fréquemment au contact de l'adversaire alors que le «travail» sera déjà fait, le porteur de ballon déjà plaqué; mais cette frustration fait partie intégrante de son poste; elle sera compensée, en principe, par les quelques actions spectaculaires, décisives, qu'il aura à accomplir en cours de partie pour préserver son en-but (plaquages «lancés» par une longue poursuite, interceptions de longues passes avant dangereuses...). Sa règle d'or sera de n'avoir jamais de receveur potentiel dans son «dos», entre lui et sa «end zone». Ses armes maîtresses: le calme et la vitesse.
Standard américain pro : 1,80-1,90 m - 80-90 kg
Re: Définition et déroulement du jeu
Les unités spéciales
Avant de conclure ce chapitre descriptif des postes de jeu, il nous faut en évoquer qui n'apparaissent pas dans les formations évoquées ci-dessus: en effet, à côté des unités offensives et défensives, utilisées au cours des phases de jeu «régulières», chaque équipe possède des unités dites «spéciales», chargées de donner les différents coups de pied ou de défendre contre ceux-ci (c'est-à-dire souvent «recevoir» ceux-ci). Au sein de ces unités spéciales, nous retiendrons deux catégories de joueurs aux tâches bien particulières: les botteurs et les retourneurs.
K = kicker = botteur: au meilleur niveau professionnel, les «kickers», hyper spécialisés, se verront affectés soit au coup de pied d'engagement «kick-off»), soit à celui de dégagement «punt»), soit au coup de pied au but, en fonction de leur aptitude à frapper loin, haut, et avec précision une balle, qui peut être présentée sur un support («tee»), posée au sol par un partenaire ou enfin tenue en main. Plus que les autres, évidemment, les botteurs de coups de pied au but seront sélectionnés sur leur précision: certaines équipes vont jusqu'à posséder un spécialiste des tentatives courtes, et un des longues. Bottant la balle, à l'exclusion de toute autre intervention dans le jeu, ces joueurs n'ont pas de contrainte de gabarit: ils ne participent que quelques secondes à l'action, au cours d'une partie. Leur intervention pouvant être décisive, du sang-froid et une grande capacité de concentration sont requis; leurs «statistiques» de réalisation témoignent d'une impressionnante efficacité.
Au niveau universitaire et amateur, la moins grande perfection technique et, surtout, l'aspect moins systématique du jeu, vont amener parfois les «kickers» et «punters» à réaliser des actions de substitution au coup de pied (passes avant, courses avec la balle...) ou des actions complémentaires au coup de pied (plaquages) ; leur profil sera donc plus polyvalent que celui des «machines à botter» dont nous venons de parler; très souvent, d'ailleurs, ils occupent aussi un poste en attaque ou en défense.
Kick-off and punt returners = retourneurs des coups de pied d'engagement ou de dégagement: joueurs clefs de l'équipe qui «reçoit» le ballon, les retourneurs, au nombre de un ou deux, positionnés en profondeur derrière leurs partenaires, au moment du «botté», sont chargés d'attraper la balle au vol et de s'enfoncer le plus loin possible dans le camp adverse, aidés par les blocages de leurs coéquipiers, Outre l'adresse et la vitesse (ce sont souvent des RB ou des WR), et une indiscutable faculté d'«encaisseur», leur qualité primordiale sera le courage: il en faut beaucoup, en effet, pour affronter une meute déferlante de plaqueurs lancés «à fond» par 30 ou 40 mètre de course.
© LE FOOTBALL AMERICAIN de Laurent Plegelatte

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